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Pierre LOTI (1850-1923). 5 L.A.S. « Julien »,…

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Pierre LOTI (1850-1923). 5 L.A.S. « Julien »,…

Pierre LOTI (1850-1923). 5 L.A.S. « Julien », [1872-1889], à sa sœur Marie Viaud-Bon ; 13 pages in-8 ou in-12 (une lettre incomplète).

Belle correspondance à sa « sœur chérie » Marie, au cours de ses voyages.
[Las Palmas 1870, alors qu’il est aspirant sur le vaisseau-école Jean-Bart]. Il est allé « faire une longue promenade à terre, dans une vallée humide, entre de hautes montagnes vertes et couvertes de brume. Il pleuvait par torrents et je pataugeais au milieu d’une végétation herbacée assez semblable à nos foins du mois de Juin, mais trois fois plus haute, toute mouillée et très exotique. Je viens de rentrer trempé »… Il parle de son « frère » [Joseph Bernard, le « Jean » d’Un jeune officier pauvre], qui vient d’apprendre la mort d’un jeune frère, et qu’il doit consoler : « Je l’admire tous les jours davantage à mesure que je le connais plus profondément »...
San Francisco mai [1872]. Il lui envoie par la Néréïde « une caisse contenant des dessins de l’île de Pâques, pour que tu les fasses passer, par l’intermédiaire de Nelly ou d’une autre personne, à un journal illustré quelconque ; je préférerais le Tour du monde si cela se publie toujours ; en second lieu l’Illustration ». Il y a joint des documents pour qu’elle puisse rédiger un article d’accompagnement. « Je t’envoie entre autre un cahier sur lequel j’avais écrit, jour par jour, les incidents de mon séjour là-bas, avec des détails d’une minutie exagérée. […] ce pays était jusqu’à ce jour peu connu » ; il envoie aussi des « hiéroglyphes […] Ce sont des empreintes que j’ai prises sur des morceaux de bois gravés, frottant dessus avec un crayon. Je ne crois pas qu’on ait envoyé encore en Europe de spécimen de cette écriture. […] Cette écriture s’appelle : Timo te ako ako. […] Les gens qui savaient la lire sont morts ».
Valparaiso 18-30 juillet [1872]. Au retour de Tahiti, belle évocation qu’on retrouvera dans Un jeune officier pauvre : « Cette grande baie, ces goëlands, ces vilaines montagnes rouges, et ces grands pics des Andes couverts de neige, j’ai salué tout ce monde comme de vieux amis. – Cette vue a ressuscité quantité de vieux sentiments oubliés, et très difficiles à définir – relatifs à notre arrivée dans les mers du Sud, à la crainte d’être séparés, […] enfin au départ pour Tahiti que jusque là je n’avais vu qu’en rêve »… Puis il rétablit la vérité sur la « famille tahitienne » qu’aurait laissée là-bas leur frère Gustave : « Ces enfants de Gustave n’existent pas, ce sont les fils d’un autre ; il n’a rien laissé là-bas de lui-même, et tout ce qui était lui est bien éteint en ce monde. Je me suis laissé tromper comme un petit enfant par cette femme, moi qui me croyais défiant, qui pensais avoir un peu l’expérience des gens ; je me suis laissé prendre à ses larmes, à son charme, j’ai accepté en aveugle tout ce qu’il lui a plu de me faire croire, sans avoir même un soupçon. Pendant trois mois, je m’étais habitué à l’idée de ces deux enfants ; j’étais heureux de leur existence ; ils m’étaient devenus nécessaires. Quand j’ai découvert cette imposture, c’était un soir, dans l’île de Morea ; j’étais assis devant la case de la vieille mère de Tarahu, le petit Taiivira auprès de moi, il ne ressemblait en rien à Gustave, quoi qu’en eut dit Tarahu, et cependant je m’étais attaché à lui »...
Mercredi [Bucarest automne 1887] : « Tout se passe à mon gré dans mon voyage. Tu as eu de la bonté de reste de te tracasser de ces articles de journaux ; c’était à prévoir ; si tu savais le dédain que j’en fais »…
[Rochefort décembre 1889, à propos du Roman d’un enfant et de l’évocation de la plage de la Brée sur l’île d’Oléron] : « Chère petite sœur, Veux-tu parcourir de suite ce passage où je me suis permis de prendre quelques paragraphes de tes notes sur la Brée, – et dis-moi, avant la publication, si tu m’y autorises ou si cela te contrarie »…


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