• facebook
  • twitter
  • linkedin
  • instagram
  • art

Théodore Géricault (1791-1824)

Lot 353
4 000 - 5 000 €

Théodore Géricault (1791-1824)

Portrait d’Auguste Brunet. 1818. Lithographie à la plume. 148 x 183 [232 x 305]. Delteil 4. Très belle et fraîche épreuve sur vélin fort, du 1er état (sur 2), avant toute lettre, le trait carré non terminé à droite et non rectifié à gauche, l’indentation de la pierre très visible, en outre de forme irrégulière en haut à droite. Une auréole claire d’humidité dans l’angle supérieur gauche. Quelques rousseurs claires. Toutes marges non ébarbées. De toute rareté selon Delteil.

De ce sujet en 1er état, on recense une épreuve au musée de Rouen et une autre à l’Art Institute de Chicago. Il s’agit de la première lithographie à la plume de Géricault, qui recourut de nouveau deux ans plus tard à ce procédé, mais sur carton-pierre, pour sept sujets (Delteil 22 à 28). L’empreinte de la pierre très marquée sur notre épreuve révèle que cette pierre apparaît cassée irrégulièrement à l’oblique dans la partie supérieure droite. L’épreuve de l’état définitif conservée par la Bibliothèque nationale révèle, après inspection attentive, la même marque de cassure de la pierre. Ceci laisse supposer que l’artiste a jeté un dessin assez spontané sur une pierre endommagée, sans doute mise à sa disposition dans l’atelier, plus par souci d’expérimenter la technique (nouvelle pour lui) que pour faire œuvre d’art.
« Cette pièce, entièrement dessinée à la plume, n’a pas été mise dans le commerce. […] Elle représente M. Brunet, ami intime du peintre, et qui a laissé quelques écrits sur l’économie politique. À la vente de Géricault, la pierre tomba entre les mains de M. Bruzard, qui l’effaça après en avoir fait imprimer un petit nombre d’épreuves. » (Charles Clément, Géricault, étude biographique et critique, avec le catalogue raisonné de l’œuvre du maître, 3e éd., Paris, Didier et Cie, 1879, p. 372, n° 2).
Le modèle, Auguste Brunet, joua un rôle-clé dans la vie et l’œuvre de Géricault : « Depuis la pension Castel, Théodore était resté en relation avec un des amis ou anciens élèves du directeur, Auguste Brunet, qui faisait des études de sociologie. L’affaire [du radeau de la Méduse] intéressait fort ce dernier au point de vue des réactions humaines observées sur le radeau. Il fit la connaissance des deux auteurs du récit. Comme Géricault le fréquentait beaucoup depuis son retour d’Italie, en l’absence de son autre intime ami, Dedreux-Dorcy, Brunet présenta à son tour le peintre à Corréard et Savigny. Ils formèrent ainsi un petit groupe travaillant ensemble : le sociologue prépara des ouvrages à publier chez Corréard qui prit boutique de libraire-éditeur dans la galerie de bois du Palais-Royal ; Géricault, en pleine crise de passion lithographique, s’apprêta à illustrer une nouvelle édition de l’œuvre de l’ingénieur et du chirurgien. » (Denise Aimé-Azam, La Passion de Géricault, Fayard, 1970).
C’est donc à cette époque que, dans ses premiers essais de lithographie, Géricault produisit le portrait de son ami à la plume sur pierre. L’artiste abandonna ses autres projets pour se consacrer au projet de la Méduse, donc il écoutait le récit des survivants avec fascination. Devant le demi-échec rencontré par son tableau, Géricault se retira quelque temps près de Fontainebleau où il continua de fréquenter Brunet ainsi que le psychiatre Georget, médecin à la Salpêtrière, qui devait orienter ses préoccupations à la fin de sa carrière en l’amenant à faire le portrait d’aliénés. Du printemps 1820 à la fin de 1821, l’artiste séjourna en Angleterre en compagnie de Brunet et du lithographe Charlet. Là, l’exposition du Radeau de la Méduse connut un grand succès, à l’Egyptian Hall de Londres, puis à Dublin.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue