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CHINE - époque QIANLONG (1736 - 1795)
Vase de forme bouteille à col étroit et légèrement évasé avec renflement près de l’épaulement en porcelaine émaillée polychrome et or sur fond jaune sur le col et sur la panse, dans un bandeau entouré d’une frise rose en forme de lingzhi à décor à la façon sgraffiato de fleurs de lotus dans leurs rinceaux, et de motifs de brocart formés par des triangles rappelant le patchwork. Les anses en forme de dragons émaillées or. La partie inférieure du col ornée d’une frise de grecques bleue. Le vase repose sur un piédouche ourlé. Au revers de la base, la marque en rouge de fer à six caractères de Qianlong en zhuanshu sur fond bleu turquoise. (Petits manques d’émail).
H. 26,3 cm

Références :
- Un vase similaire sur fond rubis et blanc vendu le 8 avril 2009, lot 1692, chez Sotheby’s Hong Kong.
- Un vase au motif similaire de patchwork en émaux cloisonnés, époque Qianlong, conservé au Metropolitan Museum, New York, n° 29.110.92

Provenance :
Ce vase a été collecté par monsieur G. G., capitaine au cent deuxième régiment d’infanterie de ligne, lors d’une expédition en Chine au XIXe siècle, campagne au cours de laquelle il a été décoré. Il a par ailleurs été nommé chevalier de la Légion d’honneur. Ce vase est depuis lors resté dans la famille.

Ce vase jaune émaillé polychrome et or, qui peut être rapproché des émaux dits yangcai, est représentatif de l’innovation technique avancée dans la fabrication de porcelaine sous le règne de l’empereur Qianlong (1735-1796). Non seulement original par sa forme, il l’est aussi par ses motifs.
Au cours de cette période, l’ingéniosité technique et la créativité de la dynastie Qing se trouvent à leur apogée, avec la création de nombreuses porcelaines destinées à satisfaire le plaisir de l’empereur et celui de la cour impériale. Celles-ci se manifestent non seulement dans la variété des motifs décoratifs, mais aussi dans la diversité de formes des récipients, de la simple tasse et soucoupe aux vases tournants complexes. Cette catégorie de pièces peintes faisait partie des types de porcelaines les plus prisées au sein de la cour Qing, et auprès de l’empereur lui-même. Ainsi, ces porcelaines très rares et précieuses doivent leur existence aux goûts esthétiques de l’empereur Qianlong et aux réalisations poussées de Tang Ying, superviseur des fours impériaux.
Selon Tang Ying, le terme de porcelaine yangcai désigne des « porcelaines sur lesquelles une nouvelle technique empruntée à la méthode de peinture occidentale est utilisée ». Ces porcelaines sont agrémentées d’émaux polychromes remarquables à décor de personnages, de paysages, de fleurs et de plumage, utilisant des techniques « de peinture de l’Ouest », apportées par les Jésuites. Les Archives des Ateliers Impériaux de l’époque les classent dans la catégorie des céramiques en émail de falang, « étranger ». Ces deux derniers types furent alors étroitement associés. Les porcelaines yangcai sont classées comme des émaux falangcai, des porcelaines peintes sur lesquelles sont apposées des techniques de peinture et des décors occidentaux. L’utilisation d’un ombrage, dans le rendu du décor sur les porcelaines, vise à donner au corps une qualité tridimensionnelle. L’ornementation d’un pigment blanc sur les motifs de fleurs ou de feuilles met en exergue l’ombre et la lumière, tout comme la peinture en perspective sur les compositions figuratives. Les motifs décoratifs se caractérisent principalement par des fleurs de style occidental, comme le chrysanthème et l’anémone, et l’utilisation de compositions florales occidentales.
Tang Ying, afin de satisfaire les exigences de l’empereur Qianlong, très regardant sur la qualité d’exécution des arts, crée un nouveau style, en utilisant la technique de motifs de brocart de fleurs. L’application des motifs de brocart de fleurs, dits ‘jin shang tian hua’, est réalisée par l’ajout de motifs floraux incisés ou par un fond de brocart peint sur la surface de la porcelaine. Il s’agit de la décoration la plus courante sur des porcelaines falangcai à partir de la 6e année du règne de Qianlong, indépendamment du motif principal ou en bordure. Sept siècles auparavant, le poète et calligraphe de la dynastie Song, Huang Tingjian (1045 - 1105), mentionne pour la première fois, dans son poème intitulé Une Ode au Monastère bouddhique de Liaoliao, l’expression ‘jin shang tian hua’ - mot à mot « ajouter des fleurs au brocart », c’est à dire « faire de ce qui est bon quelque chose de meilleur ». Or l’empereur Qianlong, lui-même calligraphe, poète et artiste, vouait une grande admiration à Huang Tingjian.
L’autre motif remarquable de ce vase est l’assemblage géométrique triangulaire que l’on retrouve sur la panse au centre des entrelacs et sur le col au niveau du renflement et surplombant les feuilles d’acanthe. Ce motif dit « de rizières », évoquant les champs juxtaposés, serait emprunté aux textiles damassés de l’époque, qui eux-mêmes s’inspiraient de textiles du XVIe siècle. Il était dit que les vêtements en patchwork assuraient une croissance harmonieuse aux enfants qui les portaient, ce qui en faisait un motif populaire durant les dynasties Ming et Qing. Ce motif peut également évoquer les textiles utilisés par les moines bouddhiques : en référence au vêtement porté par Bouddha, formé de haillons cousus ensemble, les suiveurs de sa doctrine portent un vêtement fait de plusieurs lés de tissus, provenant d’anciens vêtements assemblés pour faire une robe monastique.
Quant aux marques de règne, au cours des deux premières décennies du règne de l’empereur Qianlong, de nombreuses expérimentations de marques sont réalisées sur les porcelaines. Par exemple, parmi les porcelaines yangcai et falangcai de la collection du Musée du Palais National et du Musée du Palais, il existe au moins seize différents types de marques de règne de Qianlong. Parfois, on utilisait la marque de règne de Qianlong à quatre caractères en bleu sous couverte, parfois en rouge de fer, en cachet ou en écriture ordinaire, et parfois le format de cachet à six caractères en bleu de cobalt ou en rouge de fer. Certaines marques ont été écrites dans un cadre double, certaines dans un seul cadre et d’autres sans cadre. Les marques de règne inscrites en rouge de fer, étaient apposées à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’empereur.
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A MAGNIFICENT AND EXTREMELY RARE YANGCAI YELLOW VASE

QIANLONG SIX-CHARACTER SEAL MARK IN IRON RED FROM THE PERIOD (1736-1795)

This magnificent bottle-shaped vase with a narrow neck and slightly flared with a bulge near the shoulder in polychrome enameled porcelain called Yangcai. The vase is decorated in gold on a yellow background on the neck and on the belly in a band surrounded by a pink frieze in the shape of a Lingzhi with decoration in the Sgraffiato style of lotus flowers in their scrolls, and brocade patterns formed by triangles reminiscent of patchwork. The handles are in the form of gold-enameled dragons. The lower part of the collar is decorated with a blue Greek frieze. The vase rests on a hemmed pedestal. On the reverse of the base, you find the six-character iron-red mark of Qianlong in Zhuanshu on a turquoise blue background.

H. 26,3 cm

Reference: A similar vase with a ruby sgraffiato-ground sold on 8th April 2009 by Sotheby's Hong Kong (lot 1692).

Provenance: This vase has been collected by Sir G.G, Captain of the hundred second line Infantry Regiment in the 19th century. Since then, the vase has been in this French family.

This magnificent Yancai gold yellow vase, is a fine example of the technical innovation under the reign of the Qianlong Emperor (1735-1796). It is both original by its form and by its designs. During that period, the technique and ingenious craftmanship and the dynasty Qing creativity are at their highest point, with the creation of numerous porcelains in order to satisfy the Emperor and Royal court.

The design is obviously from this period due to the variety of the decorative designs but also in the diversity of the forms, from the simple porcelain cup and saucer to the complex turning vases. This category of painted pieces used to be the most prized porcelains in the Qing Court, and of the emperor himself. These very rare and precious porcelains have been made thanks to the aesthetic tastes of the Qianlong emperor and the qualitative realisations of Tang Ying, the supervisor of the imperial kilns.

According to Tang Ying, the Yangcai term refers to « porcelains with a new technique which is borrowed from the western painting ». These porcelains are embellished with outstanding polychrome enamels decorated with figurative paintings, landscape, flowers and feathers, using the western paintings brought by the Jesuits. The archives of the imperial workshop of that time classify them in the Falangcai, foreign enamel category. These two last categories became then quite associated. The Yancai porcelains are classified as Falangcai enamels and they are defined as painted porcelains using painting techniques and occidental designs. For example, the western shading technique on the porcelain design brings a degree of three-dimensionality to the overall composition. The use of white pigments on flowers and leaves create light and shadows highlights and painting in perspective on figurative compositions ; the use of western-style flowers, such as chrysanthemum and anemone, and the use of western floral compositions for a number of decorative motifs.

In order to satisfy the requirements of the emperor Qianlong regarding the quality of craftsmanship of the arts, Tang Ying creates a new style, using the technique of brocade motifs of flowers. The application of brocade motifs of flowers called 'jin shang tian hua', is carried out by the addition of incised floral motifs or by a painted brocade background on the surface of the porcelain. This is the most common decoration on Falangcai porcelains from the 6th year of the reign of Qianlong, regardless of the main motif or border. Seven centuries earlier, the poet and calligrapher of the Song Huang Tingjian dynasty (1045-1105) mentions for the first time in his poem entitled An Ode to the Buddhist Monastery of Liaoliao, the expression, ‘jin shang tian hua’ word for word “add flowers to brocade”, that is to say : “to make something good, something better”.

The other remarkable motif of this vase is the triangular geometric assemblage, which is found on the body in the centre of the interlaces and on the neck at the level of the bulge and overlooking the acanthus leaves. This motif called "rice fields", evoking the fields juxtaposed, borrowed from the damask textiles of the time, which themselves were inspired by textiles of the sixteenth century. It was said that the patchwork garments provided harmonious growth to the children who wore them, making it a popular motif during the Ming and Qing dynasties. This motif can also evoke the textiles used by the Buddhist monks: in reference to the garment worn by Buddha, formed of rags sewn together, the followers of his doctrine wear a garment made of several cloths of fabric, from ancient garments assembled to make a monastic dress.

As for the brands of reign, during the first two decades of the reign of the emperor Qianlong, numerous brand experiments are carried out on porcelains. For example, among the Yangcai and Falangcai porcelains in the collection of the National Palace Museum and the Palace Museum, there are at least sixteen different types of Qianlong reign marks. Sometimes Qianlong’s four-character reign mark were used in blue under cover, sometimes in iron red, with a seal or in ordinary writing, and sometimes the six-character stamp format in cobalt blue or in iron red. Some marks were written in a double frame, some in a single frame and some without a frame. The reign marks, written in iron red, were affixed on the occasion of the celebration of the emperor’s birthday

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