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BERTRAND Henri (1773-1844) général, Grand-Maréchal…

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BERTRAND Henri (1773-1844) général, Grand-Maréchal…

BERTRAND Henri (1773-1844) général, Grand-Maréchal du Palais, fidèle compagnon de Napoléon à Elbe et Sainte-Hélène.
33 L.A.S. « Bertrand », janvier-mai 1814, à SA FEMME, la comtesse Fanny BERTRAND (née Fanny Dillon) ; 45 pages in-4 ou in-8, quelques adresses avec contreseing autogr. « Le grand Maréchal du Palais » et la mention « Estafette » (traces d’onglets aux dos).

Très intéressante correspondance sur la Campagne de France et le début de l’exil.
29 janvier. « Pas encore de grand évenement. Mais cela ne peut être eloigné »… Mézières près Brienne 30 janvier matin. « Hier on a attaqué et pris la position de Brienne. L’affaire a été assez vive c’est un bon resultat. […] Tu as été bien triste et je n’en doutais pas. Il faut esperer que notre campagne ne sera pas longue »… 2 février 1 h du matin. « Je me porte à merveille et t’embrasse de tout mon cœur ainsi que nos enfants »… Troyes 3 février. « S.M. se porte à merveille ». Fanny aurait « plus de courage que beaucoup de gens qui devraient en montrer dans ces moments difficiles »… Troyes 4 février. « S.M. se porte à merveille – elle a reçu aujourd’huy les autorités. Le Pce de la Moskowa [NEY] a écrit aujourd’hui à la princesse, qui ne se plaindra plus de son silence »… Nogent 7 février. « Le Moniteur nous a donné la relation de ce qui s’est passé, et l’ouverture du Congrès. Il faut esperer que tout se terminera bien. L’Empereur a une belle armée qui est à peu près entierre et qui se renforce tous les jours »… Nogent 8 février 4 h. « Nous avons reçu une belle Division d’Espagne, une autre nous arrive demain. Les renforts arrivent ce sont de nouvelles chances pour un succès et pour appuyer la negotiation. […] Nous avons passé aujourd’huy la journée ici quoiqu’il y eut ordre de depart, et que nos chevaux se soient mouillés jusqu’à present. La nuit va bientôt arriver et je presume que nous coucherons ici »… Sézanne 10 février 9 h du matin. « Nous voilà une seconde fois sur les flancs ou même les derrieres de quelque colonne ennemie ce qui peut nous donner quelque avantage. Quoi qu’il en soit j’espère que nous arriverons à de bons resultats. L’Empereur se porte à merveille. Tous les aides de camp de l’Empereur vont bien, MM. de Montesquiou aussi. Le gl Dejean a une foulure qui l’a empeché de monter un jour à cheval. Mais il était déjà hier à cheval. Le Pce de la Moskowa a soupé hier avec l’Empereur et se porte bien. Le duc de Dantzig [LEFEBVRE] nous a rejoint. Le duc de Raguse [MARMONT] est ici »… Champaubert 10 [février] au soir. « Ce que je t’annonçais ce matin s’est realisé – le 9e corps d’armée russe a été pris, ou dispersé ; c’est un corps détruit. Son gal en chef, un gl major, beaucoup d’officiers, son artillerie ses caissons sont en notre pouvoir. Presque tous les soldats sont prisonniers. C’est un des plus combats [sic] que nous ayons jamais eu contre les Russes. […] Le gl LAGRANGE est le seul gal blessé. C’est le corps du duc de Raguse qui a donné. Tous les aides de camps de S.M. le Pce de la Moskowa M. de Montesquiou se portent bien »… Champaubert 11 février matin. « Si les journées d’aujourd’huy et de demain approchent de celle d’hier, je pense que l’ennemi sera forcé à la retraite. Nous voilà en bon chemin, et l’ennemi fort désapointé »… Près Château-Thierry 13 février. « Nous avons eû hier une bonne journée. 30 ou 40 pièces de canon prises une 100e de caissons, une grande quantité de voitures et de bagages, un quarré de 2000 hommes a été enfoncé par les dragons de la garde. Tout ce qui n’a pas été tué a été pris avec le gal. Notre cavalerie a fait hier des merveilles, c’est le plus beau mouvement de cavalerie que j’ai vu depuis la guerre. Voilà de jolis cocos disaient nos grenadiers en faisant des prisonniers, pour aller au Palais Royal. […] La principale armée russe est à peu près detruite ». Bertrand rapporte une discussion entre généraux prisonniers… « On ne peut pas piller plus complètement, dans les chateaux tout est cassé jusqu’aux glaces. Nous faisons aussi bien que cela, mais nous n’arrivions pas avec de belles proclamations pour annoncer que nous venions pour maintenir l’ordre, faire fleurir les arts et pour le bien du pays »… Château-Thierry 13 février au soir. « On a aujourd’huy racomodé le pont du Château-Thierry et les troupes n’ont pu passer que ce soir »… Montmirail 14 février soir. « La journée d’aujourd’huy n’a pas démenti les precedentes. Le corps du gl Kleist qui arrivait d’Allemagne et qui ne croyait avoir personne devant lui a été presque detruit on lui a fait beaucoup de prisonniers, des canons. Les lanciers polonais ont terminé par une belle charge »… Guignes 16 février. Ils sont à 11 lieues de Paris : « nous allons a présent