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Claude MONET (1840-1926). L.A.S. « ton vieux…

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Claude MONET (1840-1926). L.A.S. « ton vieux…

Claude MONET (1840-1926). L.A.S. « ton vieux qui t’aime Claude », Londres Dimanche 3 février 1901, à sa femme Alice, « Ma bonne chérie » ; 8 pages in-8, en-tête Savoy Hotel.

Très belle lettre de Londres.
... « Il fait un temps des plus variable mais c’est splendide. à 9 h. j’avais déjà travaillé à 4 toiles et cependant en me levant à 6 h. j’ai bien cru que j’allais avoir une très mauvaise journée. Comme toujours le dimanche pas l’ombre de brume. Même c’était d’une netteté épouvantable, puis le soleil s’est levé aveuglant [...] La Tamise n’était que de l’or. Dieu que c’était beau si bien que je me suis mis à l’œuvre avec frénésie suivant le soleil et ses miroitements sur l’eau. Pendant cela, les cuisines s’allument. Grâce aux fumées la brûme est venue puis des nuages etc. ». Hier soir il est allé voir Sargent qui comme lui était resté enfermé toute la journée à travailler, et ils se sont promenés le long de la Tamise, à Chelsea, où ils ont vu de belles choses... « Sargent m’a de suite demandé si Madame Hunter ne m’avait pas dit du mal de lui l’autre soir, qu’elle lui avait écrit qu’elle ne comprenait pas que me sachant à dîner chez elle il n’ait pas jugé bon de venir que c’était ridicule à lui d’être pris par tant de dîners et de portraits des premiers venus, et il n’est pas très content disant qu’il est bien libre de vivre à sa guise et de faire ce qu’il veut »... Il reprend sa lettre à 2 h. ½ : « Je ne puis te dire cette journée fantastique. Que de choses merveilleuses mais ne durant pas cinq minutes, c’est à devenir fou. Non il n’y a pas de pays plus extraordinaire pour un peintre. Il est nuit en ce moment pour quelques instants seulement et j’ai dû allumer pour te griffonner mes sensations »... Il évoque avec nostalgie les joies familiales, auxquelles il voudrait se joindre, « mais j’ai aussi de grandes jouissances je vois des choses uniques, merveilleuses et je tripote de la peinture. Par moments je me monte la tête, pour retomber souvent dans ce terrible découragement que tu sais. Mais je reste vaillant avec l’espoir que tant d’efforts ne seront pas vains. Mais revoilà la lumière naturelle je m’arrête. 5 h. Ici je m’arrête tout à fait. Je viens de faire pochade d’un effet épatant et ma foi je suis fourbu vanné et vais aller me dégourdir et prendre l’air jusqu’à l’heure du dîner au café Royal où sans doute je verrai le jeune G. Moore »...
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