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SADE Donatien-Alphonse-François, marquis…

Lot 813
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SADE Donatien-Alphonse-François, marquis…

SADE Donatien-Alphonse-François, marquis de (1740-1814) écrivain et libertin.
L.A.S. « de Sade », 22 avril [1790], à sa tante Gabrielle-Éléonore de SADE (abbesse de Saint-Benoît de Cavaillon) ; 3 pages in-4.

Longue lettre à sa sortie de Charenton, fustigeant violemment sa belle-famille et évoquant ses années de prison et la perte de ses manuscrits à la prise de la Bastille.
[Le 2 avril, Sade est libéré de Charenton, à la suite du décret abolissant les lettres de cachet ; le 9 juin, à l’instigation de la famille de Montreuil, la séparation de corps est prononcée entre Sade et son épouse.]
Sade informe sa chère tante : « je viens d’obtenir ma liberté » ; des « affaires majeures » le retiennent à Paris, où il reçoit des « chagrins violens » de la part de la famille de MONTREUIL : « ils se seraient alliés au fils d’un charetier quils nauraient pas pour lui des procédés plus atroces et plus humilians, j’ai des torts avec eux, soit, mais dix-sept de malheur dont treize ans consécutifs dans les deux plus horribles prisons du royaume… dans des prisons où l’on m’a fait souffrir tous les tourmens qui peuvent s’imaginer ; cet assemblage, dis-je de supplices et de revers n’a t-il pas du expier des torts… qui dans le fait leur appartenaient plus qu’à moi… Ces gens la sont des monstres, je vous l’assure ma chere tante et le plus grand malheur de ma vie est de m’y etre allié, j’ai aquis en les épousant beaucoup de cousins banqueroutiers, quelques marchands du pont neuf, une couple de pendus, et pas une protection, pas un ami, pas un individu honête ; les scelerats travaillent à me ruiner maintenant qu’ils ne peuvent plus m’enfermer ».
On veut le séparer de sa femme et récupérer l’argent de sa dot. Il redoute de finir comme son père, délaissé et abandonné. « Pas un de ces plats coquins la, excepté mes enfants dont je n’ai qu’à me louer, pas un dis-je ne m’a seulement tendu la main quand je suis sorti de prison, je me suis trouvé au milieu de Paris avec un louis dans ma poche, sans savoir où aller manger et dormir ». Il a trouvé partout porte fermée « principalement chez ma femme, ce qui est le comble de l’horreur ». Il a perdu ses affaires, et surtout « plus de quinze volumes d’ouvrages manuscrits de ma composition fruits des travaux de ma solitude » qu’on l’a empêché de prendre avec lui quand on est venu le chercher à la Bastille pour le mettre dans une autre prison, « de peur que je n’eusse ma liberté à cette époque […] ils n’ont jamais voulu que je prisse mes effets avec moi ; ils ont fait mettre le scellé sur la porte, huit jours après est venu le siege, ma chambre a été enfoncée et j’ai tout perdu, … des ouvrages precieux, le fruit du travail de quinze ans je n’ai rien sauvé… et tout cela par la faute de ces miserables coquins dont j’espere que Dieu me vengera un jour »…
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