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Gustave FLAUBERT (1821-1880). L.A.S., Croisset,…

Lot 110
2 000 - 2 500 €
Résultats avec frais
Résultat: 4 875 €

Gustave FLAUBERT (1821-1880). L.A.S., Croisset,…

Gustave FLAUBERT (1821-1880). L.A.S., Croisset, Mardi gras [24 février 1852], à Henriette Collier ; 4 pages in-8.
Belle lettre, pleine de mélancolie. [C’est en 1842 que le jeune Flaubert, alors étudiant en droit, a fait la connaissance à Trouville de la famille Collier, dont les deux filles, Gertrude et Henriette, le séduisent particulièrement ; il les reverra souvent à Paris, dans leur maison du Rond-Point des Champs-Élysées, et songea même un moment à épouser une de ces deux jeunes filles.]
Il la remercie de sa « bonne petite et triste lettre [...] Quelle mauvaise chose que la vie, n’est-ce-pas ? C’est un potage sur lequel il y a beaucoup de cheveux, et qu’il faut manger pourtant. Aussi, souvent, le cœur vous en lève-t-il de dégoût ! Si nous vivions dans le même pays au moins, je pourrais comme autrefois au Rond-Point, quand vous souffriez trop, me mettre près de vous, vous prendre les mains, vous lire quelque chose qui vous fasse pleurer, ou vous dire quelque chose qui vous fasse rire, vous soulager un peu enfin. – Mais il en est toujours ainsi : ceux qui s’aiment sont séparés. Et l’on vit avec qui vous trouble. – Prenez patience pourtant, pauvre Henriette. Il n’y a rien de durable en ce monde, ni peine ni plaisir. – Et si l’humidité de la tristesse vous pénètre l’âme, comme un brouillard d’hiver, quelque soleil peut-être viendra plus tard vous la réchauffer de bonheur. Lisez, faites de la musique, tâchez de ne pas penser. C’est là le mal : rêver, – mais c’est pourtant si doux n’est-ce pas ? »...
Flaubert est passé, comme Henriette, « par des désillusions peu gaies. – A mesure qu’on vieillit, le cœur se dépouille, comme les arbres. Rien ne résiste à certains coups de vent. Chaque jour qui vient nous arrache quelques feuilles, sans compter les orages qui d’un coup cassent plusieurs branches. Et toute cette verdure-là ne repousse pas, comme l’autre au printemps »...
Flaubert pense à prendre un logement à Paris, « puisqu’il est probable que je me lancerai comme on dit. Et pourtant je n’en ai guère envie »...
Henriette peut encore garder l’album d’autographes de Louise Colet. Mais Flaubert veut recevoir le portrait d’Henriette à l’aquarelle [par Rossi, conservé au Musée Picasso d’Antibes]. Sa nièce Caroline apprend l’anglais : « Je crois qu’elle aura l’intelligence de sa mère ; mais elle n’en aura point la beauté. Je lis beaucoup de Shakespeare de mon côté et commencerai bientôt à le comprendre à peu près couramment. Ce poète-là et vous feront que j’aimerai toujours l’Angleterre »...
Correspondance (Pléiade), t. II, p. 47.
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