Georges ROCHEGROSSE (1859-1938). 27 L.A.S.,... - Lot 45 - Ader

Lot 45
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Georges ROCHEGROSSE (1859-1938). 27 L.A.S.,... - Lot 45 - Ader
Georges ROCHEGROSSE (1859-1938). 27 L.A.S., [vers 1898]-1900 et 1921-1924, à Jérôme Doucet; 60 pages in-8 ou in-12. Intéressante correspondance sur son travail de peintre et d’illustrateur. [Jérôme Doucet (1865-1957), écrivain et journaliste, était aussi bibliophile; il a dirigé la société Le Livre et l’Estampe.] De nombreuses lettres concernent l’illustration de Salammbô de Flaubert (Ferroud, 1900), et l’ouvrage de Jérôme Doucet, Trois légendes d’or, d’argent et de cuivre: Sainte Marie l’Égyptienne, le Beau Visage de la Mort, l’Âme du Samovar (Ferroud, 1901). De Tunis, il se réjouit de faire cette illustration: «je vois cela très, très travaillé et je sais que cela me demandera beaucoup de travail et de… temps»; il va avoir «beaucoup d’ouvrage non pour Salambô que je ne livre que dans 2 ans» mais pour des choses qu’il a dû lâcher pour partir, et voudrait s’entendre avec Doucet sur le prix. Il le tient au courant de son travail; frontispice, lettres ornées, culs de lampe; il envoie ses dessins à René Baschet dont il attend en retour des épreuves pour les colorier: «Je ne puis faire les coloriages sur les dessins, l’encre de Chine ne peut supporter l’aquarelle qu’au moins 1 an et demi ou deux ans après avoir été employée». S’il est en retard «c’est la faute de Flaubert qui a fait passer Salambô en Afrique .[…] et que je trime depuis le matin jusqu’au soir à faire des armures au soleil – ce qui me met du reste les yeux en capilotade»; le soir il est «trop éreinté pour travailler beaucoup à une chose aussi délicate que les dessins de la Morobovisage»… Il regrette de ne pouvoir illustrer ce bijou qu’est La Chanson des Gens dont les vers ciselés demandent une illustration très travaillée; il réserve son temps «pour faire bien la Mort au Beau Visage et l’autre»… Il félicite Doucet pour Sextine «mais nul tuyau sur Sanart Bernah (si j’ose m’exprimer ainsi). Connais trop peu Clairin pour recommandation efficace. Vous savez j’ai commencé Mage au beau Visort, enfin!» Il ne sait «pas quoi faire dans la lettre ornée du chap. II de “La Mort” [...] Je ne vois rien de “dessinable”», ni pour le dernier chapitre «réservant le veilleur de nuit pour le cul de lampe terminal»… Pour la légende de cuivre, il aimerait «quelque chose de très moderne, très mines de cuivre et très “machines” avec au travers passant des petits kobolds, personnes adonnées aux Mines, comme vous le savez, et très farces dans leur aspect». Il attenddes renseignements «sur les mines de cuivre de la Sibérie, que j’ignore de la façon la plus éclatante». À propos des grands luxes des Légendes, «je ne demande pas mieux que de vous faire des croquis aquarellés», mot qu’il préfère sur le prospectus à aquarelles «qui me paraît trop “gros” pour le prix étant donné les 1000 frs des exemplaires grand luxe de Salambô». Il fait une commande de papiers peints pour son appartement. Il a fini Le Sphinx et Meloenis: «Je l’ai supposée éclairée par des lampes posées par terre comme les danseuses flamenco». Après la mort de sa femme (1920), il signe en ajoutant l’initiale de son nom Marie; les lettres sont écrites de Djenam Meryem. 21 février 1921: de tous les deuils, «la perte de sa femme, quand on en a une vraie, c’est vraiment monstrueux contre nature […] j’ai absolument la sensation de l’amputation … et d’une blessure qui jamais, jamais ne se refermera». Pour obéir au vœu de la morte, il continue à travailler et est prêt à faire ce que lui demande Doucet «mais je vous ferai les aquarelles un bon tiers plus grand; vous en aurez ainsi le placement plus facile». 7 mars: il préfère ne pas «discutailler par lettre» d’histoires de sous, et le verra à Paris en mai. 11 octobre: il regrette de n’avoir pu le rencontrer à Paris, mais a fui «cette fosse à purin morale et physique»; il va faire l’aquarelle mais voudrait qu’il lui en laisse la propriété. 10 mars 1924: très ému par la dédicace du livre et par «la charmante œuvre d’art qu’est le livre en lui-même»…
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