• Emmanuel CHABRIER. Manuscrit musical autographe,... - Lot 14 - Ader

Lot 14
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• Emmanuel CHABRIER. Manuscrit musical autographe,... - Lot 14 - Ader
• Emmanuel CHABRIER. Manuscrit musical autographe, La Sulamite, [1885] ; 16 pages et demie in-fol. (env. 35 x 27,5 cm) sur 9 feuillets (et 4 ff vierges) soit un feuillet simple et 6 bifeuillets en cahier (bords du 1er feuillet un peu effrangés avec petit manque de papier marginal).
Manuscrit de travail de cette magnifique scène lyrique.
La Sulamite, scène lyrique pour mezzo-soprano et chœur de femmes avec orchestre, sur une poésie de Jean Richepin, a été écrite en 1884, et créée le 15 mars 1885 aux Concerts Lamoureux sous la direction de Charles Lamoureux, avec Mme Brunet-Lafleur (la future Mme Lamoureux), à qui l’œuvre est dédiée. Chabrier en réalisera en 1890 une nouvelle orchestration en 1890, qui sera donnée le 21 février 1892 par les mêmes interprètes.
Le manuscrit présente une mise au net soignée à l’encre brune de la partie vocale de la Sulamite (chant et paroles) et des dialogues avec le chœur, peut-être dans un premier état avant l’adjonction des chœurs d’introduction et de conclusion. Une première partie (7 pages), sur papier à la marque Enoch Paris Londres à 14 lignes, présentant 4 systèmes de trois portées par page, donne le premier air de la soliste, marqué Andante, depuis « Par dessus les collines »... jusqu’à « La chanson d’une fontaine ! » ; sur les quatre premières pages, Chabrier a esquissé au crayon l’accompagnement (45 mesures), et par deux fois il a noté des thèmes au bas des pages 5 et 6. Une seconde partie (10 pages) est notée sur papier Lard-Esnault à 14 lignes, et donne le second mouvement, marqué ici Allegro, depuis l’intervention du chœur : Pourquoi n’est-il point sur tes pas »… et l’air de la Sulamite, depuis « Lui ne pas m’aimer »… jusqu’à « Ah ! je le vois ! ». Les interventions du chœur sont écrites en petites notes et d’une fine écriture, alors que la partie soliste et ses paroles sont notées dans une écriture plus large. L’accompagnement est ici noté à l’encre tout au long, et Chabrier a porté par quatre fois des modifications dans la mélodie et dans la prosodie au crayon bleu. On relève des différences parfois importantes avec la version éditée.
Après le concert de 1885, Alfred Bruneau écrivait : « C’est un long cri d’amour, formidable en son paroxysme dernier. Le souvenir du bien-aimé, vague et si doux d’abord, comme un bercement de rêves, comme un souffle de brise, s’échappe des lèvres heureuses qui chantent alors la toute puissance des yeux, des dents, des crins, de la peau dorée sous les soleils dévorateurs et caressants. C’est un Hosanna triomphal qui, dans l’ivresse progressive du son, nous entrouve les portes paradisiaques des religions féminines, meurtrières, éternelles ». Debussy a souvent dit à Gustave Samazeuilh que, sans La Sulamite, il n’aurait pas écrit La Damoiselle élue. Quant à Poulenc, dans son livre sur Chabrier, il proclame : « La Sulamite est une de ses plus somptueuses pages d’orchestre ».
On joint au manuscrit la page de titre illustrée de la partition d’orchestre, portant une belle dédicace autographe signée : « A Madame Brunet-Lafleur, c’est le cas de le dire ! Étiez-vous assez délicieuse et charmeuse dans ce morceau que j’ai tant soigné. L’avons-nous assez travaillé tous les trois, vous, mon grand et très-cher ami Charles Lamoureux et votre serviteur ! Que j’ai passé à ce 5e de la rue St Lazare de douces soirées ! qu’on trouvait ça joli ! Que c’est lointain et comme on s’en souvient ! A vous deux de cœur, Emmanuel Chabrier. 14 avril 1893 ».
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