Casimir BROUSSAIS (1803-1847) médecin. 3...

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Casimir BROUSSAIS (1803-1847) médecin. 3...

Casimir BROUSSAIS (1803-1847) médecin. 3 L.A.S. et un manuscrit autographe signé, Strasbourg septembre-décembre 1825, à son père François-Joseph Broussais ; 24 pages in-4
Longues lettres du jeune homme, alors étudiant à Strasbourg, exposant à son père l’aboutissement de ses réflexions.
28 septembre 1825. Après avoir évoqué un différend avec son professeur, il expose qu’il a d’abord étudié tous les systèmes, Condillac, d’Holbach, puis Rousseau, Voltaire, Victor Cousin, et en arrive à la conclusion que « l’être est nécessaire » ; la lecture de l’Évangile lui a fait voir qu’il faut être simple pour comprendre ce qui paraît absurde. Sensations et émotion se combinent pour former l’idée « de deux réalités : idée de moi et idée de non-moi, moi ému par non-moi agissant sur moi ». Le sentiment est l’action du cerveau : « homme sentant égale cerveau agissant », d’où la nécessité de maintenir « la régularité de l’action organique ».  La médecine, dont son père a trouvé « les principales vérités », comme toute science « s’établit donc sur l’observation immédiate de ce qui se passe en nous dans nos rapports avec le non-moi, mais cette observation est quelque chose de sérieux et de grave, et peu d’hommes sont dans l’état de simplicité ou de pureté qui seul donne de la solidité à ses résultats »… 20 octobre. Il répond d’abord aux objections de son père : avant tout, il y a sensation et sentiment ; il explique de nouveau ce qu’il entend par esprit de simplicité, et étudie l’action du cerveau dans la production de la pensée. Le mouvement organique du système nerveux ne peut avoir lieu sans cerveau. « La production de la pensée est pour moi l’inconnu » ; il place la raison après la sensation et le sentiment : « la base de la science n’est point du domaine du raisonnement, mais la confection de la science est son ouvrage »… Il joint la parabole Le peuple de la nature qui se démarque de l’ontologie philosophique mais le conforte dans sa pensée. 2 décembre. Les échanges se poursuivent sur les mêmes sujets ; le fils réfute les arguments du père, et en vient à la morale : « La morale n’est point une science, et nous faisons à tout instant des actes moraux. La morale doit-elle être soumise au calcul ? ». Selon lui « il n’y a pas de législation morale universelle », la morale est individuelle… Quant à la pensée comme opération du cerveau, il ne peut admettre que cerveau pensant se réduise à cerveau agissant et affirme : « la pensée est pour moi l’inconnu, mais encore : la pensée n’est pas le mouvement ». Il donne son opinion sur la doctrine de ceux qui veulent qu’il n’y ait qu’eux dans la matière… Etc.
On joint une copie d’époque des lettres de Broussais à son fis Casimir, 1825-1826 (90 pages in-4 et in-fol.).
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