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René MAGRITTE (1898-1967). L.A.S. avec dessin,…

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René MAGRITTE (1898-1967). L.A.S. avec dessin,…

René MAGRITTE (1898-1967). L.A.S. avec dessin, samedi [28 mars 1959], à André Bosmans ; 3 pages in-8 au stylo bleu.

Belle lettre sur les peintres surréalistes, illustrée du dessin de son tableau L’Invention du Feu.
Magritte parle tout d’abord de son incompréhension en pataphysique, « un fait indiscutable », et de l’inutile, qui est « ce qui est nécessaire, c’est à dire ce qui nous manque »... Puis il évoque l’exposition qui eut lieu à Ostende en juillet-août 1953 sur l’art dit fantastique. Bosmans oublie dans son récit « ce qui me semble, avant moi, Ernst et ce superflu Dali que vous citez, tout d’abord à retenir : Chirico. Il est en effet le premier peintre qui ait pensé à faire parler la peinture d’autre chose que de peinture. [...] Je dirais ensuite que Ernst a parfois une réalité qui réveille notre confiance dans le merveilleux si elle s’endort. [...] Dali est superflu : cette Girafe en feu est par exemple une bête caricature, une surenchère non intelligente – puisque surenchère facile et inutile – de cette image que j’ai peinte montrant un morceau de papier en flammes et une clef en flammes, image qu’ensuite j’ai précisée en ne montrant qu’un seul objet en flammes : une trompette. [Dessin du tableau L’Invention du Feu]. [...] Dali prouve, par ailleurs, depuis quelque temps déjà, qu’il est bien de ce monde sordide où l’on fait une visite au pape et où l’on donne une valeur à la peinture historico-religieuse sans le moins du monde avoir des sentiments religieux qui justifieraient cette manière de “paraître” – ce qui est bien le signe de la superficialité qui est plus qu’abondante partout et toujours. La question du Néant qui vous passionne : (Il est la seule grande merveille du monde) ne me laisse pas indifférent, vous n’en doutez pas. Cette question qui nous concerne essentiellement est “traitée” par des techniciens qu’il est bien difficile de ­“suivre”. Les penseurs professionnels se comprennent sans doute malgré leur langage barbare et trop savant pour le simple “honnête homme”. Cependant, de la lecture maladroite que je fais de leurs ouvrages je conclus que, indépendamment de leur travail de construction, certains d’entre eux ont le sentiment de ce qui n’est pas à construire : le sentiment du mystère dont il est interdit de donner un sens sans tomber dans la niaiserie. Le Néant est un mot très éloquent, le mystère sous-entend pour les “beaux esprits” quelque chose “à percer”, “à expliquer”, ce qui signifie que ces “beaux esprits” ne savent pas de quoi il s’agit. Je pense que le mystère est le premier et le dernier mot et que le Néant est une “forme” du mystère à laquelle nous sommes sensibles, comme “l’un et le multiple” en est une autre. Du mystère nous n’avons que des idées = néant »...
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