• facebook
  • twitter
  • linkedin
  • instagram
  • art

Pierre LOTI (1850-1923). 26 L.A.S. et un…

Lot 74
1 500 - 2 000 €
Laisser un ordre d'achat
Votre montant
 €
Enchérir par téléphone
Enchérir par téléphone

Pierre LOTI (1850-1923). 26 L.A.S. et un…

Pierre LOTI (1850-1923). 26 L.A.S. et un manuscrit autographe signé, novembre 1912-novembre 1913, à Pierre Mortier, directeur du Gil Blas ; plus 18 télégrammes, 3 L.A.S. de son secrétaire Gaston Mauberger et une L.A.S. de Claude Farrère ; environ 56 pages la plupart in-8 ou in-12, 14 enveloppes, 18 télégrammes, et 2 coupures de presse jointes.

Intéressant ensemble au sujet de la guerre des Balkans et de la Turquie, au directeur du Gil Blas, dans lequel Loti publie, du 20 novembre 1912 au 15 mars 1913, ses « Lettres sur les Balkans » qui, augmentées de nombreux témoignages et documents, fourniront la matière de sa Turquie agonisante, ouvrage publié chez Calmann-Lévy en 1913.
Novembre 1912. Le 10, télégramme remerciant Mortier d’avoir été « plus courageux que l’autre » [l’article Encore les Turcs avait été refusé par Le Figaro]. Le 12, il s’excuse d’avoir proposé sa seconde lettre [Lettre sur la guerre moderne] au Figaro, « pour les besoins de la cause […] je voulais qu’on m’entende à l’étranger, et vous savez qu’à l’étranger c’est la Figaro qui est le plus lu. Mais, à présent que j’ai commencé à paraître chez vous, vous me reverrez, n’en déplaise à notre ami Calmette qui est le plus gentil des hommes, mais trop craintif »… Suivent télégrammes de corrections, renvois d’épreuves corrigées, remplacements de mots au dernier moment (par ex. « “raffinement du meurtre” par “impulsion vers le meurtre”), etc. Le 22, il s’inquiète : « Vous n’allez pas tarder, n’est-ce pas, à publier ma seconde lettre. L’heure presse » ; en cas d’empêchement, qu’on la lui renvoie « pour que je la fasse coute que coute paraître ailleurs ». Il faut y rajouter le petit couplet sur les Arméniens que Mortier avait coupé précédemment…
Décembre. Le 2, il insiste pour recevoir en double les numéros de Gil Blas qui contiennent ses lettres. « Vous savez que la publication de cette dépêche m’a brouillé à mort avec Calmette ; cela me fait vraiment de la peine »… Le 14, son secrétaire Mauberger annonce que le « maître » a encore deux ou trois lettres sur la Guerre des Balkans à confier au Gil Blas, mais qu’il tient à présent que « sa collaboration lui soit payée, afin qu’il puisse en envoyer le prix au Croissant Rouge Ottoman », laissant Mortier libre d’en fixer le montant… 30 déc. Il s’attendait à cette réponse : « de la part de la presse salariée, c’était à prévoir ». Il demande de supprimer la dernière phrase de sa 3e lettre : « “–bien que ma conscience m’oblige hélas ! à faire pas ailleurs mes réserves sur le caractère de ce peuple opprimé” »…
Février 1913. Affaire des officiers du Bruix, après un démenti paru dans le Matin (coupure jointe) sous le titre Les Officiers du Bruix démentent les affirmations de Pierre Loti, qui avait déclaré dans son ouvrage Turquie agonisante que les officiers du croiseur français Bruix avaient vu des soldats grecs ou serbes arracher les yeux à des prisonniers turcs à Salonique. Les officiers affirment que cette déclaration est fausse. En réponse à cet entrefilet « si pénible pour moi et si nuisible à la cause que nous défendons tous les deux », Loti prie Mortier d’insérer dans le Gil Blas sa lettre au Matin : « C’est dans Gil Blas même que j’ai eu cette information, sous la signature de notre ami Bargone [Claude Farrère] » ; il est persuadé qu’il a dit