• facebook
  • twitter
  • linkedin
  • instagram
  • art

MONTHOLON Charles Tristan, comte de (1783-1853)…

Lot 870
20 000 - 30 000 €
Laisser un ordre d'achat
Votre montant
 €
Enchérir par téléphone
Enchérir par téléphone

MONTHOLON Charles Tristan, comte de (1783-1853)…

MONTHOLON Charles Tristan, comte de (1783-1853) général, il accompagna Napoléon en captivité.
39 L.A. ou L.A.S. (la plupart d’une initiale), 1819-1821, à SA FEMME Albine de MONTHOLON ; et 48 L.A. (3 L.A.S.) d’Albine adressées à son mari (une incomplète de sa fin), [1819]-1821 ; environ 110 pages in-4, adresses, et 178 pages in-4, nombreuses adresses (quelques trous par bris de cachet, mouillures et brunissures ; notes au crayon bleu).

Précieuse et émouvante correspondance croisée du compagnon d’exil de Napoléon et de son épouse, qui fut, semble-t-il, la dernière maîtresse de l’Empereur à Sainte-Hélène.
Cette correspondance est évidemment centrée autour de la personne de l’Empereur. Albine a quitté Sainte-Hélène le 1er juillet 1819 ; les époux souffrent de la séparation, et l’on voit tout au long de cette correspondance le général déchiré entre sa fidélité à l’Empereur et le désir de rejoindre son épouse. Il lui retrace par le menu la vie quotidienne sur l’île, et celle de la petite communauté qui s’y est formée, tiraillée par les rivalités. Montholon détaille pour sa femme les hauts et les bas de la santé et du moral de Napoléon, avec les périodes d’ennui et d’exaltation. On y suit au jour le jour les progrès de la maladie qui va l’emporter le 5 mai 1821. Nous ne pouvons en donner qu’un aperçu.
Ces lettres intimes, qui n’ont pas été écrites pour la postérité, constituent le témoignage le plus vrai et le plus saisissant sur les dernières années de Napoléon.
Cette correspondance est restée en grande partie inédite ; des extraits en ont été révélés par René Maury et François de Candé-Montholon dans L’énigme Napoléon résolue (Albin Michel, 2000) et par ce dernier dans son édition du Journal secret d’Albine de Montholon maîtresse de Napoléon à Sainte-Hélène (Albin Michel, 2002).

1819. Longwood 3 septembre, malade depuis cinq semaines et alité, « je succombe, et mon mal me dévore. […] l’espérance seule de quitter dans peu cette terre maudite soutient mes forces épuisées »… Il n’a pas vu l’Empereur depuis 39 jours : celui-ci a pris froid lors de sa dernière visite et garde sa chambre… 4 septembre. L’Empereur, « accablé sous le poids de son malheur extrême ne quitte plus son lit attendant qu’il plaise à Dieu d’y mettre un terme »… Le Dr STOKOE a été livré à un conseil de guerre pour sa conduite en janvier dernier ; Montholon est tourmenté par la question d’un médecin pour l’Empereur, à la place d’O’MEARA… 12 septembre. Depuis que Montholon sort à nouveau, il a vu Napoléon chaque matin, mais ne reprend pas ses habitudes, craignant « d’ajouter un obstacle à mon départ »… 26 septembre. Départ regretté du Dr VERLING. « Je n’ai point recommencé à travailler, par la double raison que N. ne travaille plus, je ne crois pas qu’il ait travaillé deux heures depuis 3 mois, et que je suis bien resolu à ne plus reprendre l’habitude d’écrire 8 ou 10 heures par jour ; ce qui ajouterait encore à la force de la chaîne qui me retient »… 2 octobre. Longwood semble maintenant un lieu de douleur et de malédiction ; il est content cependant des soins du Dr ANTOMMARCHI… 12 octobre. « Je ne puis pas te dire encore quand je quitterai Longwood »… 31 octobre. « Quelqu’ayent été mes efforts je n’ai pas encore rompu un seul anneau de ma chaîne, une volonté égale à la mienne agit en sens inverse, tout enfin semble conjurer contre mon départ et l’amitié déploye toutes ses forces pour combattre le vœu de mon cœur »… Il presse Albine d’envoyer quelque ancien officier général ou ami pour le remplacer auprès de l’Empereur… Les BERTRAND ont annoncé leur retour en Europe en mars… 5 novembre. « Je ne sais si je dois désirer que tu sois en