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André BRETON (1896-1966). Manuscrit autographe…

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André BRETON (1896-1966). Manuscrit autographe…

André BRETON (1896-1966). Manuscrit autographe signé, [Luis Buñuel, 1951] ; 3 pages in-4 très remplies, avec de nombreuses ratures et corrections.

Important texte sur Luis Buñuel, daté en fin « Paris, 5 novembre 1951 », porte en tête, de la main de Breton, ces mentions : « Interview de Match (Eric Bromberger) Non publié » ; il est donc très probablement inédit. Nous ne pouvons en donner que de brefs extraits.
Breton indique qu’il a fait la connaissance de Luis Buñuel en 1929 : « Son arrivée à Paris a dû suivre de peu celle de Salvador Dali qui était alors son ami intime. Tous deux venaient d’Espagne où ils avaient réalisé ensemble Un Chien andalou [...] ils étaient, aussi bien d’aspect que de complexion, aussi différents que possible : Dali extrêmement fin et souple, rompu à toutes les gymnastiques mentales, cultivant – d’ailleurs avec un rare bonheur – la singularité pour elle-même, [...] Buñuel tout d’une pièce, taillé comme un taureau, les yeux légèrement exorbités, tourné manifestement vers l’agression, d’humeur aussi beaucoup plus sombre. Où ils se rencontraient, c’était devant la nécessité d’en finir avec un certain nombre de “tabous” auxquels le surréalisme n’avait cessé de s’en prendre »... Puis Breton parle de l’œuvre cinématographique de Buñuel, et notamment du Chien andalou qui est « un désespéré, un passionné appel au meurtre » selon les termes même de Buñuel. « Je tiens encore, à ce jour, Un Chien andalou et L’Âge d’or pour les deux seuls films intégralement surréalistes. [...] Dans Un Chien andalou, c’est vraiment l’irrationalisme total qui s’est rendu maître du pavé, dans L’Âge d’or c’est vraiment la passion qui a rompu toutes ses digues. Et le petit bourgeois est là dans son fauteuil, il a payé pour être giflé à tour de bras [...] le génie de Buñuel m’a toujours paru tenir à ce qui en lui est exalté, exaspéré au possible – le conflit entre l’instinct sexuel et l’instinct de mort, dont Freud a montré qu’ils étaient tous deux des instincts de conservation et que, chez tout homme, la recherche de leur équilibre ne tendait à rien moins qu’à rétablir un état qui a été troublé par l’apparition de la vie. Dans L’Âge d’or l’accent est mis sur le sexuel, dans Los Olvidados il est mis sur la mort ». Breton insiste sur le tempérament sadique de Buñuel... Enfin, il voit dans Los Olvidados un film « profondément pessimiste et foncièrement libertaire »...
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