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MONTHOLON Albine de Vassal, comtesse Charles…

Lot 872
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MONTHOLON Albine de Vassal, comtesse Charles…

MONTHOLON Albine de Vassal, comtesse Charles Tristan de (1779-1848) épouse du général de Montholon, elle fut probablement la maîtresse de Napoléon à Sainte-Hélène.
manuscrits autographes de ses mémoires, [vers 1820 ?] ; 3 cahiers grand in-fol. plus quelques feuilles volantes formant environ 160 pages (quelques bords un peu effrangés).

Précieux mémoires et souvenirs de la comtesse de Montholon, seul témoignage féminin sur la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène, par celle qui fut probablement sa dernière maîtresse.
Manuscrits de premier jet, fortement raturés et corrigés, avec des additions marginales, et des notes de travail en vue d’une révision : « à compresser et fondre », « à transcrire », « à prendre non copié copie Schaller », « pris pour l’article », « à mettre plus tard », etc. De nombreuses pages sont biffées d’un trait vertical. Des allusions à Napoléon au présent (« L’Empereur s’est fait et se fera toujours beaucoup d’ennemis par l’habitude qu’il a de se laisser aller à dire ce qui blesse », par exemple) suggèrent que ces mémoires ont été commencés avant la nouvelle de la mort de l’Empereur.
Le texte a connu une première publication en 1898, dans une version arrangée, par les soins du petit-fils d’Albine, le vicomte du Couëdic (Souvenirs de la comtesse de Montholon sur Sainte-Hélène, dans le Carnet historique et littéraire, avril-septembre 1898, puis en brochure aux bureaux de la revue, 1898 ; et une version illustrée en 1901). Une édition, plus conforme au manuscrit, a été récemment publiée sous le titre : Journal secret d’Albine de Montholon maîtresse de Napoléon à Sainte-Hélène, présenté et commenté par François de Candé-Montholon (Albin Michel, 2002), qui indique : « Les cahiers d’Albine n’étaient pas destinés à la publication, encore moins ses notes éparses et raturées. Il est évident qu’elle dévoilait ses véritables sentiments pour Napoléon ». Riches en observations d’un grand intérêt historique, ces mémoires témoignent de la finesse psychologique d’une femme qui vécut plusieurs années dans l’entourage immédiat de l’Empereur.

Les mémoires s’ouvrent à l’époque de la seconde abdication, en juin 1815, à l’Élysée. Albine raconte la décision de son mari de suivre l’Empereur – « c’était lui disait-on une insigne folie » –, leur départ précipité pour Malmaison, où elle vit le général Labédoyère, le front « empreint de sa fatale destinée » (il fut passé par les armes en août 1815), et la Reine HORTENSE, qui « alloit continuellement dans l’appt de l’Empereur » et qui s’étonna, alors qu’on disait que les Cosaques allaient envahir le château, que Napoléon lise un roman. « Je fus très frappée de cette apparence d’insouciance et d’abandon de soi-même dans une aussi importante circonstance. Depuis, j’ai pu juger que lorsqu’il avoit l’esprit tendu par quelque contrariété c’etoit le moyen qu’il employoit »… Elle raconte le voyage à Rochefort, les personnages qui s’y trouvaient, la répartition de leur groupe entre la Saale et la Méduse, la visite à l’île d’Aix, la discussion entre l’Empereur et ses généraux sur la convenance de se confier à la générosité du gouvernement anglais, discussion déterminante pour la confiance que l’Empereur devait accorder à Montholon… Suivent des anecdotes sur l’Épervier, le Bellérophon, le Superbe, Plymouth, et l’amiral KEITH qui annonça la destination de Sainte-Hélène : « C’est nous dit-il, pour le plus grand avantage de l’Empereur, que le cabinet a pris cette détermination. En Angleterre on eut été obligé de le tenir enfermé dans quelque château tandis que là il sera libre (on verra comme il le fut) »… Ils font voile sur le Northumberland : Albine raconte la traversée, la tenue de l’Empereur et des officiers, leurs occupations : lecture, promenades, jeux, apprentissage de l’anglais (Albine), causeries (anecdote sur une indiscrétion de l’Empereur « sur les mœurs de l’Égypte qui m’embarrassa extremement »), parties d’échecs (GOURGAUD « battait quelque fois l’Empereur », mais Montholon « se laissait battre volontairement par l’Empereur »)… L’Empereur commence à dicter ses mémoires… « Il s’était imaginé que j’avais des préventions contre lui […]. Mr de LAS CASES lui rendit compte de ce qu’après une conversation dont il faisait le sujet je lui avais dit en venant ici on peut croire que j’ai commencé par suivre mon mari : mais à présent c’est bien l’Empereur que je suis – heureuse d’attacher mon sort à sa destinée. En effet depuis que je voyais l’Emp. d’aussi près, je l’admirais et l’aimais chaque jour d’avantage »… Et de parler avec admiration de ses manières, et des discussions « d’homme à d’homme » qui l’élevaient dans l’esprit de ceux qui l’écoutaient. « Ce mélange de véritable grandeur et de simplicité les attirait, et leur inspirait confiance. À table où la conversation était générale le sujet qu’il traitait était toujours d’un grand intérêt – jamais on ne l’entendait sans que l’esprit n’en fut éclairé sur quelque point, ou forcé à réfléchir. Je reviendrai encore à ces conversations, à ce génie si lumineux. L’équipage l’aimait. Il y a dans des manieres vraies quelque chose qui séduit »…
Le deuxième cahier est consacré au quotidien à Sainte-Hélène : les Briars, la famille BALCOMBE, les travaux à Longwood. Albine parle de l’île (topographie, histoire, climat) et de la demeure de l’Empereur, des mesures de sécurité, des domestiques. « Depuis notre établissement à Longwood je voyais l’Empereur, et l’entendais avec un intérêt qui s’accroissait chaque jour de toute l’admiration, et tout l’attachement, que son caractere, son genie, tout lui enfin inspirait. S’il est vrai en général que les rois comme les montagnes soyent bons à voir à distance il n’en était pas ainsi de lui ; plus on le voyait de près, plus on l’aimait »… Anecdotes, remarques de l’Empereur sur la littérature, son appréciation de l’égalité d’humeur d’Albine : « dans ce lieu de tristesse, de journées si monotones j’arrivais toujours comme si j’avais été la veille à l’opéra, c’était son expression. En parlant ainsi je ne me glorifie point. C’est à lui que l’on doit rapporter cette disposition constante dans le lieu d’exil. Je ne fais que rendre à César ce qui appartient à César »…
Dans le « Cayer dit n° 2 supplément », sous la rubrique « Dissimulation », Albine approfondit son appréciation du caractère de l’Empereur. « J’ai toujours entendu dire qu’il faisait tout céder à ce qu’il appellait sa politique : mais il sentait trop vivement pour que ses passions ne le gouvernassent pas aussi et peut-être plus qu’un autre homme »… Ainsi il crut qu’elle le boudait, un jour qu’elle prit congé un peu brusquement, et dit à Montholon : « je blesse toujours sans mauvaise intention. Il connaissait ce défaut de son caractère : mais il n’a jamais pu s’en corriger quelqu’intérêt qu’il y ait eu parce qu’il satisfaisait sa passion du moment en s’y laissant aller. C’est chez lui de nature – et certes c’est bien l’opposé de la dissimulation. Cependant […] s’il pensait devoir dissimuler – il le faisait avec succès. Pour moi j’ai toujours trouvé qu’il était très facile de juger quand il était vrai ou non »… D’autres pages du « supplément » sont consacrées aux jugements de l’Empereur sur Las Cases, le général BERTRAND (« son lot était d’être inspecteur de génie […] il ne fallait pas le sortir de là – je ne pouvais choisir un plus mauvais grand marechal »), le valet MARCHAND (étrange perte d’un collier de diamants à la bataille de Waterloo, mais « un honnête jeune homme »), Montholon (« propre à remplacer Duroc auprès de lui », excellente mémoire, précieux pour les recherches et la réécriture dans un français clair et correct, d’autant plus qu’« il savait conserver la couleur de son stile », etc.). Et encore un portrait physique et moral de Napoléon : « L’Empereur a la figure noble ; ses traits réguliers ont de la dignité. Son maintien est celui d’un homme bien né. Il est bien empereur. […] L’Empereur s’est fait et se fera toujours beaucoup d’ennemis par l’habitude qu’il a de se laisser aller à dire ce qui blesse. Mais comme les hommes supérieurs il a un esprit de justice qui lui fait trouver tout simple qu’on lui réponde avec noblesse quand il a offensé. Me de Montholon lui a repondu souvent de la manière la plus forte, et elle n’en était pas moins en grande faveur auprès de lui – et il disait à Mr de Montholon : elle m’a dit des choses bien sévères mais c’est le droit des femmes ; je n’ai eu que ce que je méritais. Il ne manque jamais de tomber sur les gens de finance, négocians, banquiers – il confond les bons et les mauvais, l’honnête homme et le fripon dans un même anathème »… Etc.
S’y ajoutent des tables des matières, quelques « pages copiées de la page 1 » et brouillons, et quelques fragments de copie d’une autre main, avec corrections autographes.
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