Jules RENARD. Manuscrit autographe, page du Journal, 18 [mai 1892] ; 2 pages petit in-4 de cahier (2 petites fentes).Rarissime page du Journal, une des deux seules échappées à la destruction des 54 cahiers par sa veuve abusive. L’autre page est conservée à la Bibliothèque nationale de France. Les quatre premières entrées ont été rayées à l’encre violette par Henri Bachelin lors de la préparation de l’édition du Journal chez Bernouard (1925-1927) sous la surveillance de Marinette Renard, mais restent lisibles : « un enthousiaste à chutes rapides. / 17. J’irai à son enterrement, s’il fait beau. / Les petites merdes de l’âme de Barrès digestion fiction – l’agneau. / Le doigt du papa qui cherche la bouche de l’enfant, la nuit – pour fourrer le bout de biberon ». Vient alors le texte publié sous la date du 18 mai 1892 [Pléiade, p. 127-128], avec quelques variantes (Bachelin l’a mis en forme pour l’édition, et a supprimé un paragraphe, rayé à l’encre violette). Jules Renard y rapporte une conversation avec J.H. Rosny aîné. « Rosny 36 ans : La petite chose niaise qu’est le symbole, qu’on nous cache avec tant de soin. Maintenant on apprécie les petits jeunes gens, non parce qu’ils ont du talent, mais parce qu’ils “cherchent le problème de la destinée !” […] Je ne cherche pas dans ma poche, Renard, parce que je me rappelle les trois du Mercure. – On trouve ma langue embarrassée, mais on ne sait pas que je me retiens. Quand j’ai à décrire un nuage, je fais effort pour n’employer que cinquante mots, car j’en ai deux cents à ma disposition. Dans les Corneilles, qui est un sujet de pendule, mais j’aime les sujets de pendule, j’ai dit la lune dichotome, pour ne pas dire la demi-lune qui est une image dégoûtante. […] Huysmans avec lequel je suis brouillé n’a pas d’intelligence. Mais j’avoue qu’il a bien rendu ses indigestions. Barrès aussi. C’est l’élève de Huysmans. Seulement il a transposé ses indigestions et a raconté les petites merdes de son âme ».  Ici Bachelin a biffé une r
Live Thursday 27 June 2013・14:00 (Europe/Paris)
Lot no. 126

Jules RENARD. Manuscrit autographe, page du Journal, 18 [mai 1892] ; 2 pages petit in-4 de cahier (2 petites fentes).Rarissime page du Journal, une des deux seules échappées à la destruction des 54 cahiers par sa veuve abusive. L’autre page est conservée à la Bibliothèque nationale de France. Les quatre premières entrées ont été rayées à l’encre violette par Henri Bachelin lors de la préparation de l’édition du Journal chez Bernouard (1925-1927) sous la surveillance de Marinette Renard, mais restent lisibles : « un enthousiaste à chutes rapides. / 17. J’irai à son enterrement, s’il fait beau. / Les petites merdes de l’âme de Barrès digestion fiction – l’agneau. / Le doigt du papa qui cherche la bouche de l’enfant, la nuit – pour fourrer le bout de biberon ». Vient alors le texte publié sous la date du 18 mai 1892 [Pléiade, p. 127-128], avec quelques variantes (Bachelin l’a mis en forme pour l’édition, et a supprimé un paragraphe, rayé à l’encre violette). Jules Renard y rapporte une conversation avec J.H. Rosny aîné. « Rosny 36 ans : La petite chose niaise qu’est le symbole, qu’on nous cache avec tant de soin. Maintenant on apprécie les petits jeunes gens, non parce qu’ils ont du talent, mais parce qu’ils “cherchent le problème de la destinée !” […] Je ne cherche pas dans ma poche, Renard, parce que je me rappelle les trois du Mercure. – On trouve ma langue embarrassée, mais on ne sait pas que je me retiens. Quand j’ai à décrire un nuage, je fais effort pour n’employer que cinquante mots, car j’en ai deux cents à ma disposition. Dans les Corneilles, qui est un sujet de pendule, mais j’aime les sujets de pendule, j’ai dit la lune dichotome, pour ne pas dire la demi-lune qui est une image dégoûtante. […] Huysmans avec lequel je suis brouillé n’a pas d’intelligence. Mais j’avoue qu’il a bien rendu ses indigestions. Barrès aussi. C’est l’élève de Huysmans. Seulement il a transposé ses indigestions et a raconté les petites merdes de son âme ». Ici Bachelin a biffé une r

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Jules RENARD. Manuscrit autographe, page du Journal, 18 [mai 1892] ; 2 pages petit in-4 de cahier (2 petites fentes).Rarissime page du Journal, une des deux seules échappées à la destruction des 54 cahiers par sa veuve abusive. L’autre page est conservée à la Bibliothèque nationale de France. Les quatre premières entrées ont été rayées à l’encre violette par Henri Bachelin lors de la préparation de l’édition du Journal chez Bernouard (1925-1927) sous la surveillance de Marinette Renard, mais restent lisibles : « un enthousiaste à chutes rapides. / 17. J’irai à son enterrement, s’il fait beau. / Les petites merdes de l’âme de Barrès digestion fiction – l’agneau. / Le doigt du papa qui cherche la bouche de l’enfant, la nuit – pour fourrer le bout de biberon ». Vient alors le texte publié sous la date du 18 mai 1892 [Pléiade, p. 127-128], avec quelques variantes (Bachelin l’a mis en forme pour l’édition, et a supprimé un paragraphe, rayé à l’encre violette). Jules Renard y rapporte une conversation avec J.H. Rosny aîné. « Rosny 36 ans : La petite chose niaise qu’est le symbole, qu’on nous cache avec tant de soin. Maintenant on apprécie les petits jeunes gens, non parce qu’ils ont du talent, mais parce qu’ils “cherchent le problème de la destinée !” […] Je ne cherche pas dans ma poche, Renard, parce que je me rappelle les trois du Mercure. – On trouve ma langue embarrassée, mais on ne sait pas que je me retiens. Quand j’ai à décrire un nuage, je fais effort pour n’employer que cinquante mots, car j’en ai deux cents à ma disposition. Dans les Corneilles, qui est un sujet de pendule, mais j’aime les sujets de pendule, j’ai dit la lune dichotome, pour ne pas dire la demi-lune qui est une image dégoûtante. […] Huysmans avec lequel je suis brouillé n’a pas d’intelligence. Mais j’avoue qu’il a bien rendu ses indigestions. Barrès aussi. C’est l’élève de Huysmans. Seulement il a transposé ses indigestions et a raconté les petites merdes de son âme ». Ici Bachelin a biffé une r
Sale Thursday 27 June 2013・14:00 (Europe/Paris)
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