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Pierre LOTI (1850-1923). 75 L.A.S., 1885-1910,…

Lot 66
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Pierre LOTI (1850-1923). 75 L.A.S., 1885-1910,…

Pierre LOTI (1850-1923). 75 L.A.S., 1885-1910, à Julia Daudet ; 153 pages formats divers, la plupart in-8, quelques-unes à son chiffre (certaines à la devise Mon mal m’enchante) ou divers en-têtes, quelques adresses.

Importante correspondance à Madame Daudet. Nous ne pouvons en donner ici qu’un aperçu.
[1885]. Il a eu un extrême plaisir à recevoir son livre [Impressions de nature et d’art], qui l’a fait penser à un livre que M. Daudet lui a fait connaître, Idées et Sensations [des Goncourt], mais qu’il préfère : « il y a sans doute des choses qu’un homme, si délicat qu’il soit, n’est jamais capable d’assez bien dire. […] Votre livre me paraît être l’expression même, je dirais presque la définition, de la femme raffinée et exquise »… [Rochefort juillet 1889]. Remerciements pour son « petit livre d’adorable mère » [Enfants et mères] ; il comprend son chagrin, « moi qui n’ai pas de plus grande anxiété dans la vie, que de voir vieillir ma bien-aimée mère »… [Hendaye printemps 1892 ?]. Il reçoit Rose et Ninette, avec « une précieuse petite dédicace que je retiens comme une nouvelle promesse de mon grand ami. Vous auriez ici une hospitalité tout à fait modeste et campagnarde ; une paix absolue dans un recoin isolé, un petit jardin en terrasses où l’air et la vue sont incomparables, et puis des matelots et des canots à vos ordres pour remonter la rivière »… [Mars 1893], au sujet de la candidature d’Eugène Manuel à l’Académie : « J’ai déjà des engagements pris. Je ferai maintenant, pour M. Manuel, tout ce que ma conscience me permettra de faire »… [Janvier 1894]. Il a perdu ses Chansons grises, « moi qui ne perds jamais rien, surtout des choses qui me sont confiées. – Je le dirai à Hahn pour qu’il vous en envoie un autre exemplaire »… [1895], remerciant pour Poésies, « pour les beaux vers doucement tristes […] À certains passages, en lisant il me semblait vous entendre parler »…
“Le Javelot”, Hendaye 29 avril [1897], remerciant pour Notes sur Londres, « le charmant petit livre à couverture bronze. Il m’a donné une impression vive et étrange de société anglaise et de printemps voilé de là-bas. Il me semble que j’ai connu les gens dont vous parlez et que j’ai vu les grands parcs humides »… Hendaye 9 septembre [1898]. C’est à Rochefort qu’il voulait l’inviter : « ici, c’est un campement de bohémiens. Ceci dit, si une chambrette blanchie à la chaux, des chaises de paille et une simplicité rudimentaire ne vous font pas peur »… Sa femme et son fils sont partis : « Mais il me semble qu’un vieil académicien qui travaille dans les prix de vertu peut très bien recevoir des dames seules »…
[Mai ? 1902]. Il dit combien le souvenir de son « grand ami » lui est cher… « Je mène une vie absurde, accablé que je suis de service maritime. Entre les essais de torpilleurs qui me mènent en mer et mon récit de l’Inde auquel je ne puis travailler que la nuit, il ne me reste pas le temps de vivre »… [Mars 1903], remerciant pour Reflets sur le sable et sur l’eau : « Moi qui fais profession de ne pas aimer les vers […], je me suis laissé charmé par les vôtres comme par certains de Rodenbach : c’est autre chose, mais il y a autant de mystère sur les mots… » Il faudra commencer L’Inde par le milieu : « Ce qui est avant me paraît singulièrement négligeable »… – Il lui a envoyé L’Inde : « toute la première moitié est de M. Georges Ohnet »… [Avril 1903], il va tâcher de lui trouver une place pour la réception d’Edmond Rostand ; invitation à sa fête chinoise : « Ce sera vraiment un spectacle curieux, l’arrivée de l’Impératrice de Chine »… [Juin 1903]. Il se réjouit du mariage de Léon : « il aura trouvé là le port et le refuge ». Il part pour deux ans : « Je vais commander un beau bateau dans le Bosphore et les parages d’alentour ; comme je suis aux trois quarts bédouin, cela me plaît, j’en suis content avec mélancolie »…
[Le Caire] 19 mars [1907]. Longue explication de la cause du froid survenu entre eux, à propos de sa nièce qui « est un peu comme ma petite sœur ou ma fille » ; il est cependant touché d’être rappelé : « Les chers souvenirs que vous évoquez, l’ami qui n’est plus, le temps où nous lui chantions la jeune princesse, votre accueil que je retrouvais toujours en revenant de mes longs voyages, si vous saviez comme cela est resté vivant dans mon cœur ! »… Rochefort mercredi [12 février 1908]. « Mercredi 19, mais je crois bien que cela tombera le soir de la première de Ramuntcho à l’Odéon »… Décembre 1909, il lui réserve une place pour la réception de Jean Aicard. – Il est grippé, ainsi que Jean Aicard : « nous sommes deux pauvres oiseaux du Midi, que tuent les brumes de Paris et surtout ses calorifères », et risquant d’être « ridicules et lamentables »… [Avril 1910]. Il va lui envoyer un billet pour « la canonisation » de Marcel Prévost ; il veut lui faire plaisir en soutenant la candidature de Pomairols… Il craint de ne lui avoir rien dit de ses Souvenirs autour d’un groupe littéraire : « c’est une des formes de l’affaissement sénile […] Tout ce que vous avez bien voulu dire de moi était discret, délicatement flatteur et m’a fait un vrai plaisir […] J’avais été si blessé au contraire de certains passages du journal de M. de Goncourt »… – Il a soutenu sans succès Ma fille Bernadette de Francis Jammes, mais a su par Thureau-Dangin que Jammes « est sûr d’avoir l’un des plus grands prix de poésie »… Hendaye 1er mai [1910]. Il ne pourra assister à la pose de la pierre commémorative de François Coppée… Hendaye 6 novembre [1911], en faveur de Louis de Robert pour le concours de la Vie heureuse… [4 juin 1912] : « une chose qu’il faut bien que je vous dise, bien que cela me soit très pénible : je ne voudrais plus rencontrer Léon, car il a écrit des choses telles que je ne pourrais lui serrer la main »… [1913], envoi de Turquie agonisante : « des gens m’avaient affirmé, dans des salons parisiens, vous avoir entendu critiquer sévèrement mes plaidoyers pour les Turcs. […] Quel inconcevable aveuglement est celui des catholiques de France qui s’obstinent à marcher avec leurs pires ennemis, les Orthodoxes ! et surtout les Exarchistes ! »… Hendaye Lundi [1914], il votera pour Henry Bordeaux. Puis sur Léon Daudet : « J’ai haussé les épaules tristement, à la lecture du tissu de petites sornettes haineuses que ce pauvre Léon vient d’écrire sur moi » ; il est inexcusable, « sachant l’affection si ancienne qui m’attache à sa famille et à la mémoire de son père. Je m’étais détourné de lui parce qu’il a calomnié odieusement et sciemment la religion de mes ancêtres [protestants]. […] Je le plains de vivre perpétuellement dans l’ironie et la haine »…
Aux armées 12 janvier 1916. Il a quitté Paris « pour les armées de Champagne, où je suis plus près de mon fils, et plus près du feu »... Rochefort 25 décembre [1916]. « Je vous assure que je suis un ami fidèle, quoi qu’ait pu en écrire notre pauvre Léon, parmi tant d’autres billevesées malveillantes »… 1er février 1917 : « jamais, jamais plus je ne reparaîtrai en public, à aucun prix […] J’ai fini mon petit bout de rôle, je suis tristement remisé »… 28 décembre 1917 : il ne fait partie d’aucune commission à l’Académie, où il n’a presque pas mis les pieds depuis le début de la guerre, et où il n’a pas d’influence… « Mon fils Samuel vient d’obtenir une belle citation à l’ordre du jour ; mais je vis dans une continuelle angoisse à son sujet »… [Septembre 1918] : « j’ai fait mon temps dans ce monde, je suis de la classe, alors je me retire de plus en plus de tout et de tous ; je vous demande d’être indulgente pour mon grand âge d’antédiluvien »… [Janvier 1919], il considère comme « une petite redevance à vie » de réserver à Mme Daudet une de ses deux cartes pour les réceptions académiques. « J’ai commencé un livre [Prime jeunesse] auquel je m’intéresse avec passion et que je voudrais finir avant de mourir »… Rochefort novembre 1919. Il ne reviendra plus à Paris : « J’ai décidément fini mon petit rôle terrestre ; mon temps me déplait et m’épouvante ; je ne peux plus m’y adapter et je me retire dans l’ombre »… Il va lui envoyer ses « souvenirs de jeunesse, […] un livre qui prouve bien les affirmations de Léon, à savoir que “l’éducation protestante n’est autre que matérialiste et athée” »… Mars 1920, annonce du mariage de son fils Samuel…
Ailleurs, il adresse, accepte ou décline des invitations, il signale ses passages à Paris, évoque des prix littéraires et des réceptions académiques, etc.
On joint une L.A.S. de son fils Samuel Viaud, à Julia Daudet, au sujet de la publication des lettres de Daudet conservées dans le journal de Loti.
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