Une exceptionnelle et très ancienne statue représentant deux - Lot 28

Lot 28
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70000 - 100000 EUR
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Résultat : 221 000EUR
Une exceptionnelle et très ancienne statue représentant deux - Lot 28
Une exceptionnelle et très ancienne statue représentant deux jeunes femmes initiées de la société secrète Sandé (aussi communément appelée Bundu, du même nom que les masques heaumes des femmes initiées), leurs bras croisés dans le dos en signe de soutien, de protection et de solidarité. Elles sont représentées avec toutes les marques, signes, et symboles de l’initiation : d’importantes scarifications sur la poitrine, l’abdomen, et le visage, leur cou est lacé, formant des bourrelets symbolisant la beauté et la bonne santé mais aussi la renaissance (une analogie à la chrysalide), elles portent chacune un collier mais aussi une amulette attachée aux bras, deux attributs délivrés lors de l’initiation, et enfin leur coiffure de nattes tressées si sophistiquées renvoient, comme leur cou annelé, aux fameux masques Bundu d’initiation, phénomène unique dans toute l’Afrique. La société secrète Sandé (ou Bundu) est le pendant féminin de la société secrète du Poro pour les hommes, et c’est parce que la société secrète Sandé d’initiation des jeunes filles chez les Mende est réellement une société secrète que l’on sait très peu de choses sur l’utilisation et le rôle des statues anciennes telle que celle-ci ; et même si la société Bundu s’est popularisée chez nombre de ses voisins Temne, Gola, Vai, Sherbro, Bullom, juqu’au Bassa du Libéria, le secret a perduré. On distingue cependant deux types de sculptures Mende : des statues de femmes sculptées en buste qui sont des objets cultuels jouant le rôle d’intermédiaire avec Hale (La Force qui réside en chaque chose) et qui étaient utilisées pour la protection et la divination par une des trois sociétés secrètes Mende appelée Yassi, et celles sculptées en pieds qui seraient, d’après B. Gottschalk, des sculptures de prestige. Elles sont souvent appelées dans la littérature spécialisée Minsereh du fait de l’antiquaire anglais Oldmann qui acheta la collection de Thomas J. Alldrige qui séjourna sur la côte de la Sierra Leone chez les Sherbro et les Bullom et publia en 1901 The Sherbro and Its Hinterland, mais Alldrige n’atteint jamais l’intérieur du pays Mende. Cette œuvre provient de la collection de Mario Meneghini, incontestablement le plus passionné et de loin le plus fin-connaisseur des arts anciens du Libéria et de la Sierra Leone. Elle faisait partie de ses œuvres favorites et constituait une œuvre phare dans sa collection. Il en fit l’acquisition en 1979 à Monrovia, et elle porte toujours ses étiquettes marquées d’un point orange, celle-ci (M35) était le trente cinquième objet Mende qu’il acheta. De retour en Italie, il ne faisait aucun doute pour Mario Meneghini que cette sculpture était bien de la main d’un artiste Mende et non Temne comme cela fût commenté (les Temne mettant l’accent sur le front bombé des sculptures et des masques) et la coupe radicalement horizontale sous le fessier était pour Mario Meneghini une des caractéristiques évidentes de l’art statuaire Mende, cependant cet aspect se retrouve aussi sur les œuvres collectées très tôt par Alldridge chez les Sherbro et les Bullom. La grande ancienneté de cette œuvre est visible au premier regard de sa patine noire laquée exceptionnelle (caractéristique des masques et sculptures Mende faite d’un genre de « bitume » végétal de noir de charbon et d’autres secrets) mais aussi d’usures profondes, témoins de ses nombreuses manipulations. Cette ancienneté rare pour une oeuvre Mende, déjà clairement évoquée par Mario auprès de son ami Aldo Tagliaferri qui rédigea l’ouvrage sur sa collection en 2006, fut confirmé par un test de carbonne 14 commandité en 2019 par le musée du Quai Branly qui désirait très clairement en faire l’acquisition, mais l’histoire en a décidé autrement. Provenance : Collection Mario Meneghini, Commabio Italie, acquis en 1979 à Monrovia Libéria (#M35) Transmis par descendance Chantal Dandrieu Giovagnoni, Rome 2021 Collection Jean-Claude et Christine L’Herbette, Paris Publications et expositions : Meneghini et Tagliaferri, Collecting African Art in Liberia and Neighboring Countries 1963-1989, 2006, p. 163, #146 Cossa et Paudrat, Passion d’Afrique. L’art africain dans les collections italiennes, 2009, p. 76, #28 NOUS VOUS INVITONS A DECOUVRIR LA DESCRIPTION COMPLETE DANS LE CATALOGUE PDF
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