avoir affaire à la grande armée, et j’espère que nous aurons de nouveaux succès, tout se dispose pour cela »… Montereau 19 février. « Encore une belle affaire » à Montereau : « Ce sont ces pauvres Wurtembergeois qui ont été étrillés, ainsi qu’une brigade autrichienne […] me trouvant par hazard à la droite, j’ai lancé quelques pelotons de cavalerie qui ont coupé la retraite, fait beaucoup de prisoniers et sont entré pele mêlé et sauvé les ponts »… Il était triste de voir un si grand nombre de Wurtembergeois tués… Le général SCHWARZENBERG a demandé une suspension d’armes, en attendant de savoir si les préliminaires de la paix sont signés : « Ruse de guerre pour gagner 48 heures »… « Quelle brillante campagne, c’est peut-etre la plus belle qu’ait fait l’Empereur. […] Les officiers prussiens disaient à Montmirail, il ne suffit pas de detruire l’armée française, il faut disperser la nation comme celle des Juifs »… Montereau 19 février. Chaque jour leur position devient plus belle. « Je crois que le corps wurtembergeois est detruit ainsi que le corps autrichien qui était ici »… Montereau 19 février. « Nous avons passé ici la journée. Tous les officiers de la maison de l’Empereur se portent bien »… Montereau 19 février. « M. de Mortemart part et va porter les drapeaux à Paris […]. Nous partons pour Nogent »… Châtres près Méry 22 février. « On est parvenu à conserver le pont de Mery que l’ennemi avait voulu bruler, mais non pas le village. Il paraît qu’ils en brusleront plus d’un encore »… Troyes 25 février. Accueil enthousiaste de la population de Troyes, hier, « avec des cris de vive l’Empereur. De vielles femmes des viellards venaient prendre ses habits et lui baiser la main. C’était une affluance extraordinaire. Ces pauvres habitants étaient si heureux d’être delivrés des vexations etrangères. Ils ont payé un peu cher la visite de l’ennemi. […] Ils se repentent aujourd’huy d’avoir cru aux doucereuses paroles de nos ennemis et la moitié de la ville veut prendre les armes et marcher avec nous »… Conjectures sur des pourparlers entre FLAHAUT et un général autrichien… « Si tout le monde avait ton courage ou seulement une partie, l’ennemi aurait tremblé d’entrer chez nous et n’y eut pas été cueilli si lachement en quelques endroits »… Château de *** près d’Esternay 28 [février] au soir. « S.M. parle toujours de toi d’une manière aimable. […] Si la campagne devait durer encore quelque tems je prierai ton frere de m’acheter un ou deux chevaux, car il faut etre monté parfaitement »… Berry au Bac 6 mars. « On a pris hier le Pce Gargarin – nous avons eu une affaire d’arriere garde brillante. Le gal CORBINEAU a eû aussi un succès à Rheims »… Corbeny près Laon 7 mars 1814. Le général Flahaut est revenu : « il n’y a pas de suspension d’armes mais quelques succès nous la donneront avec une bonne paix solide, honorable pour nous et pour tout le monde »… Chavignon près Laon 9 mars. « Les Russes ont été complètement battus hier à la blle de Craon. […] L’Empereur se porte à merveille »… Reims 14 mars à 5 h du soir. Il s’efforce de corriger l’impression que l’ennemi eut le dessus dans le mouvement de Laon sur Soissons, en décrivant les manœuvres. Notre tactique était sage. « L’essentiel est de battre l’ennemi, peu importe que ce soit là ou là. On l’a mis hier dans un grand desordre et il a éprouvé une grande perte »… Reims 17 mars. « S.M. m’a demandé ce matin si j’avais de tes nouvelles. J’ai repondu que non depuis quelques jours ce qui me faisait présumer que tu etais triste. L’Empereur se porte à merveille »… Épernay 17 mars au soir. Les communications ne sont pas très sûres, mais il s’afflige de ne rien recevoir… Fère champenoise 19 mars. Appréciation de ses nouveaux chevaux. « Me voilà à présent graces à ton frere en état de suivre l’Empereur »… Fontainebleau 10 avril 9 h du soir. « Il parait que tu n’as pas reçu une lettre que le duc de Vicence [CAULAINCOURT] devait t’envoyer quand le gl Shouvalof est allé prendre l’imperatrice […] mais je te verrai soit ici, soit à Orleans, soit au lieu où l’Imperatrice se reunira avec l’Empereur. Je pense que je dois d’abord aller seul à l’isle d’Elbe et quand nous serons etablis alors tu viendrais me joindre avec tes enfants »… Briare 21 avril. « Nous sommes arrivés ici à bon port je t’écrirai toutes les fois que je le pourrai jusqu’au jour de notre embarquement. Aussitôt notre arrivée à l’isle d’Elbe, je t’en previendrai pour que tu puisses venir me joindre »… Porto Ferraio 9 mai. Instructions détaillées pour le voyage au départ de Livourne, et description sommaire de leur logement, « celui qu’a occupé l’Empereur jusqu’ici »… Il recommande de faire la traversée depuis Gênes sur une frégate anglaise…
Général BERTRAND, Lettres à Fanny (éd. S. de la Vaissière-Orfila), p. 370-435.
Provenance
Ancienne collection Suzanne de LA VAISSIÈRE-ORFILA.
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