Georges BERNANOS (1888-1948). Manuscrit autographe signé, La - Lot 11

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Georges BERNANOS (1888-1948). Manuscrit autographe signé, La - Lot 11
Georges BERNANOS (1888-1948). Manuscrit autographe signé, La maladie de la démocratie; 6 pages in-4 à l’encre bleue sur feuillets de papier quadrillé détachés d’un cahier. Bel et vigoureux article paru le 6 décembre 1945 dans La Bataille, et recueilli dans Français, si vous saviez..., au sujet de la formation d’un nouveau gouvernement par De Gaulle. Répondant à une analogie médicale de son confrère Royer-Collard, dans Combat, Bernanos déclare qu’une surveillance attentive de la démocratie ne suffira pas pour la sauver. «Il est malheureusement certain que l’intervention foudroyante se produira tôt ou tard, mais elle sera celle de César, de Napoléon, de Lénine, d’Hitler ou de Mussolini [...] Car la maladie dont souffre la démocratie n’est pas du tout [...] une maladie inconnue. Nous sommes parfaitement renseignés sur ses symptômes et son évolution»... Elle se manifeste par une baisse inquiétante de la température et une chute de la pression artérielle... «La démocratie française ne se croit visiblement pas appelée à une vocation héroïque, elle n’est pas disposée davantage au rôle sacrifié de l’inventeur, elle redoute les expériences [...] Elle est d’ailleurs moins tentée que jamais d’en courir les risques, de courir n’importe quel risque, depuis que le Maréchal a réussi ce coup de la rassurer sur sa médiocrité, d’apaiser ses derniers scrupules, de donner à sa médiocrité une signification morale, et même religieuse»... Dans cette situation, la partie entre De Gaulle et le parti communiste n’est pas égale. Mais les doctrinaires veulent faire de la démocratie l’honneur de la Résistance... «En avouant maintenant que la Résistance a été l’œuvre d’un certain nombre d’hommes décidés à mourir, perdus dans la foule de gens bien résolus à survivre, ils craignent de passer pour fascistes»... Il est en effet désagréable d’admettre que le cerveau de la démocratie ne réussit pas à imposer sa volonté aux membres, et que ce cerveau pense pour lui seul, aux dépens de sa propre substance, «condamné à réingurgiter ses propres sécrétions, muré dans sa boîte crânienne comme un prisonnier dans son cachot»...
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