GENET (Jean). Le Condamné à mort. Fresnes,... - Lot 167 - Ader

Lot 167
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GENET (Jean). Le Condamné à mort. Fresnes,... - Lot 167 - Ader
GENET (Jean).
Le Condamné à mort.
Fresnes, septembre 1942. — Plaquette in-8, 213 x 135 : (8 ff. dernier blanc), couverture imprimée. En feuilles, couverture rempliée.

Édition originale très rare du premier livre de Jean Genet, publié en septembre 1942 alors qu’il était emprisonné à Fresnes depuis le 15 mai de la même année suite à sa condamnation pour vol.

Il s’agit d’un long poème dédié « À la mémoire de Maurice Pilorge assasin (sic) de vingt ans », délinquant guillotiné le 4 février 1939 qui fascina le poète et qui fut l’objet de ses fantasmes décrits dans le poème. Genet fit sortir son manuscrit de façon clandestine de la prison, et fit imprimer l’ouvrage à compte d’auteur à environ 100 exemplaires par un imprimeur de faux tickets d’alimentation qu’il avait rencontré lors de son incarcération.

Précieux exemplaire enrichi de dédicaces et d’un calligramme autographe sur deux pages, adressés par l’auteur à une certaine Monique Auburn qui désigne selon toute vraisemblance sa proche amie la scénariste et romancière Monique Lange (1926-1996), auburn faisant certainement référence à la couleur de cheveux de la dédicataire :

Sur le titre figure cette dédicace :
À ma petite // Monique // chérie // son // petit homme // Jean Genet.

À l’intérieur de la couverture, couvrant les deux contreplats :
J’ai bien mal dit // ma tendresse : hélas Monique, je suis mal, // C’est le talent des jolis matelots de cartes postales que je voudrais : “Ce que j’aime ô trésor // c’est vos beaux cheveux d’or”

Aux feuillets 7 verso et 8 recto figure ce calligramme en forme de sexe masculin :
Jean // Genet pour // Monique // Ciel je ne veux, dorée cette lumière qu’afin, ô fée, entre vos dents le muguet, de salive plus frêle, et de souffles coupés la moisson, savoir (?) un léger frisson d’air retenu à d’ignobles agrès suspendus aux fils par l’abeille ourdis, je ne peux croire au (ou un) seul pardon le soir des allumettes, il faut dormir, je veux chaque histoire est célèbre et raconte ma gloire il faut dormir !

Au verso du dernier feuillet se trouve enfin cette note :
Conseils // pour Monique Auburn // 1° A n’utiliser que sous cette forme // 2° pas de secundo. // marque d’affection : (dessin d’une bouche)
L’exemplaire comprend également 6 corrections autographes dans le texte. Il est enrichi de la reproduction en noir et blanc d’une photo de l’auteur dans son jeune âge, portant une dédicace, elle aussi reproduite, à sa « chère Violette », et d’un feuillet manuscrit de la main de M. Michel Malvaux certifiant avoir vendu l’ouvrage le 7 juin 1971.

La couverture est tachée et présente de petits points perforés que l’on retrouve également aux deux derniers feuillets. Déchirures au dos.
Provenance : Monique Lange (?), avec dédicaces de l’auteur. - Michel Malvaux.
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