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| Collection Jacques PREVERT |
Ceci n’est pas un inventaire. Ceci est une pipe, ceci est un catalogue. Ceci n’est pas un poème de Jacques Prévert. J’ai vu, pendant une vingtaine d’années, vivre et grandir cette amoureuse collection sur les murs, dans les tiroirs et la bibliothèque de Jacques, Janine et Minette. Ce n’était d’ailleurs pas du tout vécu comme la construction d’un ensemble cohérent mais plutôt comme la simple et précieuse accumulation au jour le jour de travaux, de gestes quotidiens et de cadeaux d’amis. Bien sûr les peintures, dessins et documents, les livres, autographes et manuscrits ont été offerts, envoyés, échangés puis conservés, protégés, assurés, encadrés, transportés et aujourd’hui, après expertise et estimation, ils sont adjugés, vendus, dispersés : le commerce des œuvres d’Art fait partie de leur vie même. Toutes ces œuvres peuvent changer de mains elles ne changent pas de nature. Bien sûr, bien sûr ! Mais toutes ces opérations matérielles viennent après, après l’essentiel, après l’acte de création qui en est le cœur, la source après les sortilèges de l’amour et de l’amitié entre Jacques et Pablo, Charlie, Sandy, Joan et les autres. Je n’oublierai jamais les sanglots de bonheur dans la voix de Jacques parlant avec Picasso au téléphone, les mille et unes discussions avec Mir? pour la réalisation d’une œuvre comme toujours remise à plus tard, sa générosité à partager ses innombrables amitiés. Ce catalogue n’est pas « un inventaire à la Prévert » mais une mémoire, un guide pour revoir « le Quai des brumes », croiser « les visiteurs du soir », chanter « les feuilles mortes » et rencontrer tous les amis, les peintres, les poètes, les photographes, les chanteurs, les musiciens de « la bande à Prévert ».
GERARD FROMANGER, Sienne, avril 2010
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