• facebook
  • twitter
  • linkedin
  • instagram
  • art

École LOMBARDE du XVIIe siècle Coupe de pêches…

Lot 14
80 000 - 100 000 €

École LOMBARDE du XVIIe siècle Coupe de pêches…

École LOMBARDE du XVIIe siècle
Coupe de pêches sur un entablement
Panneau de noyer, une planche, non parqueté
22 x 34,7 cm
Au revers du panneau, un reste d’étiquette ancienne

Provenance :
Galerie Pardo, 1958;
Acquis auprès de cette galerie par Jean Riechers en 1958.

Bibliographie :
Michel Faré, Le grand siècle de la nature morte en France, Le XVIIe siècle, Paris, Office du Livre, 1974, reproduit p.70 (« Charlotte Vignon, Coupe de fruits. Coll. J. R., Paris » sic)

Ce petit chef-d’œuvre semble dériver directement du Panier de fruits de Caravage et être relié aux natures mortes milanaises du premier tiers du XVIIe siècle d’Ambrogio Figino, Panfilo Nuvolone et Fede Galizia. Le cardinal Borromée a fait don du tableau célèbre de Caravage en 1607 à la Pinacothèque Ambrosienne de Milan. Il était donc accessible aux peintres : l’inauguration de la bibliothèque a eu lieu en 1609, et l’ajout de la collection de tableaux date de 1615. Le cadrage serré, le bruissement des insectes se retrouvent dans les tableaux de Panfilo Nuvolone. Dans certains d’entre eux, on discerne ces mêmes hyménoptères relativement nombreux qui butinent les fruits (fig. 5). De même les feuilles de vignes découpées, un peu métalliques, les vrilles de pampres sont peintes d’une façon similaire et diffèrent dans les natures mortes d’autres pays.

Ce tableau a été attribué à Charlotte Vignon par comparaison avec la coupe de raisins noirs et blancs (fig. 6) de l’ancienne collection Théodore William Holzapel Ward (1889-1955) qui est de la même main que notre tableau : on y retrouve aussi un plat en orfèvrerie et les mêmes grappes. Cette identification remonte à une cinquantaine d’années seulement (le tableau Ward est publié pour la première fois comme anonyme par Ingvar Berjström dans le Burlington Magazine en 1955), sur la base d’une inscription Vignon écrite à l’encre au revers. Cela nous paraît un peu insuffisant pour affirmer que Charlotte soit l’auteur des natures mortes de pêches et de raisins, le nom Vignon au verso du tableau Ward pouvant renvoyer à d’autres personnes ou au nom d’un ancien propriétaire. En effet, la seule note la concernant, chez l’abbé de Marolles est assez imprécise, on ne trouve aucune mention d’œuvres d’elle dans les inventaires du XVIIe siècle, uniquement des archives administratives où elle n’est pas désignée comme artiste.

La coupe orfévrée ici, le bassin de baptême dans le panneau Ward semble rappeler des modèles du début du siècle et on retrouve ces coupes métalliques, au pied étroit dans des œuvres de Panfilo Nuvolone.
Le cadrage, l’aspect archaïque dans l’histoire de la nature morte nous semblent rédhibitoires pour une artiste comme Charlotte Vignon, née en 1639, et qui commencerait à peindre vers 1660. L’iconographie de vanité très marquée à travers les insectes et les fruits piqués par endroits renvoie plus à la Contre-Réforme du cercle des Borromée qu’à la France de la seconde moitié du XVIIe siècle.
Autre élément à prendre en compte, notre tableau est peint sur noyer, une essence utilisé comme support à peindre plus souvent en Lombardie qu’à Paris.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue