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Pierre LOTI (1850-1923). Manuscrit autographe…

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Pierre LOTI (1850-1923). Manuscrit autographe…

Pierre LOTI (1850-1923). Manuscrit autographe signé, Visite à la Reine, 1898 ; 5 pages grand in-fol. découpées pour l’impression et contrecollées sur cartes, avec quelques ratures et corrections.

Récit d’une visite à la Reine d’Espagne Marie-Christine, en pleine guerre hispano-américaine.
Ce récit, daté en tête « Madrid, samedi 30 avril 98 », a été publié dans Le Figaro du 6 mai 1898, et recueilli en 1899 dans Reflets sur la sombre route. Le titre primitif, rayé sur le manuscrit, était : « Au Palais de Madrid ».
Loti relate sa visite à la Reine régente d’Espagne Marie-Christine (veuve d’Alphonse XII), quelques jours après la déclaration de guerre des États-Unis à l’Espagne ; cette guerre fera 100.000 morts du côté espagnol qui perdra Cuba, les Philippines et Porto-Rico. Cette visite de Loti, qui venait d’être mis à la retraite d’office, reste assez mystérieuse ; largement relayée par les articles qu’il envoie au Figaro (du 2 au 31 mai), elle avait peut-être au départ un aspect officieux, mais des pressions semblent avoir été très vite exercées sur Loti pour observer une certaine neutralité.
Loti évoque la foule madrilène, « guettant les nouvelles, excitée par le vent de la guerre », et les promenades élégantes sous les ombrages. Il raconte son arrivée au palais royal, son attente « dans les immenses salles aux splendeurs anciennes »... Il se souvient de la Reine qui l’accueillait souvent à Saint-Sébastien. La Reine lui accorde l’audience : « Sa Majesté daigne me recevoir aujourd’hui, me remercier d’être venu. Mais voici que ce trop précieux remerciement me trouble et me gêne, comme d’ailleurs l’accueil que l’on veut bien me faire à Madrid, car j’ai conscience de ne point mériter tout cela, puisque je n’ai aucun moyen, hélas ! de seulement prouver ma dévotion pour une cause qui m’est cependant si chère ; étranger ici, retenu par les lois de neutralité, je n’ai même pas le droit d’offrir ma vie, comme le plus obscur des soldats espagnols. Et tout à coup je me sens confus d’être venu, confus d’avoir demandé cette audience en un pareil moment, confus de tout ce que j’ai fait, dans un élan sans doute par trop irréfléchi, puisqu’il était sans résultat possible. En m’excusant, je ne puis que répéter à la Reine ce que tous mes amis de France m’ont dit au moment de mon départ – et ce qui, je crois, ne serait désavoué par aucun français, – leur entière sympathie pour l’Espagne, leur révolte de la voir ainsi attaquée et abandonnée ». Loti rapporte la réponse de la Reine. Il voit ensuite le jeune Roi [Alphonse XIII] : « il m’apparaît grandi, très fortifié, embelli, les joues roses, les yeux vifs ; dans toute sa petite personne, une grâce élégante et fière »... Avant de quitter le palais, il va saluer l’archiduchesse Élisabeth d’Autriche, mère de la Reine...
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