Jean COCTEAU (1889-1963) 
4 L.A.S., janvier-février 1958; 1page in-4 chaque à en-tête de Santo-Sospir (sauf la 2e, écrite au crayon).
[20 janvier]. «J’arrive, il y a une heure après un terrible voyage parisien – mort de ma sœur et empoisonnement par du gin». Il explique le «choix minuscule» de Gérard Worms par le coût du livre, qui aurait été impossible «sans la gentillesse de Francine» [Weisweiller]…
Au dos d’un texte dactyl. de Jean Hugo sur Clergue. «Bien sûr on a choisi les plus belles d’entre les nouvelles de la suite gitane». Que Jean-Marie Magnan envoie ses textes à Paulhan et à Robert Mallet.
30 janvier. «Tout est lutte et la preuve que tes photographies ne sont pas des photographies c’est qu’elles provoquent les mêmes insultes que les toiles et que des poèmes. Je suis très heureux qu’on ne te sacre pas “joli” et “charmant”, mot d’ordre des imbéciles»…
3 février. «Il m’est difficile de rouspéter en personne car la pauvre Francine se saigne aux quatre veines pour aider Gérard [Worms] à remettre debout une affaire où Orengo n’a laissé que des dettes. Mais je t’approuve et j’ai moi-même dû faire recommencer le catalogue de la chapelle pour des raisons fort semblables aux tiennes. Mieux vaut ne pas faire les choses que les faire mal ou à demi. Peut-être estimes-tu qu’il faille rompre – en ce cas n’éprouve aucune gêne à mon adresse car cette époque de misère me dégoûte et m’a poussé à me ruiner exprès en offrant la chapelle aux pécheurs et la Mairie au Maire. Et ces gens trouvent encore le moyen de m’adresser des reproches parce que les impôts leur prennent quelques sous. Ah! misère!... J’en arrive à m’enfermer avec mes poèmes et là encore la moindre édition de luxe est une ruine»…

On joint 4 lettres de Lucien CLERGUE à Cocteau (doubles carbone), janvier-février 1958, et la minute autographe d’un télégramme.
CCC p. 46-49.

Les lots 24 à 68 sont vendus sur enchères provisoires avec faculté de réunion.
Live jeudi 10 avril 2025・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°42

Jean COCTEAU (1889-1963) 4 L.A.S., janvier-février 1958; 1page in-4 chaque à en-tête de Santo-Sospir (sauf la 2e, écrite au crayon). [20 janvier]. «J’arrive, il y a une heure après un terrible voyage parisien – mort de ma sœur et empoisonnement par du gin». Il explique le «choix minuscule» de Gérard Worms par le coût du livre, qui aurait été impossible «sans la gentillesse de Francine» [Weisweiller]… Au dos d’un texte dactyl. de Jean Hugo sur Clergue. «Bien sûr on a choisi les plus belles d’entre les nouvelles de la suite gitane». Que Jean-Marie Magnan envoie ses textes à Paulhan et à Robert Mallet. 30 janvier. «Tout est lutte et la preuve que tes photographies ne sont pas des photographies c’est qu’elles provoquent les mêmes insultes que les toiles et que des poèmes. Je suis très heureux qu’on ne te sacre pas “joli” et “charmant”, mot d’ordre des imbéciles»… 3 février. «Il m’est difficile de rouspéter en personne car la pauvre Francine se saigne aux quatre veines pour aider Gérard [Worms] à remettre debout une affaire où Orengo n’a laissé que des dettes. Mais je t’approuve et j’ai moi-même dû faire recommencer le catalogue de la chapelle pour des raisons fort semblables aux tiennes. Mieux vaut ne pas faire les choses que les faire mal ou à demi. Peut-être estimes-tu qu’il faille rompre – en ce cas n’éprouve aucune gêne à mon adresse car cette époque de misère me dégoûte et m’a poussé à me ruiner exprès en offrant la chapelle aux pécheurs et la Mairie au Maire. Et ces gens trouvent encore le moyen de m’adresser des reproches parce que les impôts leur prennent quelques sous. Ah! misère!... J’en arrive à m’enfermer avec mes poèmes et là encore la moindre édition de luxe est une ruine»… On joint 4 lettres de Lucien CLERGUE à Cocteau (doubles carbone), janvier-février 1958, et la minute autographe d’un télégramme. CCC p. 46-49. Les lots 24 à 68 sont vendus sur enchères provisoires avec faculté de réunion.

Estimation
700 € - 800 €
Résultat
Non communiqué
Frais de vente
30%
Jean COCTEAU (1889-1963) 4 L.A.S., janvier-février 1958; 1page in-4 chaque à en-tête de Santo-Sospir (sauf la 2e, écrite au crayon). [20 janvier]. «J’arrive, il y a une heure après un terrible voyage parisien – mort de ma sœur et empoisonnement par du gin». Il explique le «choix minuscule» de Gérard Worms par le coût du livre, qui aurait été impossible «sans la gentillesse de Francine» [Weisweiller]… Au dos d’un texte dactyl. de Jean Hugo sur Clergue. «Bien sûr on a choisi les plus belles d’entre les nouvelles de la suite gitane». Que Jean-Marie Magnan envoie ses textes à Paulhan et à Robert Mallet. 30 janvier. «Tout est lutte et la preuve que tes photographies ne sont pas des photographies c’est qu’elles provoquent les mêmes insultes que les toiles et que des poèmes. Je suis très heureux qu’on ne te sacre pas “joli” et “charmant”, mot d’ordre des imbéciles»… 3 février. «Il m’est difficile de rouspéter en personne car la pauvre Francine se saigne aux quatre veines pour aider Gérard [Worms] à remettre debout une affaire où Orengo n’a laissé que des dettes. Mais je t’approuve et j’ai moi-même dû faire recommencer le catalogue de la chapelle pour des raisons fort semblables aux tiennes. Mieux vaut ne pas faire les choses que les faire mal ou à demi. Peut-être estimes-tu qu’il faille rompre – en ce cas n’éprouve aucune gêne à mon adresse car cette époque de misère me dégoûte et m’a poussé à me ruiner exprès en offrant la chapelle aux pécheurs et la Mairie au Maire. Et ces gens trouvent encore le moyen de m’adresser des reproches parce que les impôts leur prennent quelques sous. Ah! misère!... J’en arrive à m’enfermer avec mes poèmes et là encore la moindre édition de luxe est une ruine»… On joint 4 lettres de Lucien CLERGUE à Cocteau (doubles carbone), janvier-février 1958, et la minute autographe d’un télégramme. CCC p. 46-49. Les lots 24 à 68 sont vendus sur enchères provisoires avec faculté de réunion.
Vente jeudi 10 avril 2025・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris