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HORTENSE DE BEAUHARNAIS (1783-1837) fille…

Lot 849
40 000 - 50 000 €

HORTENSE DE BEAUHARNAIS (1783-1837) fille…

HORTENSE DE BEAUHARNAIS (1783-1837) fille de Joséphine de Beauharnais, adoptée par Napoléon, épouse (1802) de Louis Bonaparte, elle fut Reine de Hollande ; mère de Napoléon III.
132 L.A.S. (la plupart « Hortense » ou « H. »), 1798-1837, à Aglaé, dite Églé AUGUIÉ, la maréchale NEY ; environ 270 pages formats divers, quelques adresses (quelques lettres non signées ou incomplètes).

Importante et exceptionnelle correspondance de la Reine Hortense à son amie d’enfance Églé Auguié, qui épousera le maréchal Ney ; elle couvre toute la vie de la Reine Hortense, depuis sa jeunesse jusqu’à toute la fin de vie.
[Aglaé, dite Églé AUGUIÉ (1782-1854) était la nièce de Madame CAMPAN, chez qui elle fut élevée et se lia d’une tendre affection avec Hortense de Beauharnais ; protégée par Joséphine, elle épousa le 5 août 1802 le futur maréchal Ney, prince de la Moskowa. Hortense et Églé entretinrent toute leur vie une correspondance régulière. Nous ne pouvons donner ici qu’un trop bref aperçu de cette très riche et passionnante correspondance. Un descriptif détaillé de toutes les lettres peut être fourni sur demande.]

La première lettre date du 29 avril 1798, pour relater la visite de « Maman […] avec Buonaparte » à l’institution de Madame Campan à Saint-Germain-en Laye. La lettre suivante est adressée à Antoinette, la sœur d’Églé, peu avant son mariage avec Gamot : « je suis si persuadée que tu seras heureuse que je voudrois voir tout cela bien finir mais comme je suis sûre que je t’impatiente en te parlant de cela »… Vers 1800, Hortense convie Églé à la Malmaison avec Mme Campan : « nous nous amuserons un peu nous chanterons et nous sauterons »…
1804. Séjour à Compiègne ; son premier fils Napoléon… Enceinte de son second fils, Napoléon-Louis, souffrante, elle va passer deux jours à la Malmaison « avec maman », l’air de la campagne lui a fait du bien. Le Sacre est repoussé au 18 brumaire. « On dit toujours que BONAPARTE doit aller à Boulogne bientôt mais tu sais que ce n’est jamais décidé que la veille »... Elle regrette de ne pouvoir assister à « la belle fête » de Boulogne…
1805. 14 juillet, « Hortense Bonaparte » annonce que « l’empereur est arrivé à Fontainebleau. On dit que l’impératrice y est aussi » ; elle regrette l’absence de son frère Eugène. 29 août, sur son séjour à Boulogne où elle a été accueillie par le maréchal DAVOUT ; projet de mariage d’Adèle (sœur d’Églé) avec le général BERTRAND…
1806. 20 juin, sur son arrivée en Hollande : « En entrant dans le Palais je ne puis te dire l’impression que j’ai éprouvée en entendant tous ces cris qui me perçoient le cœur. En recevant tout ce monde je me suis bien apperçue que ce n’étoit plus un rêve, surtout en quittant la France en passant cette colonne qui sépare la Hollande. J’ai senti que je n’avois plus de courage mon Dieu combien il m’en faut. Cependant nous sommes avec de bien bonnes gens. Ils m’ont quelquefois attendrie en me priant d’être leur mère. Je tâcherai de faire leur bonheur ; mais qui est-ce qui fera le mien »... 18 octobre, annonce de la bataille d’Iéna : « Ton mari [Ney] se porte bien il y a eu une victoire complette sur les Prussiens. Toutes nos connoissances se porte bien 25 mille prisonniers 100 pièces de canon plusieurs généraux prussiens blessés, la reine et le roi ont manqué être pris. Enfin j’espère que tout cela nous donneront la paix »…
1807. Sur ses difficultés conjugales, et projet de mariage d’Adèle Auguié avec le général de BROC (11 avril 1807). Elle parle de son mari : « je ferai ce qu’il voudra. Je n’ose pas penser à bien du bonheur près de lui ». Elle évoque son amant Charles de FLAHAUT.
1808. [Paris juillet], après la naissance de Charles-Louis-Napoléon (20 avril, le futur NAPOLÉON III) : « Mon pauvre petit garçon a été bien mal. Ce pauvre petit mourroit de faim, sa nourrice n’avoit plus de lait et elle ne le disoit pas » ; elle a changé de nourrice [Mme Bure], et « il prend de la bouillie il vient très bien […] Je sens que je suis nécessaire à mes enfants et cela me donne du courage pour faire ce qui est nécessaire à ma santé ». Soirées musicales chez elle. Elle a « un nouvel assidu », M. de LABORDE, « il me fait des romances et je les mets en musique mais il m’ennuye parce qu’il m’admire trop. Nous sommes inconcevables nous autres femmes je vois qu’on ne peut jamais nous contenter. Quand à moi, je vois bien que je ne serai jamais contente car il me suffiroit d’être aimée comme je sais aimer et c’est une chose dont il faut prendre son parti, car c’est impossible »...
1810. Séjour à Amsterdam en avril. Mort du général de BROC (mari d’Adèle Auguié). Cure à Aix-les-Bains en août : « Ma poitrine étoit si faible qu’il faut absolument la fortifier. Je suis un peu mieux mais je ne suis pas encore à l’abri d’un orage. Cela me donne presque la fièvre tant je suis foible »…
24 [septembre 1812], sur la bataille de la Moskowa (7 septembre) : « Heureusement ce qui nous est le plus cher se porte bien ; mais que c’est triste de penser aux pertes que l’on a fait. Ce pauvre Auguste Caulaincourt que je regrette bien vivement et que je puis bien dire que je pleure, le petit Canonville, les généraux Montbrun, Plauzonne, et plusieurs autres que nous ne connoissons pas. Ton mari se porte bien […] La garde n’a pas donné. Le p. d’Ecmul [Davout], Nansouty et Rapp blessés mais légèrement ».
1813. Aix-les-Bains 15 juin, émouvante lettre sur la mort d’Adèle de BROC (le 10 juin, Adèle, la sœur d’Églé, est morte noyée sous les yeux de la Reine Hortense, qu’elle accompagnait dans une excursion à la cascade de Grésy) : « rien ne pourra jamais me consoler de la perte d’une si tendre amie. […] Elle doit être heureuse à présent mais c’est moi qui vais me trouver bien seule dans la vie, elle étoit si pure si vertueuse, je me reposois sur elle de tout le bien que je pouvois faire et avec elle je ne devois jamais craindre de faire trop mal »... Le lendemain, elle écrit une émouvante lettre au père d’Adèle. Le 4 et le 30 juillet, elle revient longuement sur cette terrible perte : « Je suis obligée de renfermer dans mon cœur les impressions que journellement je trouvois le besoin de lui communiquer. Souvenirs du passé, projet pour l’avenir, elle étoit de moitié dans tout. Elle me manque donc de sentiment, d’habitude. […] Sais-tu pourquoi je trouve du courage c’est que je suis résignée au malheur, je crois que la vie d’une femme n’est composée que de souffrance. Ses seules jouissances sont le bonheur qu’elle peut procurer aux autres, […] c’est souvent ayant le cœur déchiré qu’il faut sourire à ceux qui nous aiment »…
1814. 29 juillet, sur son arrivée à Plombières pour prendre les eaux après la chute de l’Empire. Saint-Leu 16 octobre, sur son entrevue avec LOUIS XVIII : « Il a été très bon pour moi, et je lui ai bien dit que je pensois que mon bonheur était de vivre tranquille et de mettre mes enfants sous sa protection »…
1815. 25 novembre, pendant le procès du maréchal NEY : « J’espère qu’il viendra des tems plus tranquilles où nous pourrons continuer une correspondance qui me sera toujours chère ; mais c’est dans la crainte de nuire à ceux que j’aime que je dois me faire oublier dans ce moment ».
1816. 2 décembre. Errante et calomniée, elle s’est réfugiée à Constance ; elle cherche à vendre ses diamants… « Je serai bien aise que tu voyes mon fils si tu vas à Rome. Son père sera sans doute bien pour toi, il a été bien mal pour moi et cela m’a fait de la peine pour lui car pour nos affaires d’intérêt il est impossible de s’être plus mal conduit ; mais je lui ai pardonné de tout mon cœur »... Elle a composé trente romances dans sa retraite…
1817. En mai, elle quitte Constance et s’installe à Augsbourg (17 mai 1817) ; elle passe huit jours en Bavière avec son frère Eugène. Elle s’inquiète de la santé de Mme CAMPAN, très affaiblie… « Tu sais mieux que personne qu’il n’a pas tenu à moi de ne pas trouver mon bonheur ou il est seul permis de l’espérer. Dieu m’est témoin que j’ai tout fait et c’est encore une consolation qu’on ne peut m’ôter, c’est d’avoir usé toutes mes facultés à tacher de rendre heureux l’homme auquel le sort m’avait uni [LOUIS BONAPARTE]. Dieu veuille qu’il le trouve, ce bonheur, dans la religion ; mais pour moi je n’ai rien à me reprocher, tu sais tout ce que j’ai souffert pour cela. Comme il est à la mode de s’amuser à mes dépends, tu sais sans doute qu’il a paru un libelle horrible où l’on renouvelle ces propos qui m’ont fait tant de mal autrefois. On veut absolument me faire l’honneur de me citer parmi les conquêtes de l’Empereur NAPOLÉON, le pauvre homme il faut au moins lui rendre justice. Je ne puis même avoir eu le mérite de la résistance, car il n’y a jamais pensé »... Son fils Louis [le futur Napoléon III] « est gentil ; mais toujours foible pour son âge »… Elle fait l’acquisition d’ARENENBERG, « petite campagne sur le lac de Constance »… Elle parle de ses romances…
1818. 26 avril, repoussant l’idée d’un raccommodement avec son mari : « tu oublies donc tout ce que j’ai souffert, et que le seul bien que j’ambitionne à présent, c’est au moins la liberté de respirer à mon aise, ma vie seroit compromise si cela ne m’étoit plus possible, je ne pense plus depuis longtems au bonheur ; mais ne plus être entourée de malveillance de soupçons est nécessaire à mon existance »… 1er décembre 1818, sur sa fameuse romance du Beau Dunois et les fêtes données à Augsbourg en son honneur : « Le jour de ma fête a été ici un véritable jour de fête. La veille le gouverneur m’a donné un bal et avant on a représenté des tableaux de tous les couplets de ma romance du beau Dunois, une dame la chantait pendant que la toille étoit levée, c’étoit vraiment une idée charmante et exécutée à merveille »... Elle a repris son « habitude occupée et calme » ; le soir on lit les Considérations sur la Révolution française de Mme de Staël : « Cela me met tout à fait au courant de la révolution françoise que je ne savois qu’imparfaitement et avec la belle réputation qu’on m’a donné de politique, il étoit ridicule de ne pas connoître même l’histoire de son tems ; mais pauvres femmes que nous sommes notre roman particulier a assez occupé notre vie, pour que, passé cela tout nous devint indifférent »… Son fils Louis [le futur Napoléon III] « est bien et les leçons vont sans interruption »...
1819. 13 mars, longue lettre sur une fête à Augsbourg avec son frère EUGÈNE et sa famille. Elle veut retarder son voyage à Rome : « Tu dois penser que ce séjour maritale ne me convient guère. J’ai toujours peur qu’on ne me garde mon fils cadet. Il n’y auroit donc que pour voir l’aîné que je me déciderois encore à aller de ce côté et comme Louis [le futur Napoléon III] fera sa première communion avant ici je veux encore me reposer une année où je suis ». 8 novembre, sur sa vie calme à Arenenberg, les rumeurs de raccommodement avec son mari, ses idées religieuses : « la véritable religion n’est qu’amour »...
1820. 28 janvier, elle veut « faire un joli recueil de mes romances »… 30 mai, sur son installation à Arenenberg, « mon petit hermitage au bord de mon lac » ; son ancienne lectrice Louise COCHELET, qu’elle a revue ; ses nouvelles lectrices, Élisa de COURTIN et Mlle de MOLLENBECK ; la rédaction de ses Mémoires : « C’est pénible de se rappeller de bons moments dans l’enfance et de si tristes dans la jeunesse » ; le choix d’un nouveau précepteur, Philippe LE BAS, pour son fils : « J’espère que mon mari ne viendra pas gâter tout cela »… 22 novembre, sur la visite de la Grande Duchesse [STÉPHANIE DE BADE] à Arenenberg ; elle s’explique sur le renvoi de Louise COCHELET ; elle cite longuement (sans mentionner le nom) un passage d’une lettre de Charles de FLAHAUT parlant de sa fille et de l’être qui aurait dû lui « montrer la source du vrai bonheur »… Elle en a été « touchée aux larmes »…
1821. 13 juillet, sur sa cure à Baden avec Madame CAMPAN. 8 octobre, départ de sa lectrice Élisa de Courtin.
1822. Mai-juillet, sur la maladie d’Antoinette GAMOT, sœur aînée d’Églé] ; Hortense promet, en cas de décès, « de servir de mère à ses enfants ». 27 octobre : après le séjour d’Églé et ses enfants à Arenenberg, elle a repris sa vie solitaire ; ses projets de plantation ; rumeurs de décès de sa belle-mère [LETIZIA]…
1823. 19 juin. Longue lettre s’interrogeant sur le sort des enfants d’Églé et du maréchal Ney : « Je conçois que ce soit affligeant qu’on ne puisse espérer les placer dans leur patrie […] Les tiens portent un nom qui les fera repousser du gouvernement » ; mais elle répugne à ce qu’ils aillent servir à l’étranger : « pour prendre du service dans un pays, il faut malheureusement renoncer au sien et se faire sujet d’un nouveau roi ce qui est bien triste »… 11 septembre, elle n’a pas tout perdu dans la crise financière, mais ses finance ne sont pas brillantes… 16 octobre, sur le séjour de sa cousine Stéphanie, ; elle prépare son grand voyage à Rome, où elle va ramener son fils aîné Napoléon-Louis chez son père, et elle redoute le séjour au sein de la famille Bonaparte ; « la bonne ville d’Augsbourg » pleure son départ… 25-27 décembre, longue lettre sur son séjour à Rome avec la famille BONAPARTE et son mari : « on ne me tourmente pas comme je le craignois au contraire chacun se ressent du triste caractère de mon mari. Chacun a l’air de me rendre justice car c’est à moi qu’on vient se plaindre. Aussi loin de me parler de raccomodement on me dit, il est impossible de vivre avec lui » ; visites à la Princesse PAULINE BORGHESE (piquant portrait)…
1824. 8 avril, longue et émouvante lettre sur la mort de son frère EUGÈNE (à Munich le 21 février) : « je ne reverrai plus l’ami de mon enfance, ce frère si tendre et si parfait »… 1er août, sur ses embarras de fortune, notamment avec OUVRARD : « Conçoit-on que ce millionnaire ne veuille pas me payer la terre qu’il m’a achetée »…
1825. 15 janvier. Au sujet d’un libelle : « j’ai toujours tenu à connoître tout ce qui étoit contre moi, et je suis habituée à me mettre au-dessus de ces injures et de ces indignités. Jeune je suis entrée dans le monde le cœur rempli de l’amour de mes semblables ». Elle évoque le souvenir de Mme CAMPAN, et les calomnies sur sa mère JOSÉPHINE, inspirées notamment par le Mémorial de LAS CASES… 19 mars, sur sa romance d’Agobar. 29 août. Elle a arrangé un petit appartement pour la venue d’Églé… « le soleil et la vue fait tout le charme de mon Ermitage ». Visite du Roi et de la Reine de WURTEMBERG… 5 octobre, projet de voyage ; succès du livre de Mme CAMPAN : « après votre mort on vous rend toujours justice » ; projet de mariage de sa nièce Eugénie avec le prince de Hohenzollern Echingen…
1826. Rome 22 février, « vives inquiétudes pour mon fils Louis [NAPOLÉON III] qui a eu une fièvre inflammatoire ». 15 mai, séjour à Rome ; projet de mariage de son fils aîné Napoléon-Louis avec sa cousine Charlotte (fille de Joseph Bonaparte, le mariage sera célébré le 23 juillet 1826)… Arenenberg 23 juillet, fatigue du voyage de retour, attente d’Églé et ses enfants, et de « la grande duchesse » Stéphanie… Varèse 11 novembre, pittoresque récit de la traversée des Alpes dans la neige…