vrai. Manuscrit a.s. de sa lettre parue le 10 février dans le Matin, dans laquelle il reconnait que son confrère avait été mal renseigné, et que les officiers n’ont rien vu. Il aurait dû vérifier cette information : « Quel triomphe, que ce démenti, quelle joie pour tous ceux qui s’acharnent contre les vaincus et leurs défenseurs ! Cependant, quelques yeux crevés de plus ou de moins, ce serait de bien moindre importance, auprès des atrocités partout commises sur des milliers de musulmans »… 16 février : il remercie « de l’article que vous avez si spontanément publié pour me défendre. Voici une lettre de Claude Farrère, rétablissant les faits »... Farrère renvoie entretemps une plus longue seconde dépêche, les télégrammes se croisent, l’agitation est palpable, et finalement Farrère écrit à Mortier, en le priant de publier sans crainte sa lettre de défense que Loti ne souhaitait plus publier : « Il craint, me dit-il, d’attirer sur moi la meute des aboyeurs hellènophiles acharnée en ce moment contre lui-même. Je n’ai jamais eu peur d’aucune meute, et je vous prie instamment de publier la lettre en question »… Le 21, par pli recommandé, Loti prie Mortier de ne publier que la dernière lettre de Farrère, en ne changeant qu’une seule phrase…
18 avril. « Hélas ! non, malgré mon affection et admiration profonde pour Claude Farrère, je ne puis faire l’article sur son livre – pour des raisons que je vous dirai »… Demandes de publications, recommandations : en faveur de M. Odelin « qui a tant lutté pour nos pauvres amis de Turquie », et de M. André Gayat « très érudit, très lettré, conférencier à succès, qui souhaitait entrer au Gil Blas »… Loti suit toujours l’actualité turque avec la plus grande attention : « les événements de Stamboul me tiennent nuit et jour dans l’angoisse, dans l’indignation exaspérée ; je suis frappé en plein cœur et il ne faut rien me demander en ce moment ». Quoi qu’il fasse, il est raillé ou injurié dans la presse : « cela ne me gêne pas beaucoup, mais pourquoi aller au-devant »… Automne 1913. La seconde guerre balkanique a pris fin, et le traité de Constantinople a été signé le 29 septembre, entre la Bulgarie et l’Empire ottoman. Il envoie « un article de tête qui a épouvanté notre pauvre ami Calmette », qu’il prie de publier d’urgence sans rien changer : « Ces Bulgares et surtout leur Ferdinand nous révoltent »…
En novembre 1913, un jeune officier journaliste bulgare d’origine arménienne, Archag Torcom, provoque en duel Loti pour ses positions ouvertement pro-ottomanes. 5 novembre. Loti préfère d’abord garder le silence, « plus dédaigneux et digne », mais Gaston Calmann-Lévy « a entre les mains ma lettre toute prête, avec prière d’en faire faire plusieurs copies », à envoyer à plusieurs journaux, afin qu’elle ait le plus de retentissement possible… Aussitôt, les candidatures ottomanes pour le remplacer arrivent et Loti les fait publier : il a reçu un message d’Enver Bey, « le héros de Tripolitaine et d’Andrinople », qui lui envoie son aide-de camp exprès de Turquie ; et les lettres de « Deux nouveaux officiers turcs encore [qui] demandent à se battre avec l’Arménien-Bulgare », prêts à mourir pour l’honneur : «  À tous, M. P. Loti répond en les conjurant de ne pas relever un défi qui émane d’un fou »…6 novembre. « Tous ces braves gens qui veulent se battre pour moi m’obligent à sortir du silence ». Calmann-Lévy lui enverra sa lettre demain, et il espère qu’il ne lui en voudra pas de la publier simultanément dans d’autres grands journaux… Etc.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue