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MONTHOLON Charles Tristan, comte de (1783-1853)…

Lot 871
4 000 - 5 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 5 330 €

MONTHOLON Charles Tristan, comte de (1783-1853)…

MONTHOLON Charles Tristan, comte de (1783-1853) général, il accompagna Napoléon en captivité.
manuscrit autographe signé « Le gal Montholon », Article Ste Hélène, Paris 3 juillet 1836 ; 23 pages et demie in-fol. sous chemise autographe (avec la fin d’une version précédente ; cotes d’inventaire).

Intéressants souvenirs sur la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène.
Article destiné à un Dictionnaire des conversations que nous n’avons pas réussi à identifier (il ne s’agit pas du grand Dictionnaire de la conversation et de la lecture) ; le manuscrit présente de nombreuses ratures et corrections, et des additions marginales ; chaque page en est paraphée en bas. Ce texte a été publié (sauf le premier paragraphe), sous le titre « Notes inédites du général de Montholon », par François de Candé-Montholon en appendice du Journal secret d’Albine de Montholon maîtresse de Napoléon à Sainte-Hélène (Albin Michel, 2002).

Montholon précise la situation géographique de l’île, résume son histoire, parle des fortifications, du sol, de la végétation et de l’eau, du climat, de la population et de son espérance de vie. L’arrivée de Napoléon dans l’île provoqua de grands changements dans la culture et les travaux d’art. « Sir Hudson LOWE a mérité tout le mal qu’on a dit de lui, et cependant c’est un administrateur d’une capacité supérieure. Des préventions haineuses plus encore, peut-être, un travers de son caractère qui faisoit d’une méfiance extrême la base de sa conduite en toutes choses, ont dominé les actes de son administration. Souvent au milieu de la nuit il rêvait la fuite de son Prisonnier, se levoit en hâte et accouroit comme un fou à Longwood pour s’assurer que son rêve n’étoit pas une réalité. L’Angleterre dénieroit avec indignation, si elle les connoissoit, les détails ignominieux des rapports de Sir Hudson Lowe avec nous. L’insulte arrivoit journellement au galop et si parfois elle s’y arrêta, confuse et refoulée qu’elle étoit alors dans les entraves d’un respect religieux, c’est seulement à la vue de Napoléon qui sut constamment par l’élévation de son âme, l’égale de son génie, apparoître dans son malheur bien plus gigantesque encore qu’il ne l’avoit été assis sur le char de la victoire »… Montholon fait le portrait des commissaires des grandes puissances (Stürmer, Balmain et Montchenu), puis après avoir évoqué négligeamment l’œuvre de LAS CASES (qui resta seulement neuf mois à Longwood), et son propre journal de six ans, qu’il publiera peut-être un jour, il esquisse « les causes et l’histoire de cette si célèbre captivité », qu’il n’attribue ni à la défaite militaire ni à l’hostilité politique. « L’abdication de Napoléon fut l’effet de ses profondes méditations sur les causes dominantes des crises nationales de 1814 et de 1815, de toutes parts il ne trouva dans les hautes classes sociales […] qu’ingratitude, trahison, sacrifice des grands intérêts de la nation à des rancunes individuelles, à des illusions d’ambition, à des théories d’une application funeste, lorsque l’ennemi souilloit en vainqueur le sol français. L’élément nécessaire du salut, l’amour de la patrie, il ne le retrouvoit que dans les rangs du peuple ou de ses vieilles bandes échappées par miracle aux mille périls des champs de Leipsic et de Waterloo. Mettre en action la force brutale du peuple c’étoit s’assurer la victoire sans courir les chances de la guerre civile, mais c’étoit courir celles toutes aussi odieuses à sa grande âme, de voir répandre des flots de sang français »… Par amour de la France, donc, il abdiqua, et les événements se précipitèrent : négociations, retour de Louis XVIII, départ pour Sainte-Hélène… Montholon rend hommage à l’amiral KEITH, qui laissa à Napoléon son épée, et à l’amiral COCKBURN, et rapporte des propos de l’Empereur tant sur Cockburn que sur son successeur Lowe... Il relate les derniers instants de l’Empereur… « Napoléon est mort comme il a vécu, son agonie fut celle de personne, quelque chose de surhumain la dirigeoit, l’expression de sa figure étoit tout à la fois sereine et gracieuse, elle rappelloit ces belles têtes de Raphael »… Il décrit le défilé des troupes de la garnison devant la dépouille, et la rage impuissante de Lowe ; il corrige l’erreur attribuant sa mort à une longue maladie… Et de citer les prévisions du mourant, concernant la chute des Bourbons et le probable transfert de la couronne aux Orléans. Napoléon désigna Montholon alors comme celui à qui « le destin réserve l’honneur de relever mes aigles le jour où la France brisera le joug de Waterloo »... Il ajoute : « J’ai la conscience d’avoir religieusement obéi aux ordres et aux vœux de Napoléon », déclaration dont le brouillon figure sur la chemise contenant le manuscrit.
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