1827. 15-23 février. Séjour à Rome ; recherche d’une musicienne pour remplacer Élisa de COURTIN, « plus ridicule et plus insupportable que jamais », mais elle a des réticences pour la fille de Sophie GAY et pour Hortense ALLART… 24-28 avril, elle loge à la campagne à la Villa Pauline, et a loué un appartement dans le Corso ; elle va essayer de remonter à cheval ; elle cherche toujours une nouvelle lectrice… Retour à Arenenberg, et désir d’une musicienne pour son salon… 21 juillet, on espionne son courrier ; séjour de sa chère nièce Eugénie qui est charmante… 7 septembre, départ de Philippe LE BAS : « mon fils n’a plus besoin de lui »… 9 novembre, retour à Rome : « je suis bien seule à ma campagne et le froid arrive. Pour moi je m’arrange de la vie la plus monotone mais pour mon fils [Louis-Napoléon, futur Napoléon III] je crains qu’il ne s’ennuye et le seul moyen, après une morale constante pour que nos garçons ne fassent pas de sottises, c’est de les amuser. Quand je serai en ville, je prierai quelques personnes le soir, et s’il danse au son du piano la soirée se passera bien ; depuis que je suis ici nous sommes tous les deux tête à tête, et le cher enfant, malgré tous mes frais, sent souvent le sommeil le surprendre »... Fierté patriotique à la victoire de Navarin… Commissions pour ses toilettes…
1828. Rome 21 janvier, sur le mariage de Fortuné de BRACK… 3 mars, sur l’état de ses affaires ; elle espère vendre ses tableaux… Arenenberg 9 août : elle reste « au coin du feu car le tems est abominable, ce qui ne guérit guère ma gorge […] Nous lisons, nous dessinons et nous attendons le beau tems. […] Louis chasse, travaille à la chimie aux mathématiques, il est toujours très bon enfant ». Elle s’inquiète des affaires de son mari : « s’il est vrai qu’il n’aye pas payé sa maison, il m’a joué un tour terrible, car il est très vrai qu’il a fait mettre dans notre acte de séparation que toutes les réclamations à venir pour les affaires de Paris seroient à ma charge »... 29 septembre, séjour à Bade chez la Grande-Duchesse STÉPHANIE ; charmants détails sur la mode et ses robes... 11 novembre : elle est arrivée « très bien portante à Rome et très engraissée de mon séjour à la campagne […] Nous fesons des lectures avec mon fils. Je vais soigner ma belle-mère [LETIZIA] qui est si seule et qui paroit si heureuse de me voir, que j’ai peu de moments libres »...
1829. Rome 22 mars, elle veut vendre ses rubis ; elle s’est fait un petit budget à part pour sa toilette... Arenenberg 21 [juin ?], elle a vu son mari à Rome : « il a désiré me parler de nos enfants. Il m’a trouvé si bien conservée que par retour de tendresse sans doute il ne cesse de me causer depuis ce tems des petits tourments » ; il voudrait qu’elle vienne s’établir à Florence « sans nous voir dit-il toujours », car le séjour d’Arenenberg lui déplait : « On croirait que je viens ici pour me rapprocher de la France, que je veux me mêler de politique […] mais malgré mes réponses il revient à la charge, il m’envoye un homme d’affaires […] et mes enfants voyent bien que cela devient une manie de tourmenter, ils sont assez grand pour devenir juges et je sais bien que je ne puis y perdre »… 17 juillet, sur le prochain mariage de sa nièce [Amélie de Leuchtenberg avec l’empereur du Brésil Pedro Ier] : « C’est aller bien loin chercher des grandeurs. Enfin si mes enfants se trouvent mal en Europe, ils pourront aller se placer près de leur cousine ». Elle rage contre le « menteur » BOURRIENNE « qui ose avancer que je lui donnois des lettres »… Visite à Arenenberg du Grand-Duc de Mecklenbourg-Strelitz… 24 septembre, après le séjour de Léon, fils d’Églé ; séjour de la Grande-Duchesse Stéphanie... 11 novembre, retour à Rome ; elle va quitter son bottier Melnotte trop cher… Amusant jugement sur les belles-filles…
1830. Rome 27 avril. Accident de sa belle-mère LETIZIA ; conseils à Églé concernant le ménage de Léon [son fils aîné Napoléon Ney] : « Une belle-fille qui a un mari vous enlève votre fils »… Arenenberg 30 juin, sur la liaison de leur condisciple Maria de las Nieves de Hervas, veuve de Duroc, avec le colonel FABVIER. 7-20 août, longues lettres sur la Révolution de Juillet, qui réparera peut-être l’infortune de sa famille… Envoi d’un exemplaire relié de ses romances à l’impératrice du Brésil.
1831. 19 janvier, longue lettre de Rome sur ses démarches pour rentrer en France, et les troubles insurrectionnels en Italie auxquels prennent part ses fils… Londres 21 mai (en partie écrite par sa dame d’honneur Valérie Masuyer), après la mort de son fils aîné (17 mars). 27 août, annonçant son arrivée à Arenenberg, après sa fuite hors d’Italie avec son fils (futur Napoléon III).
1833. 17 mai. Arrangement d’Arenenberg pour arriver « au comfortable ». Son homme d’affaires DEVAUX l’a volée « d’une manière affreuse », sur la vente d’un collier de diamants, et sa terre de la Chaussée ; elle a « perdu par sa mauvaise foi (car tout ce qu’il avait à moi devait être regardé comme dépôt) près de 4 ou 5 cent mille francs »...
1834. 3 janvier. Sur la publication de ses Mémoires où elle a inséré des lettres de Mme CAMPAN montrant son « noble caractère […] sa morale, son excellent cœur »… 28 février. Séjour à Sigmaringen avec son fils. Dans son livre, elle a voulu être vraie : « j’ai du me défendre d’intrigues imaginaires dont on m’accusoit. […] Et j’irai à la postérité avec mon caractère et non pas avec celui qu’on s’est plu à me faire depuis vingt ans »… 20 mai. Arenenberg est « un petit ermitage vraiment joli à présent » ; mariage de la fille de la grande duchesse de Bade avec le prince héréditaire de HOHENZOLLERN ; lecture de LAMENNAIS... 14 novembre, lecture des mémoires de NEY avec son fils… 4 décembre. La foire de Constance… « Demain le ménage WURTEMBERG me donnera une soirée. J’ai donné un dîner de noce. […] J’ai fait le portrait de la Comtesse, je fais celui du Comte. […] Ils m’ont pris en grande tendresse et viennent très souvent me voir. C’est un aimable ménage »...
1835. 17 janvier. Longue lettre sur ses Mémoires et sur Madame CAMPAN : « lorsque les historiens impartiaux qui écrivent déjà notre histoire en puisant les matériaux dans les libelles, seuls documens existants sur nous, j’ai cru de mon devoir, pour moi comme pour les miens, de rendre publiques toutes les vérités que je pouvois posséder. On avoit eu l’impudence d’aller jusqu’à composer des lettres de ma mère, j’ai fait paraître les siennes à moi et celles de l’Empereur à elle »… De même pour Mme Campan, si calomniée : « Je possédois dans les lettres de Mme Campan la meilleure défense qu’elle put avoir, je les ai fait paroître, […] La chose marquante des lettres de Madame Campan, c’est la suite d’affection, de conseils, toujours bons, tendres, moraux, et qui la montrant pendant 25 années de sa vie font juger du temps qui les ont précédés »… Etc. 12 février. Elle retarde son voyage pour soigner son fils qui a pris froid… C’est elle qui fait la lecture le soir… 10 mars : « hors mon fils, il ne me reste plus rien dans ce monde […] Mais toi douter de mon affection, cela n’est pas possible. Les affections de l’enfance ne s’effacent jamais »… 18 avril, sur la mort de son neveu Auguste de Beauharnais, duc de LEUCHTENBERG : « Ce cher Auguste, ce digne fils de mon frère, ce seul ami, peut-être, de mon fils, il faut encore avoir à le pleurer, si jeune, si rempli de vie et d’avenir ! »… 31 mai, au sujet du projet de vente pour 300.000 F du collier porté par JOSÉPHINE au Sacre à Anatole DEMIDOFF : « c’est le seul qui puisse le payer encore si bien […] le père m’en avoit offert beaucoup plus et à présent il l’aurait prix de marchand »... Elle a loué à Genève « pour l’hiver un appartement rien n’est gai ici ; mais la langue, le sérieux même, tout m’y convient »… 11 juin, lettre écrite sur papier avec vignette du Pont suspendu en fil de fer à Fribourg (Suisse), qu’elle est allée voir ; elle accepte la proposition faite par Demidoff à Églé de 400 mille francs pour le collier : « c’est très vrai que ma mère le portait à son couronnement »… 27 août. Séjour de sa belle-sœur [Auguste, veuve d’Eugène] à Arenenberg, avec sa fille Théodelinde, et la princesse de Sigmaringen… 25 septembre, échec de la vente du collier... 