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Paul GAUGUIN (184-1903). L.A.S., [Pont-Aven…

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Paul GAUGUIN (184-1903). L.A.S., [Pont-Aven…

Paul GAUGUIN (184-1903). L.A.S., [Pont-Aven septembre 1894], à William Molard ; 8 pages in-8.

Importante lettre où Gauguin annonce sa décision de quitter Pont-Aven pour retourner définitivement en Océanie.
Il n’a pu lui répondre : « Pendant deux mois j’ai du prendre le soir de la morphine et je suis abruti. Actuellement pour parer les insomnies je dois chaque jour me livrer à l’alcool qui me fait dormir 4 heures par nuit. Mais cela m’abrutit, me dégoûte. Oui je marche avec une canne en boitant et c’est un désespoir pour moi de ne pouvoir aller loin peindre un paysage : néanmoins depuis 8 jours j’ai recommencé à prendre les pinceaux. Tous ces malheurs successifs, la difficulté de gagner regulierement ma vie malgré ma réputation, mon goût pour l’exotique aidant m’ont fait prendre une détermination irrévocable. [...] En décembre je rentrerai et je travaillerai chaque jour à vendre tout ce que je possède soit en block soit en parties. Une fois le capital en poche je repars pour l’Oceanie, cette fois-ci avec 2 camarades d’ici Séguin et un Irlandais [O’Connor] ». Il est inutile de lui faire des observations : « Rien ne m’empêchera de partir et ce sera pour toujours. Quelle bête existence que l’Européenne vie»...
Il parle de la carrière diplomatique de Leclerq, du prochain retour d’Anna [sa compagne javanaise] à Paris : « pas toujours commode la petite femme ». Taoa [sa guenon apprivoisée] est morte : « elle était complètement en liberté et me suivait comme un chien même dans l’eau. Mais son esprit touche à tout lui a fait manger la fleur blanche du Youka et nous n’avons pu la sauver du poison qui avait agi toute la nuit ». Gauguin charge Molard de lui acheter des cordes pour sa guitare et un livre de la langue des Samoa.
Puis il raconte la suite judiciaire de la bagarre de Concarneau : « J’ai jeudi dernier été en police correctionnelle. Malgré toute la plaidoirie d’un avocat, malgré tous les torts barbares prouvés, il n’y a eu qu’une condamnation dérisoire. Et cela parce que dans ces petits pays la justice ne s’occupe que du parti Electoral »... Les dommages et intérêts ne couvriront pas les frais de médecin, d’avocat et d’hôtel, et pourtant la partie adverse fait appel. Il suggère de demander à Geffroy de faire un article dans un journal : «Il paraît qu’à Rennes les juges sont très sensibles à ces articles. [...] Comment on aurait droit d’assassiner ou estropier un innocent ; parce qu’il serait étranger au pays de Concarneau, sa maladie ses souffrances son temps perdu ne seraient rien car les bandits de Concarneau sont des électeurs, que mon agresseur est ami des autorités républicaines»...
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