Henry de Triqueti et la chapelle Albert de Windsor

 
Après la mort du prince Albert en décembre 1861, la reine Victoria refuse l'inhumation de son époux dans le caveau royal traditionnel. Sa fille aînée, la princesse Victoria, transforme alors l'ancienne chapelle Wolsey en mémorial public, rebaptisée « Albert Chapel ». Le projet architectural est confié à George Gilbert Scott (1811-1878), figure majeure du mouvement néogothique.
 

C'est le baron Henri de Triqueti qui obtient, grâce au soutien de la princesse de Prusse, la décoration intérieure de cette chapelle. L'artiste français emploie une technique ancestrale redécouverte à Sienne : la « tarsia de marbre ». Ce procédé innovant marie sculpture et peinture par la juxtaposition de plaques de marbre polychromes, où perspectives et ombres sont créées par des gravures profondes remplies de ciment coloré.

Bien que cette technique soit d'abord jugée inadaptée le plafond étant confié au mosaïste vénitien Antonio Salviati en 1862. Triqueti finit par être désigné pour décorer les murs de la chapelle.



Un programme iconographique ambitieux
En étroite collaboration avec la reine Victoria, Triqueti conçoit un ensemble monumental comprenant quinze grands tableaux, six bas-reliefs, quatre-vingts médaillons sculptés et dix médaillons représentant la famille royale. Le programme iconographique rend hommage aux vertus et réalisations du prince Albert à travers des scènes bibliques : « Salomon reçoit les présents des rois de la terre » évoque ainsi les expositions universelles initiées par le prince.

Une œuvre collective de dix années
Triqueti consacrera les dix dernières années de sa vie à ce projet monumental, s'appuyant sur l'étude de modèles vivants et des collections égyptiennes du British Museum. Son assistant Jules Constant Destreez réalise les tarsias d'après ses dessins, tandis que son élève anglaise Susan Durant exécute les médaillons royaux.

Un symbole du rapprochement franco-britannique
Cette commande prestigieuse marque un tournant dans les relations artistiques entre la France et la Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle, illustrant la collaboration fructueuse entre artistes des deux nations.

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Date de la vente : 
Jeudi 12 février à 14h
Hôtel Drouot - Salle 9

Exposition publique : 
Mardi 10 février de 11h à 18h,
Mercredi 11 février de 11 h à 18 h
Jeudi 12 février de 11 h à 12 h

Contact : 
d.nordmann@ader-paris.fr
xavier.dominique@ader-paris.fr

Contact presse : 
paul.rocle@ader-paris.fr