Edmond AMAN-JEAN (Chevry-Cossigny, 1860 - Paris, 1936) - Lot 155

Lot 155
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Edmond AMAN-JEAN (Chevry-Cossigny, 1860 - Paris, 1936) - Lot 155
Edmond AMAN-JEAN (Chevry-Cossigny, 1860 - Paris, 1936) Jeune fille à la robe au voile Huile sur toile. Signée en bas à gauche. 178 x 79,5 cm Expositions :  - Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, Paris, 1893, n°  11. - Internationalen Kunst-Austellung des Vereins bildener Künstler Münchens (A.V.) « Sécession «, Munich, 1893, n°  6b (fragment d’étiquette au dos).  Bibliographie :  - Raoul Sertat, Revue artistique. Le Salon du Champ de mars, Revue Encyclopédique, recueil documentaire et illustré, Paris, 1er juin 1893, reproduit p. 325-326. - Henri Bouchot, Les Salons de 1893, Gazette des Beaux-Arts, 1er juin 1893, reproduit p. 479. - Georges Cochet, La Peinture à Munich, Sécession, L’œuvre d’art, 20 septembre 1893, reproduit p. 2 - Patrick-Gilles Persin, Aman-Jean : peintre de la femme, Paris, Solange Thierry Editeur/Bibliothèque des Arts, 1993, n° 118, reproduit p. 93. Aman-Jean est élève d’Henri Lehmann à l’École des Beaux-Arts de Paris. Il y rencontre Alphonse Osbert, Alexandre Séon et Georges Seurat, qui laisse de lui plusieurs portraits et avec lequel il partage un atelier. Grâce à une bourse de voyage obtenue en 1886, Aman-Jean visite l’Italie où l’accompagnent Henri Martin et Ernest Laurent. La découverte des Anciens oriente son art et favorise un goût du décor que renforce encore sa proximité avec Puvis de Chavannes. Sens du monumental, chromatisme atténué et inspiration idéaliste caractérisent sa première période, influencée par l’éclosion du mouvement symboliste. Aman-Jean expose au Salon mais participe aussi d’emblée aux Salons de la Rose+Croix organisés de 1892 à 1897 par le « Sâr » Joséphin Péladan. Considéré comme un « peintre de l’âme », il fréquente les milieux littéraires et laisse un des plus beaux portraits de Paul Verlaine. Intéressé par les théories néo-impressionnistes de Seurat, Aman-Jean pratique alors un art très personnel, qui associe recherche chromatique  et allégories. Il participe à la Sécession munichoise en 1893. Si le peintre réalise par la suite plusieurs décors monumentaux, son art évolue vers un plus grand intimisme. Peintures et pastels y évoquent alors un univers féminin plein de rêverie et de charme où l’on reconnaît ses proches transcendés par une poésie toute «verlainienne». Ce grand tableau représentant une jeune fille en pied semble être plus une évocation symboliste qu’un simple portrait. Aman-Jean y exprime davantage une émotion et un âge de la vie qu’il ne souhaite représenter un modèle en particulier. Lorsqu’il commente dans la Gazette des Beaux-Arts l’envoi du peintre au Salon, Henri Bouchot vante : « la pensée attendrie et respectueuse d’Aman-Jean, le charme immatériel et la pratique douce et quasi uniforme » et décrit « des figures conservées tout juste pour y marquer l’âme. »  Très proche par sa facture de La Jeune femme au paon (1895) conservée au musée des Arts Décoratifs à Paris, cette toile s’inscrit en effet dans une esthétique inspirée par la fresque : atténuation de la profondeur, recherche décorative et subtilité chromatique y concourent à une « peinture de l’âme » dégagée de toute anecdote.
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