Angleterre, j’y redoute les intrigues et surtout les intrigants […]. Il nous est arrivé ici une brochure d’O’Meara, c’est un tissu de bêtises, de futilités que je ne conçois pas qu’un homme raisonnable ait pu imprimer […] je trouve fort mauvais qu’on mêle mon nom dans tous ces écrits. Si l’on écrit des libelles contre moi j’y répondrai par ma conduite mais certes je n’entrerai jamais en lice »… 1er décembre. Satisfaction des soins d’Antommarchi, et de ses rapports avec les Bertrand… 18 décembre. On fait un réservoir pour l’eau du jardin : « nous sommes à l’ouvrage dès 5 heures du matin, et tu rierois de bon cœur de voir l’empereur la beche à la main […] le tout d’après l’ordonnance du docteur Antomarchi qui a déclaré que l’exercice étoit indispensable »…
1820. 13 janvier. « Ta lettre a été lue et relue […] tu peux être fière des regrets que tu as laissés sur ce triste rocher »… 26 janvier. Il a appris par les journaux l’arrivée d’Albine à Ostende… Il pense avec tristesse à leurs enfants Joséphine, Tristan et Lilli. « Chaque jour depuis 5 heures ou 5 heures et ½ du matin je suis avec l’Empereur jusqu’à son coucher si ce n’est une ou deux heures dans la matinée pour les toilettes, encore souvent est-il l’heure du dîner (5 heures) avant que je n’aye eu la permission d’aller m’habiller, ainsi en réalité je ne suis jamais seul. Je n’ai le temps de rien faire »… Mme Bertrand a fait sa quatrième fausse-couche depuis leur arrivée… 8 février. Les soins du Dr Antommarchi et l’exercice ont fait du bien à l’Empereur : nul doute que s’« il vainquoit sa répugnance et montoit à cheval il ne contribua à sa guérison. La crainte d’un malentendu dans les consignes le retient toujours, l’aggrandissement de l’enceinte en a diminué les chances, mais il en reste encore et c’est assez pour l’arrêter »… Plaintes sur les prêtres que le cardinal FESCH a envoyés ici… 28 février. Nouvelles de M. SAINT-DENIS [le Mamelouk Ali] ; Gentilini a la permission de partir… 30 avril. Le Dr Verling a quitté l’île ; le comte BALMAIN s’est marié avec la fille aînée de Lady Lowe, la rage de partir a repris de plus belle chez la belle Fanny [Bertrand], « quelle folle ! »… Toujours des travaux au jardin ; il n’écrit pas plus de 4 heures par jour, « c’est-à-dire une cinquantaine de pages sous sa dictée et la mise au net. Malheureusement tout ce travail n’est pas toujours sur des objets d’un même intérêt, les rêveries militaires, les guerres des anciens, les chapitres de finances seroient bien souvent mis à l’arrière si j’indiquois l’ordre du travail »… 6 juin. Les Bertrand sont toujours parfaits pour lui, mais « au dernier degré du désir de retourner en Europe », et il gronde sa femme de ne pas s’être occupé tout de suite de lui trouver un remplaçant. Il insiste sur les habitudes de son caractère ; et « si jamais je quittais l’Empereur sans être remplacé près de lui j’aurois détruit en un seul jour tout ce que j’ai fait pour toi pour mes enfants, pour ma réputation »… 22 juin. « Notre Longwood est triste, bien triste, sans cependant qu’aucun nouveau malheur soit venu nous y frapper, mais tout a fini dans ce monde, et il faut plus qu’un courage ordinaire pour pouvoir supporter notre position – Fanny peut-être y contribue un peu, ses cris continuels pour revoir d’autres rives que celles de notre immense océan ne jettent pas sur notre vie beaucoup d’agréments […], elle ne peut s’accoutumer à l’idée quelle vieillit sur ce rocher maudit »… Lui-même veut retrouver sa femme, plus qu’il ne veut quitter Sainte-Hélène : « Toutes les consolations de l’amitié, tout ce qui peut diminuer mes regrets, je le trouve dans l’Empereur »… 19 juillet. Il ne conçoit pas quels « obstacles chimériques » l’empêchent de lui trouver un remplaçant ; le refus du jeune LAS CASES est naturel, « il falloit être ideologue comme son père pour imaginer qu’on lui permît de renvoyer ici un écolier de 18 à 20 ans qui ne pouvoit être utile qu’à lui-même en venant acquerir et non aider à supporter une horrible situation. J’ai tort de dire comme son père seul, car sans aucun doute le Cardinal Fesch a été tout aussi insensé dans le choix des individus qu’il nous a envoyés. Un homme instruit littérateur distingué, un vieux compagnon d’armes, un ami d’enfance voila ce qu’il falloit choisir »… 29 juillet : « quel interêt le Roi peut il avoir à ce que ce soit moi plustot que tout autre individu qui languisse sur ce rocher en y remplissant un devoir si saint que tant de français couverts des bienfaits de celui qui vingt ans fut leur souverain ? Rappelle-toi que même dans les premiers moments de notre arrivée à Se Helène, le ministère acceda aux instances de PIONTKOWSKI, ce polonais, espèce d’aventurier qui n’avoit pour lui que l’exagération de sentiments vrais ou faux ; aucun titre a une telle faveur, pas même celui d’avoir servi, d’être un vieux soldat qui pleure son général. Comment donc te refuseroit-on ? »… Du reste beaucoup trouveraient sa vie fort supportable : « mes journées se passent à écrire les souvenirs de l’homme le plus extraordinaire qu’ait produit la nature, à entendre et discuter avec lui les plus grands ressorts les plus grands interets de la societé, de la politique, de l’administration, de la guerre. Nos journées sont presque toujours trop courtes, et le plus souvent nos nuits se passent à travailler. Depuis l’hyver plus de jardin, plus ou peu de promenades, il ne peut plus se decider à s’habiller et le moindre exercice le fatigue beaucoup. L’impression de ce vent que tu craignois tant, lui fait beaucoup de mal et lui donne des douleurs vives. Bertrand et sa femme vivent de leur coté nous du notre, on peut dire qu’il y a deux Longwood à Longwood »… 13 août. « Depuis quelques jours l’Empereur a enfin cédé à nos instances, et monte à cheval pendant une ou deux heures au pas, il en éprouve une extrême fatigue et voudroit déjà y renoncer. Mais notre docteur insiste tellement pour qu’il prenne cet exercice que j’espère qu’il continuera, […] j’emploie à l’y engager toute mon influence »… Il évoque l’écrivain Arnault pour prendre sa place près de Napoléon : « L’idée de mon départ l’attriste toujours, il la repousse de toutes les armes que Dieu lui a laissées, mais il sait que rien ne peut me retenir un jour loin de toi, dès que tu auras rompu ma chaîne »… Leur 15 août a été « aussi triste que possible, l’Empereur n’a pas quitté sa chambre à coucher et n’a vu que Bertrand et moi, j’ai dîné à côté de son lit selon notre noble usage et le soir nous avons lu La Nouvelle Héloïse pour oublier Ste Hélène »… 1er septembre. Remarques sur Séguier (« l’homme est dans son sang »), puis le frère de Montholon (« sa vanité l’a toujours égaré »), et Macdonald (il met son honneur à défendre le malheur)… 20 septembre. « La mesure adoptée par le gouvernement est la plus funeste pour moi, il a tellement pris l’habitude de passer ses journées et souvent ses nuits avec moi qu’il ne peut s’accoutumer à l’idée de mon départ ; le rhumatisme m’a retenu deux jours chez moi, il n’y a pas tenu, il est venu en robe de chambre s’asseoir auprès de mon lit et si j’ose le dire a transporté sa chambre dans la mienne. Je sais vivement tout le prix de ses bontés, et c’est pour cela mon Albine que je te dis romps ma chaîne, toi seule peut la rompre. Drouot, Arnault & tant d’autres qui l’ont intimement connu et qui seroit choisi par toi et par les personnes de son ancienne habitude comme Maret, Ségur, Caulaincourt &c une fois arrivé ici seroit reçu avec plaisir et je partirois »… 10 octobre. Évocation de serviteurs : Peggy, qui l’a ému en parlant de la pauvre petite Joséphine ; le valet de pied Gentilini, parti pour le Cap, et remplacé par Richard, le tailleur de Mme Bertrand ; Frank, parti, etc. Rapprochement avec les Bertrand afin de « rompre notre tête à tête » et rendre son départ moins sensible. « J’en ai causé avec Sir Hudson LOWE il a bien voulu me promettre, d’expliquer ma position à son ministère […] et je serois fou de compter sur aucune démarche partie de Longwood pour amener mon remplacement »… Albine choisirait mieux un remplaçant que le cardinal Fesch ou la princesse Pauline : « D’ailleurs il t’a lui-même désigné lors de ton départ une douzaine de personnes qu’il verroit ici avec plaisir. Drouot, Arnauld, Carrion, Fleury, Rolland, Desmasis, l’abbé de Pradt, &c. »… 6 novembre. Confidence de l’Empereur, pour qui la séparation d’avec sa femme et son fils est la plus pénible des privations… 5 décembre. « L’Empereur me disoit dernierement, votre femme semoit des fleurs sur ma tombe, depuis son départ il n’y croît plus que des ronces. […] La maladie de l’Empereur a pris une mauvaise tournure, à son affection chronique s’est jointe une maladie de langueur bien caractérisée, sa faiblesse est devenue telle quil ne peut plus faire aucune fonction vitale sans en éprouver une fatigue extrême et souvent perd connaissance, son estomach ne garde plus rien, depuis quinze jours on le nourrit avec des choses fort légères qu’on lui fait prendre tous les 6 heures, il reste toujours couché […] constamment assoupi. On lui a mis des vessicatoires, les chairs du derrière sont cadavéreuses, le pouls ne peut plus se sentir qu’avec la plus grande difficulté, ses gensives ses lèvres, ses ongles sont tout a fait décolorés, ses pieds et les jambes sont continuellement envellopés dans de la flanelle et des serviettes chaudes et cependant froids comme de la glace, quelquefois le froid monte jusqu’au milieu des cuisses », etc. 20 décembre. Albine lui manque toujours autant, mais « le père le plus tendre ne feroit pas pour moi plus que me fait l’Empereur. – Ma vie se passe avec lui, depuis qu’il est tout à fait tombé il veut que je sois toujours là, il ne veut pas de remèdes que ceux que je lui donne ou lui conseille ; son médecin en perd la tête ; seul je trouve grace près de lui ; quelques fois les enfants de Mad. Bertrand, le sortent aussi de son assoupissement mais c’est bien rare […]. Nous avons eu il y a quelques jours les plus grandes inquiétudes, elles sont un peu calmées »…
1821. 19 janvier. La colonie est menacée de départs : l’abbé BUONAVITA en a fait la demande au gouverneur, Bertrand et sa femme parlent hautement de partir sans attendre de remplacement, malgré les regrets de Bertrand, dominé par sa femme… Chez l’Empereur, « la maladie marche constamment, sa faiblesse est inexprimable, et j’ai bien peur que notre docteur ne soit pas de force à traiter une maladie aussi compliquée […], c’est un feu qui s’éteint »… Il joint un testament succinct, nommant sa femme tutrice de leurs enfants et leurs biens… 11 février. Depuis le départ d’Albine, toute consolation a quitté Longwood : « rien n’y vit plus, la mort semble nous y avoir envellopés de ses ailes ; tout y est sombre monotone, lugubre ; Made Bertrand vient d’y faire sa 3e fausse couche depuis ton départ »… L’abbé Buonavita risque de laisser ses os à côté de ceux de CIPRIANI… « L’Empereur ayant pensé avec raison que le seul moyen de lever tous les obstacles étoit de laisser au Roi et à ses ministres le choix des individus m’a chargé de declarer à Sir Hudson Lowe “qu’il s’en remettoit entièrement au choix qui serait fait par le Roi de France et ses ministres et recevrait avec plaisir toute personne qui aurait eté employé dans sa maison civile ou militaire, conseil d’état, &c, enfin qui depuis 30 ans aurait servi sous les bannières tricolores, specialement le duc de Vicence, le duc de Rovigo, le Cte de Ségur, le Cte de Montesquiou, le Cte Daru, le gal Drouot, le Cte de Turenne, le Baron Denon, Arnault, &c. en fait de médecins Percy, Desgenettes, Larrey, Eymery – ou un médecin de leur choix” »… 5 mars. La marche de la maladie de l’Empereur est constante, quoique lente : « toutes les fois que je le puis je l’arrache de son lit pour lui faire faire le tour du parc en calèche, il ne peut plus du tout marcher même dans sa chambre sans être soutenu, tant sa faiblesse est grande, c’est aujourd’huy un cadavre qu’un soufle de vie anime encore. Au phisique et au moral, ce maudit Ste Helène l’aura tué »… 9 avril. Ses jours et ses nuits sont absorbés par l’Empereur, dont cependant la confiance dans le Dr ARNOLD augmente, alors que la conduite légère d’Antommarchi est inexplicable. « Bertrand m’aide tant qu’il peut à soigner l’Empereur il voudrait fort partager avec moi la fatigue de passer les nuits, mais jusqu’à présent je les ai toutes passées et MARCHAND et moi sommes les seules personnes dont il veuille recevoir quelques choses »… 20 avril. Montholon et Marchand continuent de se conduire en garde-malades ; le pauvre VIGNALI vient plusieurs fois par jour ; Mme B. se désespère de ce que l’Empereur ne lui permet plus de le voir… 6 mai. Mort de l’Empereur : « Tout est fini ma bonne Albine, l’Empereur a rendu le dernier soupir hier soir à 6h moins dix minutes. Son agonie a duré 12 heures elle a été affreuse en apparence mais rien ne peut exprimer le calme et la resignation avec laquelle il a supporté des douleurs déchirantes. L’ouverture de son corps a eu lieu ce matin. Elle a prouvé qu’il était mort de la même maladie que son père, un squirre ulcéreux à l’estomach près le pylore, les 7/8e de la surface de l’estomach étaient ulcérés, il est probable que depuis 4 à 5 ans l’ulcère avoit commencé. C’est dans notre malheur une grande consolation pour nous que d’avoir acquis la preuve que sa mort n’est et n’a pu être en aucune manière le résultat de sa captivité, ni de la privation de tous les soins que peut-être l’Europe eut pu offrir à l’espérance. On travaille avec activité à tous les préparatifs nécessaires pour son inhumation »… 14 mai. Ils quitteront Sainte-Hélène le 22 ; il espère être en Europe avant le 10 juillet… Portsmouth 3 août. Arrivé depuis deux jours, il va à Londres et s’adressera à l’ambassade… Londres 6 août. Impatience à la revoir, et information sur leurs placements : « j’ai ici plus de cent mille francs de rentes non compris ce dont tu disposes aujourd’hui »… Etc.

La correspondance d’Albine de Montholon traite largement de l’éducation et de la santé de leurs enfants, d’« affaires de fortune » (fonds, Frémigny, Changy), et de leurs relations, dont Mme Henri Dillon, Mlle de Génas, « l’aimable Gourgaud », le comte de Sparre (beau-frère de Montholon), Marie WALEWSKA, le maréchal Macdonald, les Bertrand... Elle ne manque pas de présenter ses respects à l’Empereur, commente sa santé, et demande : « Parle t’il quelques fois de moi, & comment ? » (18 décembre 1819)… Elle entretient souvent son mari de ses démarches pour le faire remplacer (citation de Lord BATHURST, 25 mars [1820]), répétant la détermination du gouvernement anglais d’attendre une demande formelle de la famille de Bonaparte, et le refus de cette famille à agir sans ordre positif de l’Empereur… Elle exprime son souhait de revenir à Sainte-Hélène dès lors qu’elle n’a plus d’espoir d’y faire remplacer son mari (14 juin 1820)… « Votre rocher ne tente personne » (30 janvier 1821)… Enfin Lord Bathurst a autorisé le départ de PLANAT, ce qui libérera Montholon, « puisque tu laisseras auprès de l’emp. une personne capable de te remplacer dans le travail du cabinet » (29 mars 1821)… Elle s’afflige des nouvelles de la santé de l’Empereur : « Il est affreux de rester en suspens sur une crise décisive […] À quel supplice tu es voué, voir souffrir & ne pouvoir rien que rendre des soins ; ta tâche est noble & belle & je vois avec plaisir que tu préfères mon retour au malheur d’abandonner celui à qui tu es si nécessaire » (4 juin 1821)… « Je suis au désespoir de la perte que nous avons faite du plus grand & du meilleur des hommes. Je ne m’en consolerai jamais. Mes regrets dureront autant que le souvenir de sa parfaite bonté » (14 juillet 1821)…
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue