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Pierre LOTI (1850-1923). 24 L.A.S. (une non…

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Pierre LOTI (1850-1923). 24 L.A.S. (une non…

Pierre LOTI (1850-1923). 24 L.A.S. (une non signée), 1884-1894, à Marcel Sémézies à Montauban ; environ 50 pages la plupart in-12 ou in-8, 2 enveloppes.

Très belle correspondance amicale et littéraire, d’abord signée « Julien Viaud » puis « Pierre Loti ».
[Marcel Sémézies (1858-1935), de Montauban, avait quitté la magistrature pour se consacrer aux lettres : poète, romancier, journaliste, érudit, secrétaire général de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Tarn-et-Garonne, il se lia d’amitié avec Pierre Loti, à qui il rendit visite à Rochefort, et qu’il fit entrer dans la « Compagnie des Mousquetaires gris de M. de Baugé » sous le nom de Simbad le Marin. Il a laissé des Mémoires de ma vie et de mon temps (Montauban, 2004).]
La correspondance commence au début de leur amitié, en 1884, lorsque Sémézies rend visite à Loti à Rochefort : « vous aurez un désenchantement certain quand vous verrez le garçon tout ordinaire et “comme tout le monde” que je suis. Tant pis, je vous reçois avec grand plaisir »… Remerciements pour l’envoi d’un poème : bien qu’il n’aime pas en général les vers, « je les aime quand ils sont jolis et je vous assure j’ai beaucoup aimé le sonnet […] ; seulement vous avez peint trop beau mon logis, et les femmes vont en rêver »… Séjour de Loti à Montauban : « Merci aux mousquetaires [Les Mousquetaires gris, groupe littéraire fondé notamment par Sémézies] du bon accueil que j’ai reçu »… Félicitations pour le roman de Sémézies L’Étoile éteinte (Ollendorff 1886), « bien joli livre […] écrit par un garçon de cœur – allons, vous êtes un gentil petit mousquetaire, vous avez du talent et je vous serre la main en vous prédisant mille bonnes choses pour l’avenir »… [Octobre 1886]. Loti l’invite à son mariage et lui demande l’adresse des Mousquetaires habitant Bordeaux pour les convier à la bénédiction… C’est au tour de Sémézies de se marier, mais Loti ne peut pas venir… Touchante lettre suite à une fausse couche : « personne mieux que moi ne peut comprendre votre chagrin » ; il espère que cet incident n’aura pas les mêmes suites graves que pour sa femme (qui avait vécu la même expérience peu de temps avant), et lui prédit pour l’an prochain un gentil bébé…
[Février-avril 1888]. Plusieurs lettres pleines d’une excitation palpable, à propos de la préparation du célèbre dîner Louis XI que donna Pierre Loti le 12 avril 1888 dans la salle médiévale de sa demeure à Rochefort. Loti expose d’abord son projet, en détails : « Le dîner aura lieu sous le règne du roi Louis XI, vers 1430. Les mets et la manière de servir seront conformes aux usages de ce temps-là. Pour être admis, le costume de l’époque sera de toute rigueur ». Les invités sont priés de choisir des costumes de couleurs éteintes, comme « saupoudrés de la poussière du temps », ainsi qu’un nom d’époque, qui sera annoncé ; peu d’éclairage ; les fourchettes n’existant pas, il faudra s’en passer ; et « autant que possible on emploiera dans la conversation les formules et le langage du temps »… Loti compte sur son ami pour faire des recherches « sur les choses dinatoires de cette époque : menus, manière de servir, ustensiles à mettre sur la table, etc… Songez-vous toujours à votre entrée en Ménestrel ? ». Il le remercie et le félicite : « les deux pièces que vous avez apprises sont parfaites », il faut les réciter toutes les deux. Il va à Paris commander « un paon avec ses plumes, qui me semble un mets de rigueur », et veut des indications sur la vaisselle… Sémézies lui est d’une aide précieuse, mais Loti craint qu’il ait de ce dîner une vision trop grandiose et qu’il soit déçu. Il va faire essayer toutes les sauces et préparer tous les breuvages. « J’aurai un paon et des hérissons, mais je vais réduire le menu pantagruélique que vous m’envoyez : ma femme a été terrifiée ! […] et puis 13 valets pour servir ! Il ne resterait pas de place pour les invités ». Il y aura quatre valets et deux servantes costumés, « trois joueurs de cornemuse et un sonneur de cor ». Il s’inquiète du problème de l’éclairage, qui doit être authentique, mais son plus gros souci reste les animations de la soirée : comment donner un mystère ou une farce ? où trouver des acteurs ? C’est encore Sémézies qui va s’en occuper, à la plus grande satisfaction de son ami... Il faut aussi fabriquer les costumes, et le temps presse. Il s’interroge : peut-on garder son chapeau à table et porter « des diamants taillés » ?… Il s’inquiète des choix des instruments de musique de Sémézies pour son entrée : la guitare ?, mais la saqueboute est « plus du temps et plus décorative pour votre entrée ». Sémézies arrivera quelques jours plus tôt pour l’aider… Leurs épouses respectives s’échangent leur portrait photographique… [Fin 1888]. Après la fête, Loti s’ennuie à Rochefort et envie son ami qui voyage : « Moi je suis resté très sédentaire et morne ; je n’ai vu d’autre mer que celle d’ici […] Je commande un petit bateau appelé l’Écureuil, qui vraisemblablement ne s’éloignera pas avant l’automne de 89, – à moins qu’il n’aille se faire au Sénégal une légère promenade. L’envie de courir au large et au soleil me travaille terriblement ; si je ne suis pas déjà parti, c’est que j’attends un petit enfant au mois de février et c’est une grave inquiétude »… Loti encourage son ami à reprendre l’écriture, heureux qu’il soit revenu sur « votre mauvaise détermination de ne plus écrire. Ce serait très dommage »…
[Automne 1889]. Invitation : il donnera début novembre « une petite soirée en costume oriental, pour inaugurer mon logis arabe restauré. Tous les costumes musulmans (arabe, turc, persan, etc.) seront admis »… Rendez-vous sur la Côte d’azur : alors que Loti est en service sur le Formidable à Golfe Juan, il serait ravi de revoir son ami en fin de semaine : « J’ai promis d’aller à la bataille des fleurs »… [1891]. Remerciements pour l’envoi de son « charmant livre » Sous le dolman (Ollendorff, 1891). Il accepterait volontiers de le parrainer à la Société des Gens de lettre, mais il n’en fait pas partie... [Mai 1891]. À propos des calomnies dont il est l’objet après sa réception à l’Académie française : « dans le comique concert d’injures et d’inepties que mon discours a provoquées, on m’a accusé […] d’avoir eu une grand-mère anthropophage !!! »…
On joint 3 télégrammes, une carte d’invitation et une carte de visite avec ajouts autogr., une dédicace a.s. découpée de son discours de réception à l’Académie, de Pierre Loti à Sémézies ; une carte autogr. de Mme Julien Viaud au même ; une L.A.S. d’Émile Pouvillon à Sémézies au sujet de Loti ; et 6 L.A.S. de Samuel Loti-Viaud au même.
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