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Ernest de GENGENBACH (1903-1979). 18 L.A.S.,…

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Ernest de GENGENBACH (1903-1979). 18 L.A.S.,…

Ernest de GENGENBACH (1903-1979). 18 L.A.S., La Tourette-Cabardès, Paris, etc. 1956-1962, au surréaliste Adrien Dax à Toulouse ; 35 pages la plupart in-4 (dont 6 cartes postales), enveloppes.

Intéressante correspondance de ce surréaliste dissident, occultiste et agent secret.
6 mai-2 octobre 1956. Gengenbach adresse 13 lettres à Dax. Envois de plusieurs documents (la plupart joints) : son manifeste dactylographié Brûlons l’Inquisition, plusieurs photomontages, épreuve d’affiche, d’un exemplaire grand luxe de son Judas ou le Vampire Surréaliste, coupures de presse, etc. Il veut éditer son texte sur La Messe d’or chez Pauvert… Il regrette le virage politique du Surréalisme : « Breton malheureusement, et c’est ce que les jeunes lui reprochent, a engagé politiquement le surréalisme, au lieu de l’engager ésotériquement, et il a engagé le surréalisme sur la stupide voie marxiste, athée, aboutissant à la plus abjecte domestication de l’esprit qu’on ait jamais imaginé. Victor Serge, et la bande à Bonnot, avaient donné l’exemple de l’action directe […] mais Breton a toujours attendu que les autres déclenchent la Révolution. Et il est tombé dans le plus conformistes des anticonformismes »… « Si après la connerie démentielle de l’expérience stalinienne Breton n’est pas guéri de la politique et récidive, alors c’est à désespérer »… Prédictions astrologiques, métaphysiques et ésotériques : « Nous entrons dans l’ère du Verseau et nous allons assister à des bouleversements traumatismes cosmiques, sociaux, planétaires »… Sur la crise algérienne : « J’ai été l’hôte à Alger du révolutionnaire Ferhat Abbas, quand il n’était encore qu’étudiant […] et dès cette époque il était à prévoir qu’il mijotait de rejeter à la mer les compatriotes de Charles Martel »… Critique des milieux littéraires : « De même que me fait rigoler la Nuit de la Poésie, qui a servi de prétexte à Isou et ses illetristes pour un chahut maison… Tout cela organisé sous le parrainage de Cocteau »… « D’accord avec toi sur le caractère falot des surréalistes belges »… Il se revendique d’un surréalisme authentique à la Artaud : « quand il flétrissait l’orientation stupide donnée à un mouvement qui devait être avant tout ésotérique et magique »… Il veut partir en vacances mais craint un conflit : « Nous ne pensons quitter notre ermitage qu’au début de septembre, si les palabres diplomatiques de tous nos perroquets politiques internationaux, n’aboutissent pas à l’éclatement d’une troisième conflagration mondiale, comme pendant les vacances de 1939 »... Dax ayant dit que Gengenbach n’est plus pris au sérieux les Surréalistes : « Il ne faudrait pas se tromper. C’est moi qui ne prend plus au sérieux Monsieur Breton et tout son groupe de fumistes »...
23 janvier 1960-22 juin 1962 (6 lettres). Quatre ans plus tard, il a oublié les fumistes : « Je suis à Paris, je vais voir Breton, mon œuvre sur le mysticisme érotique des Troubadours va être éditée. […] Péret est mort. Dominguez s’est suicidé. Breton est malade. Je suis devenu complètement cathare. Les Cathares du Languedoc ont été les seuls êtres à approfondir l’horreur de vivre bien avant Camus »… Il a vu l’Exposition Surréaliste : « à mon avis on eut pu faire mieux ». Il se plaint du délaissement de la presse : « Partout, mauvaise foi, refoulement etc. Paris est à vomir. […] J’étais en droit de m’attendre à une attentive sympathie, mais j’ai pu constater que la pagaïe et l’anarchie et la connerie de la “nouvelle vague” régnaient en maître à la RTF. Je n’ai pas insisté ». Sur son renvoi du groupe : « Le fait que j’ai refusé (comme Artaud) et continue de refuser de voir le Surréalisme détourné de son but par le séparatisme politique me sépare de Breton depuis la mort de Crevel et me rapproche d’Abellio. […] Il ne restera bientôt personne de l’équipe du début des temps héroïques du Surréalisme que nous formions en 1927 : Éluard est mort, Dominguez s’est suicidé, Péret vient de mourir. Breton (et il a toujours été ainsi depuis que je le connais) perd son temps à écouter des crétins, […] et néglige d’authentiques valeurs et d’indéniables porteurs de messages »... Il a reçu une lettre de la Présidence de la République, à propos de ses activités en Algérie : « Je vais sans doute être chargé de mission. Je suis le seul écrivain français qui est connu Ferhat Abbas, au début de sa crise de révolte à Alger en 1932 [...] Là aussi j’avais le droit de me faire entendre dans une revue surréaliste puisque c’est parce que je faisais partie de la révolution surréaliste que Ferhat Abbas m’avait accordé sa confiance. Enfin, libre à Breton de faire ses expériences, – libre à moi aussi de faire les miennes »… Il reconnaît plus tard que le fait d’avoir connu Abbas lui a valu des ennuis : son éditeur Jérôme Lindon des Éditions de Minuit a été incarcéré deux fois et n’a pu publier son Brûlons l’Inquisition ; en fait « Ma situation est devenue des plus dramatiques ». Il envisage une expatriation provisoire ; Abbas a pris contact et veut le rencontrer à Genève ; il a besoin d’argent pour gagner la Suisse d’urgence, et demande à Dax de l’aider à trouver les fonds, car n’étant relié à aucun parti, aucun mouvement politique, « Je suis anarchiste individualiste »… Etc.
On joint : 2 tapuscrits, Brûlons l’inquisition (13 p.), Le Moine et la Sirène (3 p.) ; 2 photomontages (pochette pour Brûlons l’inquisition) ; 1 L.A.S. à Éric Losfeld des éditions Le Terrain Vague ; 2 reproductions photographiques de photomontages ; une curieuse gouache érotique ; et une affiche Le Moine Troubadour...
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