• facebook
  • twitter
  • linkedin
  • instagram
  • art

LARREY Dominique-Jean, baron (1766-1842)…

Lot 856
1 500 - 2 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 2 340 €

LARREY Dominique-Jean, baron (1766-1842)…

LARREY Dominique-Jean, baron (1766-1842) le grand chirurgien militaire.
L.A.S. « D.J. Larrey Dr. m. Ch. », Berlin 17 avril 1812, à SA FEMME « la Baronne Larrey » à Paris ; 3 pages in-4 remplies d’une écriture serrée, adresse avec marque postale de la Grande Armée (petite déchirure par bris de cachet restaurée).

Émouvante et tendre lettre du chirurgien à sa femme, alors qu’il s’apprête à partir pour la Campagne de Russie.
[Larrey avait épousé en 1794 Marie-Élisabeth LAVILLE-LEROUX (1769-1842), qui avait été, comme sa sœur Marie-Guillemine, l’élève du peintre David ; ils eurent deux enfants : Isaure (née en 1798) et Félix-Hippolyte (né en 1808).]
Ayant reçu une nouvelle alarmante de sa femme, Larrey lui adresse cette magnifique déclaration d’amour, évocation des épreuves traversées ensemble : « Comment ma chère Laville après avoir aussi courageusement supporté les peines et les miseres du chemin que nous avons fait ensemble tu voudrais me quiter au premier repos de notre carrière ? Tes compagnons mourraient de chagrin ma bonne mère nous serions comme les matelots qui ayant perdu leur pilote au milieu des mers sont livrés à la mercy des flots – la barque vogue en tout sens, les uns sont épuisés des vains efforts qu’ils n’ont cessé de faire, les autres épouventés perdent l’équilibre, abandonnent les rames et tous périssent de désespoir. Voila le sort que tu nous ferez épreouver. Non ma tendre amie la providence te conservera pour tes enfants à qui tu es d’une nécessité indispensable ». Qu’elle suive bien le régime que Larrey lui a prescrit, et elle se portera bien. « Ne te donne surtout point d’inquiétude sur mon sort. Je dois soufrir sans doute et je m’attends à souffrir plus que jamais, mais je suis fort et robuste, ma santé est intacte aucune cause cachée ne peut rompre chez moi les ressorts de la vie et pourvu qu’on ne nous fasse mourir de faim et de soif comme les armées de Charles XII, j’ai l’idée bien établie dans mon esprit que je viendrai te retrouver encore ». Il veut chasser les idées tristes de sa femme et la soigne en quelque sorte à distance : « par cette puissance sympathique, je t’ai sauvé la vie plusieurs fois de loin comme de près et certes ce n’étoit pas les remèdes. Aime moi tendrement comme je t’aime et nous mourrons ensemble au point où la nature a fixé le terme de notre voyage »… Il lui donne ensuite quantité de conseils pour organiser son existence durant sa longue absence, faisant des recommandations pour la santé de sa femme et des enfants, pour les finances, etc. Il lui demande de terminer au plus vite son portrait : « J’ai besoin de ce talisman il m’aidera à supporter les vicisitudes de la penible campagne que nous allons faire »… Il voit sa femme et ses enfants dans ses rêves… Etc.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue