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Trésors retrouvés - De Foujita à Daniel Dreuilhe - Comment des œuvres inconnues de Léonard Tsuguharu Foujita ont été découvertes
« Aujourd’hui 15 juillet, je reçois quatre lettres, de Barrault, de Julia, du Dr Benet et de Daniel. Remercie-les et excuse-moi de ne pas leur répondre. Je n’ai droit qu’à trois lettres par mois. » « 15 juillet 1944 » in Quatre lettres de déportation à Youki, recueilli dans Robert Desnos, Œuvres, © Editions Gallimard
Daniel Dreuilhe, dit Dreuil, est né en 1928, le 10 janvier. Il grandit dans la proche banlieue, à Suresnes, aux pieds du Mont Valérien. Son père, Auguste Germain, né en 1885, était « monté » à Paris avec Jaurès. Ambulancier pendant la guerre de 1914-1918, il est artisan chauffeur de taxi lorsqu’il se marie avec Rose en 1927. On sait de cette dernière qu’elle écrivait et lisait des livres d’occultisme, tous écrits disparus dans l’autodafé de ses biens, suite à son suicide à l’âge de 32 ans.
Daniel lui aussi deviendra un immense lecteur et amoureux des livres, tout autant qu’il passera sa vie à écrire, certainement en lien avec cette Maman qui un mauvais soir avala une dose mortelle de gardénal, en donna autant à son fils unique mais prise de remords se rendit à l’hôpital où l’enfant Daniel fût sauvé. « On eût tort de négliger ma mère car en me sauvant on me fit orphelin. » écrit-il dans ce roman jamais publié dans lequel il relate son enfance jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.
Enfant rejeté par une belle-mère qui se venge sur lui de son mari volage et violent, il est éloigné par son père qui l’envoie en nourrice à la campagne, puis en pension. Il ne trouve réconfort que dans les jeux avec son copain de classe et l’amour de Mado, une amie de sa mère qui vient le chercher le dimanche, le chérit, s’en occupe dès que la belle-mère ne veut plus de lui, lui offre des gâteaux, un petit chien.
Daniel a onze ans lorsque le drame le frappe à nouveau, quand Mado devant lui se tire une balle dans la tête après avoir tué son chien. Double suicide, deuxième mort de sa mère, scène digne d’un film d’horreur. Il reste profondément seul, ébranlé par ce malheur qu’il devra porter sa vie durant. Ce qui lui restait d’enfance s’est enfui avec la guerre. Jeune adolescent rebelle, Daniel tente fugue lorsque son père veut l’inscrire aux jeunesses pétainistes. Commencent alors des années d’errance dans le Paris occupé où il va affronter son destin, se réfugier dans l’écriture et remettre son quotidien à la protection des ses bonnes étoiles, Rose et Mado. Daniel sait écrire mais avant tout, il a le don de parole et n’a aucune appréhension à aborder les passants, à raconter son histoire. C’est ainsi qu’à l’âge d’à peine 15 ans, en 1942, il rencontre Robert Desnos. Celui-ci est depuis l’année précédente rentré dans le réseau de Résistance « Agir ». Le poète est célèbre et les encouragements qu’il prodigue au jeune Daniel vont sauver celui-ci. Il l’encourage et le recommande à ses amis, il le pousse à travailler ses écrits. Il l’invite dans l’appartement du 19 rue Mazarine, où Daniel va croiser tous les amis et relations du couple que forment Robert et Youki depuis 1931. Youki, alias Lucie Badoud, avait été l’épouse du peintre Foujita, qui lui avait donné son surnom. Le jeune a trouvé une famille dont il partage le quotidien difficile de la guerre.
Lorsque Desnos est arrêté et déporté par les allemands, il confie Youki à Daniel, lui demandant de veiller sur elle en son absence. Treize ans auparavant, alors qu’elle était Madame Foujita, le peintre l’avait confiée au poète avant de partir de France pour un long voyage lointain. Youki n’avait certes pas besoin de protecteur mais c’était ainsi, on « confiait » Youki ! On le sait, Robert Desnos est mort du typhus au camp de Terezin après avoir été libéré. Daniel partage donc le quotidien de Youki, en tout bien tout honneur d’ailleurs car sa vie amoureuse l’attire déjà vers les hommes. Pendant quelques temps, ils vivent sous le même toit. Le jeune homme est très présent, très serviable. Ensemble, ils transcendent leurs malheurs respectifs. En reconnaissance, Youki offre à Daniel quelques dessins, plus tard des aquarelles, des eaux-fortes, des petits formats peints par Foujita dans sa jeunesse, qu’elle tenait dans un simple carton. Daniel aime déjà les vieux papiers, qu’il commence à garder, comme pour reconstituer le patrimoine brûlé de sa mère. Il les conserve plus qu’il ne les collectionne. Après quelques temps, ayant de mal à supporter le goût prononcé de Youki pour l’alcool, Daniel décide de s’en éloigner. Pourtant ils resteront amis, comme en témoigne quelques lettres et documents signés Youki et Henri Espinouze, autre peintre qu’elle rencontre en 1945. A la collection de Daniel Dreuilhe, s’ajoute alors des dessins d’Espinouze, dont un « centurion » caractéristique de l’œuvre de ce dernier.
Daniel ne quittera plus Paris, sa ville dont il connaissait les moindres rues et recoins, tout autant que les histoires qui y étaient associées. Il travaille pour Léon-Pierre Quint, éditeur des surréalistes, chez qui il rencontre entre autres Maurice Martin du Gard. Il aide aussi Jean-Charles Demachy, grand résistant et militant européen, avec qui il a sa première grande histoire d’amour. Dans les années cinquante et soixante, il vit de tous les métiers qui touchent à la vie intellectuelle. Il travaille à la radio, y tient quelques rôles dans des pièces de théâtre, très écoutées à l’époque. Il écrit lui-même quelques pièces radiophoniques. C’est là qu’il rencontre Maurice Van Moppes, homme de radio et dessinateur. Il avait fait partie de Radio Londres aux côtés de De Gaulle et était connu pour avoir écrit des chansons de la Résistance. C’est par lui que Daniel jouera au cinéma, quelques rôles de figurants. Mais il craint la gloire et refuse de s’y engager pleinement. Il préfère l’écran de la feuille de papier et devient journaliste. Maurice Van Moppes lui donne quelques dessins, dont des croquis des rues de Londres en 1941, témoignage émouvant et de première main d’une période ô combien troublée.
Daniel Dreuilhe écrit sous le nom de Dreuil, dans « Combat » notamment dont il est salarié, dans L’Europe Unie souvent, dans France-Observateur, et bien d’autres publications comme Jeune Europe, des critiques littéraires, des reportages d’actualité, des chroniques médicales… Daniel est un autodidacte, assoiffé de lecture, de nourritures de l’écrit. Son univers est celui-ci des rues de Paris, des gens du peuple de son enfance et du monde intellectuel de l’après-guerre.
Il fut aussi ardent militant de deux causes d’avant-garde : la reconnaissance de l’objection de conscience et l’Europe unie auprès de Jean Monnet. Est-ce un hasard s’il est mort le jour de l’élargissement de l’Europe à 25 pays, en décembre 2002 ? Mais revenons quelques décennies auparavant.
Pour ranger ses livres et ses papiers tout autant que pour y vivre, Daniel achète à crédit et successivement trois petites chambres dans Paris. Une première rue de Savoie, à côté des lieux de son adolescence, près de chez Desnos et Youki. La deuxième, rue des Archives, pour le nom de la rue certainement, c’est d’ailleurs là que sont classés tous ses papiers précieux. Plus tard, une chambre proche du métro Jaurès vient compléter le patrimoine, Jaurès en souvenir de son père. Puis il fait l’acquisition d’une patente pour deux boîtes de bouquiniste, quai de la Tournelle, où il exercera quasiment jusqu’à la fin de sa vie ce métier si particulier et tellement parisien.
On l’aura compris, Daniel Dreuilhe, dit Dreuil, était un personnage, original et marginal tout en étant « de son temps ». Il répondit un jour à un notaire qui lui demandait si ses chambres étaient occupées : « Oui, par les livres ! » Les chambres étaient si bien occupées qu’il ne pouvait guère plus y entrer ; il avait d’ailleurs choisi de couper l’eau et l’électricité, allait aux bains publics et lisait la nuit à la lueur des réverbères, tout cela par souci de liberté vis-à-vis de la société. Il vivait ainsi de l’air du temps, sans besoin réel sinon celui d’échanger et de lire. Sa maigre retraite était presque entièrement dépensée chez le libraire de la rue Saint-André des Arts, librairie aujourd’hui disparue, en ouvrages qu’il achetait en plusieurs exemplaires pour les offrir lorsqu’il se passionnait pour un auteur ou un sujet. Le reste ne comptait pas, pourtant il ne perdait rien et glanait dans Paris tout ce qui pouvait être utile.
Pendant les quinze dernières années de sa vie, sans doute après le décès de son ami de cœur, ce souci de ne rien perdre est devenu une seconde nature. A partir de ce moment il a commencé à amasser tout ce qu’il trouvait. Il a ainsi rempli ses chambres d’un fatras indescriptible, entassement sans fin d’un bric-à-brac, allant jusqu’à investir les parties communes de chacun de ces lieux, les caves, les greniers, des recoins où personne n’allait. Jusqu’à un jour de décembre où il est tombé dans l’escalier devant sa chambre de la rue des Archives, où il lui était impossible d’ouvrir la porte tellement elle était pleine, il allait avoir 75 ans.
Les lieux étaient incroyablement entassés, ressemblant plus à des décharges qu’à des chambres. Quiconque aurait été tenté de les faire vider par une entreprise de nettoyage, mais à la mémoire de notre ami nous ne pouvions laisser faire une telle chose, il fallait tout trier, objet après objet, pour au moins retrouver ses écrits dont il nous parlait et qu’il ne retrouvait plus, cachés au fond de ce qui était devenu… une sorte de poubelle.
Pendant des semaines, nous avons déblayé des matelas, des vieilles couvertures, des casseroles, des boîtes de conserves, des journaux, des vêtements, de tout ce qu’on peut imaginer ramasser en se promenant dans les rues de Paris, de l’inimaginable aussi, des parpaings, des petits meubles qui bouchaient les fenêtres, de la papeterie, des statues africaines, un violon cabossé et inutilisable, des bouteilles de gaz… et puis bien sûr des livres, des cartes postales, des timbres, des carnets, des agendas, des écrits sur toutes sortes de papier, manuscrits et tapuscrits. Il ne voulait se séparer de rien, pas même d’une casserole trouée qu’un jour nous avions voulu jeter, répétant que « tout ce que j’ai a un jour prouvé son utilité ! »
Chaque journée de fouille réservait ses surprises, faisant passer l’épreuve de remuer la mémoire de sa vie et de mettre obligatoirement de nombreuses choses à la poubelle. Nous nous sentions archéologues de l’intime, mettant au jour des courriers surprenant, un livre ancien, des photos, des livres de poèmes qu’il avait publié, des portraits de lui dessinés par des amis peintres. Peu à peu sa vie se reconstituait, comme un puzzle en remontant le temps, dont les pièces étaient des journaux intimes, des brouillons d’articles, des projets de romans.
Après des semaines de ce tri éprouvant, au fond de la pièce de la rue des Archives, nous avons ouvert un vieux carton à dessins, ne croyant pas vraiment ce que nous y découvrions : une gravure, puis d’autres et des aquarelles, des dessins, avec la signature du célèbre peintre : « Foujita ». Tremblant d’une émotion d’un genre inconnu, la découverte d’un trésor n’arrive pas à tout le monde, nous sommes rentrés chez nous avec les œuvres, pris de vertige à la pensée que tout cela aurait pu finir à la décharge si les choses s’étaient déroulées autrement, si Apollon, Dieu des arts et du soleil n’avait guidé nos gestes. Mais peut-être était-ce les bonnes étoiles de Daniel, de Youki et Léonard qui avaient par nos mains fait réapparaître ces œuvres au grand jour, notamment ces originaux inconnus.
Depuis que nous les avons montrés à Sylvie Buisson, ces œuvres nous ont plongées dans l’univers de Foujita, de Youki, de Desnos. Elles nous ont fait voyager au fil d’expositions où nous les avons accompagnées, à Dinard, à Barcelone, à Valence. Aujourd’hui que nous les confions à un autre destin, qu’elles vont continuer à circuler, à voyager, à être montrées, elles resteront dans notre esprit, comme un trésor riche des émotions qu’il nous a procuré et des chemins qu’il nous a ouvert. Puissent-elles donner encore de l’émotion et de la beauté, amener au voyage !
Daniel Dreuilhe, une rencontre
Paris 6e, 18 rue des Grands Augustins, 10 janvier 1998, 3 heures du matin. Nous rentrons d’une soirée privée de jazz à Ivry, il fait un froid exceptionnel, moins 10°. En face de notre porte, sur la marche de la galerie, un papi typique, comme on en croise de moins en moins, coiffé d’une casquette de titi parisien, charentaises aux pieds, à la bouche une pipe ancienne en bois dont la fumée dégage une délicieuse odeur de tabac « Amsterdamer ». L’œil malicieux, il nous regarde descendre du taxi, nous le saluons : « Bonsoir Monsieur ! il fait bien froid ce soir, vous habitez le quartier ? » La conversation s’engage : « J’habite à deux pas, au 15 rue de Savoie, et je regarde le Temps qui passe. » Interpellés par sa réponse, nous nous rapprochons et lui proposons de venir boire une verveine à la maison. « Non, non, mais restez un peu avec moi si vous voulez, je me sens bien seul pour ma nuit d’anniversaire où j’ai prévu de mourir dans la Seine» « Oui ce soir j’ai 70 ans, j’ai fait mon temps et je n’ai plus personne, mon compagnon est mort depuis longtemps déjà et je n’ai plus personne. D’ailleurs je n’aurais pas dû vivre car ma mère m’a fait boire du gardénal lorsque j’avais 4 ans avant de se donner la mort, mais comme vous le voyez on m’a sauvé. J’en ai marre de lutter et pour tout vous dire je n’ai jamais oublié ni fait mon deuil de tous ceux que j’ai tant aimés, disparus à jamais, ma mère, son amie Mado qui s’est quelques années après suicidée devant moi, Robert Desnos déporté et mort dans les camps ; et Youki, sa compagne que j’ai des années durant accompagnée, qui avait été Madame Foujita, Desnos mon protecteur me l’avait confiée peu avant son arrestation. « Alors c’est ça le temps qui passe, c’est bien triste votre histoire mais vous devez avoir aussi de beaux souvenirs auxquels vous raccrocher ? » « Voyez-vous le mascaron au dessus de votre porte cochère, je ne l’avais jamais vu depuis cinquante ans que j’habite par là, c’est cela mon temps qui passe » Là-dessus, ses souvenirs se bousculent, il se met à décrire : « Picasso passait dans la rue, il avait sa cantine au numéro 16 voisin ils venaient tous manger là les peintres , les écrivains et leurs amis, les plus démunis… pendant la guerre je l’ai vu croiser Goering en sortant de son atelier, je tremblais à l’idée qu’il fût arrêté, sa mère était juive, vous le saviez ! J’ai vu Blaise Cendrars bien souvent rue de Savoie, ainsi que Dora Maar qui y vivait, pendant la guerre aussi j’ai rencontré Robert Desnos et Youki qui m’ont accueilli rue Mazarine et encouragé à écrire ; j’ai connu Prévert, et Camus lorsque j’étais journaliste à Combat… J’ai acheté cette chambre rue de Savoie il y a un déjà un demi-siècle… !! » Tous ces personnages évoqués soudainement devenaient réels, presque vivants, nous étions envahis d’un plaisir intense que faisait naître cette foule de souvenirs en relation avec notre rue, notre quartier, la littérature et le monde des Arts…. Nous nous étions assis avec lui, frigorifiés mais tenus en haleine par ses paroles et par la mémoire de ce personnage étrange et inattendu dans la nuit parisienne, nous demandant s’il n’était pas habité par quelque mythomanie. De nouveau nous lui proposions d’entrer, invitation qu’il déclina fermement en disant qu’il viendrait nous voir mais que pour l’heure il serait heureux que nous restions là à discuter avec lui. Il y avait dans notre bibliothèque un livre illustré consacré à Robert Desnos. Nous sommes allés le chercher pour le lui offrir avec une dédicace. Ce cadeau, tout autant que la conversation, sembla lui faire oublier son projet suicidaire. « Restez encore avec moi un peu ! Je reviendrai vous voir, je vous apporterai mes articles. Vous savez je suis journaliste et bouquiniste, mes boîtes sont quai de la Tournelle. » Dès le lendemain soir, il sonna à notre porte et la conversation continua. Il évoquait sans cesse Youki et Desnos. Il répétait que Llatie lui rappelait fortement Youki, que l’ambiance de notre maison lui remémorait ces jours de guerre passés chez le couple Desnos / Youki, où il avait rencontré tant de monde. Il est vrai que notre maison ne désemplissait jamais de gens du monde entier, nos amis et la famille, des peintres, des écrivains, des photographes, cinéastes. Daniel trouvait ainsi chez nous des oreilles de toutes générations et de tous horizons pour écouter les histoires de sa longue vie. De plus, Franck travaillait aux éditions Gallimard, ce qui n’était certainement pas étranger à la projection que le vieil homme élaborait à notre égard. Il revivait auprès de nous le parfum de ses années d’adolescence. Le deuxième jour, il décréta qu’il voulait bien du thé et que c’était la première fois depuis la mort de sa mère qu’il acceptait une boisson préparée par une femme. Le troisième, il annonça que nous pouvions êtres amis et précisa que nous ne le serions pas si nous buvions autant d’alcool que sa chère Youki. Il nous parlait souvent de cette réalité qui le fit beaucoup souffrir et qui finit par l’en éloigner.
Daniel s’était fait adopter, nous avions près de nous un grand-père original et excentrique. Pendant cinq ans, il est venu presque tous les jours et nous avons accompagné ses dernières années. Plus jamais après cette première nuit il n’a parlé de suicide, plus jamais il n’a été dépressif. Au fil des jours il apportait des documents, comme des preuves de qu’il avait vécu, de son passé si riche.
Et Daniel a fini sa vie, tombé un soir de décembre devant sa chambre où bien plus tard nous avons découvert ces trésors aujourd’hui exposés. Son testament était aussi surprenant et original que notre rencontre, écrit à l’intérieur d’une boîte de chocolats en forme de lingot d’or : « Il faut lire L’or de Blaise Cendrars, c’est un chef d’œuvre ! Llatie Amor et Franck Perrussel sont mes héritiers… »
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