CARL HAAG, UN AQUARELLISTE VICTORIEN DANS LE DÉSERT


A l’occasion de la mise aux enchères d’un portrait réalisé par Carl Haag (1820-1915), présenté lors de la vente d’art de l’Islam et de l’Inde du vendredi 26 février 2021, les spécialistes Marie-Christine David et Camille Celier reviennent sur l’étonnant destin de cet artiste qui quitta la cour de la reine Victoria pour croquer le quotidien des bédouins… Son aquarelle est estimée de 10.000 à 15.000 euros

La reine Victoria comme commanditaire
Grand voyageur, le peintre bavarois Carl Haag (1820-1915) a toujours été attiré par l’ailleurs. A l’âge de 26 ans, il quitte son Allemagne natale pour s’installer en Angleterre, où son talent d’aquarelliste le fait entrer au service de la cour victorienne. Il répond alors aux commandes du gotha et de la Reine Victoria elle-même. Les œuvres qu’il réalise à cette période font aujourd’hui partie des collections royales.

Troquer sa redingote de peintre de cour pour le chèche de l'artiste voyageur
Malgré le succès qu’il rencontre en Angleterre, Carl Haag ne souhaite pas rester là-bas. « Toujours en quête de nouveaux sujets et stimulé par sa soif de voyages, il décide de se tourner vers l'Orient, troquant sa redingote de peintre de cour pour le chèche de l'artiste voyageur », racontent les spécialistes Marie-Christine David et Camille Celier. Après avoir visité la Méditerranée, la Grèce et la Turquie notamment, il s’établit en Égypte. « Il partage alors un atelier dans une maison du quartier copte du Caire avec l'artiste anglais Frederick Goodall (1822 - 1904), graveur sur acier de renom ».




Partager la vie des bédouins
Haag et Goodall prennent l’habitude de travailler ensemble. « Le binôme aime croquer ensemble le peuple cairote et de la campagne alentour et fait régulièrement des excursions à Giza, Suez et dans le Sinaï pour partager la vie des Bédouins. La découverte de ces régions et les séjours qu'ils y effectuent se révèlent de véritables sources d'inspiration artistique pour les deux peintres qui livrent tels des souvenirs de voyages, des paysages désertiques, des scènes de vie et de nombreux portraits tels que celui de Ali ben Nasr Mansoor, fils d'un Sheikh bédouin du Sinaï », poursuivent Marie-Christine David et Camille Celier en précisant que l’aquarelle sera présentée aux enchères vendredi 26 février 2021 avec une estimation de 10.000 à 15.000 euros. Cette aquarelle a fait l'objet de nombreuses expositions à Londres où Carl Haag est finalement retourné vivre.

Les œuvres orientalistes de Carl Haag peuvent être admirées aujourd'hui dans des institutions prestigieuses telles que le Victoria and Albert Museum de Londres, la Royal Collection britannique ou le Tareq Rajab Museum du Koweït.

 

LOT n°2

Carl HAAG (1820-1915) Portrait d'Ali Ben Nasr Mansour, 1858 Aquarelle. Signée en bas à droite. Titrée en bas à gauche. Signée, datée, titrée et située au dos. (Petites restaurations). 34,5 x 24,5 cm Provenance…

Fiche détaillée