ANTONELLO da MESSINA (Messine vers 1430 - 1479) - Lot 1

Lot n° 1
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Estimation :
1000000 - 2000000 EUR
ANTONELLO da MESSINA (Messine vers 1430 - 1479) - Lot 1
ANTONELLO da MESSINA (Messine vers 1430 - 1479) Visage d'un jeune saint Panneau de sapin, une planche, non parqueté 30 x 21,5 cm Epaisseur : 2,9 cm Restaurations anciennes Provenance : Très probablement collection du comte Auguste de Forbin (1777 - 1841), peintre, élève de David, directeur du musée du Louvre (1816-1841) ; son château de La Barben (Bouches-du-Rhône) ; Acquis sur le marché de l'art à Marseille par l'actuel propriétaire à la fin des années 1980. Présenté par ce dernier à Michel Laclotte qui propose le premier l'attribution à Antonello de Messine. Antonello da Messine est un mythe de l’art occidental. Au même titre que Léonard de Vinci ou Vermeer. Il est connu pour un nombre très restreint d’images fortes et célèbres. Seulement une quarantaine de ses tableaux nous sont parvenus, dont une quinzaine de portraits iconiques et vingt-cinq sujets religieux. Autant dire que tout nouvel ajout à son corpus est un apport essentiel. Depuis le Vite écrit par Vasari, il est crédité du mérite d’avoir introduit le medium à l’huile dans la Péninsule, et d’avoir réalisé un pont entre la tradition réaliste de Van Eyck et Petrus Christus en Flandres et la première Renaissance italienne. L’artiste allie le sens néerlandais de la description au souci italien d’une immédiateté psychologique, humanisant un sujet sacré à travers un mode direct et intime qui invite le spectateur à une identification émotionnelle. L’intelligence d’Antonello à assimiler des influences diverses, la maitrise technique nordique, la spatialité florentine, la lumière douce de Piero della Francesca, son dialogue avec Giovanni Bellini lors de son séjour vénitien - font de sa synthèse la quintessence de l’art du Quattrocento, juste avant que Léonard de Vinci ne pousse encore plus loin ses découvertes. Ces caractéristiques sont présentes dans notre panneau inédit, comme la tendance de l’artiste à idéaliser la forme d’un visage en un volume géométrique de forme ovoïde. La frontalité de la figure, parfois enrichie d’une très légère rotation mettant en valeur le visage et ses particularités, est un autre aspect typique que l’on retrouve dans plusieurs de ses tableaux. La technique à l’huile lui permet d’étaler la couleur en couches transparentes successives, obtenant ainsi des effets de précision, de douceur et d’éclat, impossibles à la tempera. Le fond or et la forme des poinçons du nimbe sont comparables à certaines de ses œuvres encore conservées en Sicile, notamment au Jésus enfant du polyptyque de Saint Grégoire (Musée régional de Messine, vers 1472-1475). Notre saint partage de nombreux éléments avec ses chefs-d’œuvre universellement connus peints lors de son séjour à Venise, Le Condottiere (musée du Louvre) et surtout le retable de San Cassiano (Vienne, Kunsthistorisches Museum), où les visages se superposent presque. La manière de construire le regard est identique. Les couleurs rares comme celle de la robe de la sainte Lucie peuvent être comparées au ton vert du velours du col, et l’on perçoit en-dessous un début de brocart brun et or qui figure aussi sur la Madone du tableau viennois. Notre figure partage avec le Saint Sébastien de la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde (1478), le même aspect sculptural avec l’arcade sourcilière enfoncée, creusée par l’ombre, faisant ressortir le globe oculaire en relief, le dessin de l’arête nasale prolongée jusqu’aux sourcils, le menton arrondi, participant de la même recherche d’idéalisation et d’individualisation du modèle. Iconographie et datation En l’absence d’un attribut iconographique précis, il est difficile d’identifier notre figure. Il s’agit certainement d’un religieux, mais qui n’occupait pas la charge d’évêque. Il pourrait s’agir d’un diacre. L’ouverture de la robe au niveau du cou semblerait indiquer une dalmatique blanche et une robe en dessous de couleur brune. La tonsure des cheveux pourrait faire penser à l’ordre dominicain, cependant leur habit est aujourd’hui encore blanc et noir. Dominique de Guzmán aurait pu être un candidat possible, mais son iconographie comporte une allusion plus spécifique comme l’étoile qui l’accompagne souvent, au-dessus du nimbe. Nous pourrions aussi évoquer saint Laurent, diacre de Sixte. II et mort jeune, tel que l’a décrit Giovanni Bellini dans deux retables (Venise, Gallerie dell’Accademia et Pesaro, musée civique). [...] NOUS VOUS INVITONS À CONSULTER LA DESCRIPTION COMPLÈTE DANS LE CATALOGUE PDF.
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