Jeanne Louise Genet, Madame CAMPAN (1752-1822)...

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Jeanne Louise Genet, Madame CAMPAN (1752-1822)...

Jeanne Louise Genet, Madame CAMPAN (1752-1822) lectrice de Mesdames filles de Louis XV, secrétaire et confidente de Marie-Antoinette, institutrice et pédagogue, elle dirigea la Maison d’éducation de la Légion d’Honneur d’Écouen. Manuscrit autographe, [1816 ?] ; cahier in-fol. de 11 pages et demie liées d’un ruban rose
Important manuscrit justifiant sa conduite pendant la Révolution, proclamant sa fidélité à Marie-Antoinette, et en appelant au témoignage de Madame Royale.
« Avant la Révolution, ma famille étoit comblée des bienfaits de la Reine, ces bienfaits m’avoient attiré des ennemis », qui l’ont calomniée. « Le voyage de Varennes, est l’époque sur laquelle on s’est attaché à noircir ma conduite » ; or elle n’était pas à Paris « lors de ce funeste départ. Avant que je m’absentasse, la Reine m’avoit prévenue du projet, Elle vouloit prendre des mesures, pour trouver dans les Pays-Bas, divers objets ». Elle fit donc faire secrètement « un trousseau complet » qu’elle fit sortir de France par sa tante Mme Cardon. « J’emballai seule avec la Reine, les diamants qu’elle vouloit faire passer à l’étranger », et qui furent portés par le duc de Choiseul à Bruxelles, où Mme Campan fit aussi passer le nécessaire de la Reine. Puis la Reine fit partir Mme Campan près de son beau-père en Auvergne : « elle pensoit qu’en Auvergne j’aurois plus de facilité pour sortir de France, […] avec l’ordre formel de la rejoindre dès que j’aurois appris, quel étoit le lieu de son séjour en pays étranger ». Avant de partir, elle confia le portefeuille de la Reine à Mme Vallayer-Coster, « peintre en fleurs » (elle l’en retira en septembre 1791 pour le remettre à la Reine). « Je partis de Paris le 1er juin, j’appris au Mont d’or l’arrestation de la famille Royale. Mon beau père se mouroit, et nous ne revînmes qu’à la moitié du mois d’août », où elle reçut de la Reine un « accueil à la fois sensible et déchirant »… Mme Campan évoque alors les trahisons de la Rochereuil, femme de garde-robe, qui dénonça l’envoi des diamants et du nécessaire.
Elle ne quitta point la Reine jusqu’au 10 août. « La Reine se rendoit souvent dans mon appartement pour y donner des audiances, loin des yeux qui épioient ses moindres démarches. Chaque jour Sa Majesté, me chargeoit des comissions les plus importantes, la nuit je consolois ses veilles, et j’essuyois ses larmes ». Déjà on la calomniait, en la traitant de « constitutionnelle » à cause de son frère Genet ; mais elle rapporte les paroles de Louis XVI lui confirmant sa confiance... Au début de juillet 1792, le Roi lui confia « un énorme portefeuille […] La Reine me dit, que si l’Assemblée étoit assés criminelle pour oser faire un procès au Roi, ce portefeuille renfermoit des pièces, qui révolutionairement parlant lui seroient funestes, mais que cependant, il y avoit dans ce même portefeuille une pièce qui dans le même cas pouvoit être utile : c’étoit un procès verbal d’un conseil où Sa Majesté avoit opiné contre la déclaration de guerre »... Elle raconte ensuite le pillage de sa maison au 10 août, et comment elle échappa à l’emprisonnement en se déguisant en servante. Elle se rendit aux Feuillants pour servir Marie-Antoinette, qui l’incita (puis le regretta) à aller faire une déclaration au Comité concernant le pillage de ses papiers, démarche qui lui fut reprochée au retour des Bourbons. Elle raconte ensuite sa démarche auprès de Pétion (et les propos cruels de ce dernier) pour « demander la permission de m’enfermer au Temple avec la Reine », qui lui fut refusée…
Avertie que sa maison allait subir une visite domiciliaire, elle tira du portefeuille le procès-verbal qui pouvait être utile au Roi, et brûla les autres papiers : « Ces papiers détruits étoient : Les correspondances de Monsieur, de Monsieur le comte d’Artois avec le Roi, celle de Mesdames, des rapports, projets, et correspondances de plusieurs personnes attachées à la cause Royale ; toutes les pièces touchant les relations de Mirabeau avec la Cour, un plan de départ de la famille royale de la main de Mirabeau. Les anciens sceaux de l’Etat se trouvoient dans le portefeuille, je les fis jeter dans la rivière ». Elle fit remettre à Malesherbes « le papier qui pouvoit servir » et l’avis que tout le reste avait été détruit, ce dont Louis XVI la fit remercier…
« Après l’époque de la terreur, je me vouai à l’instruction publique. Douze cents françoises successivement confiées à mes soins ont appris de moi à reverer les vertus de Louis Seize, et de Marie Antoinette ». Elle proteste contre les calomnies portées contre elle notamment par les émigrés, invoquant plusieurs témoignages en sa faveur, et « la publicité que sous tous les gouvernemens, je n’ai pas craint de donner à mes sentimens pour la Reine »… Elle manifeste une certaine amertume face au silence du Roi, et demande à Madame de « faire disparoitre ces soupçons injustes et offensans »…
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