15 novembre. Mésaventures du peintre Félix COTTRAU, menacé de prison pour avoir manqué le service de la garde nationale. Tremblement de terre à Arenenberg, qui a bien résisté. « Louis est à Zurich dans ce moment pour faire enfin relier son livre [Manuel d’artillerie à l’usage des officiers d’artillerie de l’armée helvétique], il est bien content d’être au bout de ce pénible ouvrage »... 2 décembre. Un nouveau malheur frappe sa famille : sa belle-sœur la princesse de MONTFORT [Catherine de WURTEMBERG (1783-1835), femme du Roi Jérôme] « vient de mourir à Lausanne, heureusement dans les bras de ses enfants, mais dans le malheur ! dans l’exil ! »… Reproches au roi des Français « de nous laisser mourir dans l’exil et l’infortune »... Elle croit avoir vendu son collier « pour une rente ma vie durante à un souverain »… 20 décembre. L’ouvrage de Louis a du succès. « J’ai déjà donné une leçon à mon neveu [le prince Napoléon (Jérôme)] qui est un enfant charmant et très beau de figure. Le père [le roi Jérôme] et Mathilde doivent être aujourd’hui à Stuttgart »…
1836. 3 janvier. Séjour à Arenenberg de son beau-frère JÉRÔME ; on gèle et le lac est pris ; le roi de Bavière ne commencera à payer pour le collier qu’au mois d’octobre... 18 février. Mort de LETIZIA BONAPARTE : « La mort de ma pauvre belle-mère n’enrichira pas beaucoup ses enfants malgré les millions qu’on se plaisait à lui donner »… Elle voudrait vendre un beau tableau du Corrège « et une tapisserie des Gobelins avec des N et des aigles »… 9 mai. Elle a toujours chez elle le prince de Montfort [Jérôme] et ses enfants : « le prince parle de retourner bientôt en Italie, mais les enfants se plaisent ici et je ne sais qui l’emportera »… 15 [juillet]. Grand travaux de réaménagement d’Arenenberg… Désir de marier son fils Louis [NAPOLÉON III] ; elle raconte son action courageuse à Baden où « il a sauvé une pauvre femme et ses enfants qui étaient emportés par un cheval »…9 octobre. Nombreux visiteurs à Arenenberg ; succès de la Reine Caroline [MURAT] à Paris ; tensions entre la Suisse et la France… 25 novembre, après la tentative de coup d’État à Strasbourg et l’expulsion du futur Napoléon III vers les États-Unis, pour laquelle sa mère a multiplié les démarches : « Mon fils m’a écrit tout son chagrin si je m’exilais avec lui, je tacherai de lui persuader que je ne tiens plus à l’Europe et que tous les lieux me sont indifférents »… 5 décembre. Longue et importante lettre sur la tentative de coup d’État à Strasbourg : « « Qu’il est absurde de croire que mon fils m’aurait confié une expédition où il allait jouer avec sa vie, il a 28 ans, il est peu communicatif, et il connaît ma tendresse pour lui et mes inquiétudes ! »… Elle rappelle qu’elle aurait pu agir autrefois avec MONTHOLON, « dans une circonstance où ce n’était pas un régiment mais 20 qui attendaient le duc de REICHSTADT », mais que son « amour de tranquillité » avait fait tout échouer…
1837. 5 janvier (fragment), sur la rupture du projet de mariage [avec MATHILDE] « à cause des évènements de Strasbourg »… 12 février, sur sa maladie et les médecins qu’on lui envoie... 9 mars, arrivée du Dr CONNEAU : « Ce que j’ai décidément est au col de la matrice. Une partie est malade il faut le guérir sans arrêter le reste » (elle mourra le 5 octobre d’un cancer à la matrice)…
On joint 2 intéressantes L.A.S. d’Anne-Étiennette SALVAGE DE FAVEROLLES (1785-1854, amie et dame de compagnie de la Reine Hortense) à la maréchale Ney : 2 octobre 1835, sur les visiteurs d’Arenenberg ; 13 novembre 1837, avant l’enterrement de la Reine, le Prince [Napoléon III] l’ayant chargée, avec le comte Tascher, d’« accompagner les restes mortels de sa mère jusqu’à Rueil »...
Provenance
Maréchale NEY ; sa sœur Antoinette (1780-1733), Mme Charles-Guillaume GAMOT (dont la fille fut la filleule de la Reine Hortense) ; sa descendance ; vente Drouot (Jean-Marc Delvaux), 9 décembre 2011, nos 96-193.
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