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Paul CÉZANNE (1839-1906). L.A., [Aix-en-Provence]…

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Paul CÉZANNE (1839-1906). L.A., [Aix-en-Provence]…

Paul CÉZANNE (1839-1906). L.A., [Aix-en-Provence] 24 juin 1874, à Camille Pissarro ; 4 pages in-8 (légère mouillure marginale).

Superbe lettre à son maître Camille Pissarro.
[Cézanne a quitté Auvers-sur-Oise pour aller voir ses parents à Aix-en-Provence et peindre dans le Midi où il n’était pas retourné depuis trois ans.]
Il remercie Pissarro de ne pas lui en vouloir de ne pas être allé le voir à Pontoise avant son départ. Il s’est mis à peindre dès son arrivée. Il compatit aux ennuis que Pissarro traverse avec des malades à la maison, en particulier le petit Georges, et pense que le climat de sa région en est peut-être la cause... «Je regrette que de circonstances nouvelles vous détournent encore de vos études, car je sais bien quelle privation c’est pour un peintre de ne pas pouvoir peindre. – Maintenant que je viens de revoir ce pays-ci je crois qu’il vous satisferait totalement. Car il rappelle étonemment votre étude en plein soleil et en plein été de la Barrière du chemin de fer»... Il évoque son petit garçon [Paul], dont il a eu des nouvelles par Valabrègue qui lui a apporté une lettre d’Hortense [sa maîtresse Hortense Fiquet, mère de Paul]...
Il a appris «le grand succès de Guillemet et l’heureux événement de Groseillez, lequel a eu son tableau acheté par l’administr. Après médaille. Voilà ce qui prouve bien qu’en suivant la voie de la Vertu, on est toujours Récompensé par les hommes, mais pas par la peinture»... Il aimerait avoir des nouvelles de Mme Pissarro après sa délivrance... Il voudrait aussi avoir des nouvelles de la « Société coop. » [la Société Anonyme des Artistes Peintres, Sculpteurs, Graveurs, qui venait d’organiser la première exposition des Impressionnistes, Boulevard des Capucines, avec plusieurs toiles de Cézanne]...
« Quand les temps seront proches, je vous parlerai de mon retour, et de ce que j’aurais obtenu de mon père, mais il me laissera retourner à Paris. C’est déjà beaucoup. – J’ai vu ces jours derniers le Directeur du Musée d’Aix, qui poussé par une curiosité, développée par les journaux Parisiens qui ont parlé de la coopérative, a voulu voir par lui-même, jusqu’où allait le péril de la Peinture. Mais sur mes affirmations qu’en voyant mes produits, il n’aurait pas une idée bien juste des progrès du Mal, et qu’il fallait voir les travaux des grands criminels de Paris, il m’a dit : “Je saurai bien me faire une idée des dangers que court la Peinture, en voyant vos attentats”. – Sur ce il est venu, et lorsque je lui disais par exemple que vous remplaciez par l’étude des tons, le modelé, et que je tachais de lui faire comprendre sur nature, il fermait les yeux et tournait le dos. – Mais il a dit comprendre, et nous nous sommes séparés contents l’un de l’autre. Mais c’est un brave homme qui m’a engagé à persévérer car la patience est la mère du génie etc. »...
Cézanne dit bien des choses à Pissarro de la part de ses parents. [Dans la Correspondance publiée par John Rewald, on peut lire quelques lignes supplémentaires de salutations à Lucien, Georges et Mme Pissarro, ainsi que des vœux et la signature, qui devaient être tracés sur un feuillet séparé qui manque ici.]
Correspondance (Grasset, 1978, p. 186).
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