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Pierre LOTI (1850-1923). 20 L.A.S., 1884-1895,…

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Pierre LOTI (1850-1923). 20 L.A.S., 1884-1895,…

Pierre LOTI (1850-1923). 20 L.A.S., 1884-1895, à Alphonse Daudet ; 59 pages la plupart in-8, quelques lettres à son chiffre (certaines avec sa devise Mon mal m’enchante), une adresse.

Très belle correspondance amicale et littéraire à son maître et ami Alphonse Daudet.
[Rochefort juin 1884]. « Mon cher matelot, mon cher maître, je repense souvent à Sapho et je m’inquiète de vous en avoir si peu parlé. […] mon impression sur votre livre a encore un peu plus de valeur que celle de tant de gens qui vous louent sans comprendre, par habitude […] Alors je veux vous dire que je vous ai admiré profondément et, je crois, plus que jamais ; vos personnages me sont restés longtemps en pleine vie dans la mémoire ; il m’a semblé que vous étiez encore monté, encore plus fort, comme en progrès sur vous-même »… Il lui écrit de son « logis musulman où il y a une odeur de mosquée, de la chaux blanche sur de vieilles ogives arabes, et dans un coin mon matelot Daniel coiffé en turban qui arrange les coussins. C’est mon rêve depuis longtemps de vous voir assis là un jour »...
Port Saïd 30 [janvier] 1886. Prière de lui adresser un exemplaire de Tartarin des Alpes à bord de la Triomphante, qu’il trouvera à son retour à Toulon ; il veut dédier à Mme Daudet « une petite Japonerie [Un bal à Yeddo] qui est prête à paraître »… à bord du Magicien 13 mai [en rade des Trousses]. « Vous m’avez laissé hier sur une parole triste qui m’est revenue en tête bien des fois […] vous l’avez dite avec un air de sincérité qui m’a fait un peu mal […] Je suis arrivé juste pour appareiller et nous voici au mouillage en grande rade. Une petite côte de sable, basse et sauvage avec des bois de pins, – un bout de l’île d’Oléron – et ailleurs tout autour, la mer »… [Rochefort septembre]. « Je me marie le 12 octobre à Bordeaux ; j’ose à peine vous demander cela, mais j’aurais eu une grande joie à vous avoir comme témoin. […] Ce sera vite expédié, mon petit mariage, parce que ma fiancée est en deuil […]. Je vous demande là une grande preuve d’affection et une chose très-ennuyeuse »… – Le mariage est retardé jusqu’au 21 octobre : « J’aurais bien voulu avoir pour témoin un de mes parrains en lettres et je ne sais à qui demander cela. J’ai bien pensé à M. de Goncourt, mais je le connais si peu et il est mon aîné tellement que cela m’intimide. Et puis ça l’ennuierait »…
[Rochefort novembre 1887]. Recommandation d’un pauvre ouvrier-poète (Henry Mériot, relieur à Rochefort)… « si vous saviez comme ma vie est devenue sombre. Depuis que j’ai perdu mon petit enfant, tout a marché bien tristement pour moi »… – Il a fait deux brefs passages à Paris pour le « bal d’Osiris » (chez Juliette Adam) et au retour de Roumanie. Sa vie « va toujours s’assombrissant ». La Nouvelle Revue va enfin publier « la petite Japonerie du grand monde depuis si longtemps dédiée et annoncée à Madame Daudet »… Mercredi soir [1888]. Il a lu L’Immortel « tout d’une traite […] Vos livres à vous sont ainsi faits que c’est toujours le dernier qu’on lit (ou qu’on relit, si c’est un des anciens qu’on a voulu reprendre) qui semble le plus fort »… [18 mai 1889]. Il va prendre le commandement de l’Écureuil, et vit tristement : « J’ai la nostalgie du départ, des pays chauds, de la grande mer. Et je suis obligé de rester sur ce bateau de la côte à cause de ma pauvre petite femme malade que mon départ abîmerait »… [Juin 1889]. Il a eu ce printemps « toutes sortes d’agitations, et j’ai été errant, au Maroc ou ailleurs ». Invitation à venir à Rochefort : « Vous seriez tranquille ici, tranquille comme dans un ermitage, si vous vouliez »… – Sa lettre lui a fait beaucoup de peine : « vous me dites que le “mal vous gagne”, – et vous êtes quelqu’un que j’aime et que je sens souffrir ». Il essaiera de venir pour la pièce de Daudet (La Lutte). « Mon petit bébé [Samuel, né le 18 mars] est tout à fait beau ». [Avril 1890]. « Mon bébé commence à être quelqu’un et à m’amuser. C’est tout ce qu’il y a de neuf dans ma vie. Et puis je pars le 20 du mois pour Bucarest et Constantinople »…
Hendaye vendredi [1892]. « Vous avez vu, ces sales journaux qui ont essayé de verser une pointe de fiel entre nous deux avec les articles “Valmajour”. […] Oui, je vais me remettre au travail, à écrire une histoire de matelot qui m’intéresse à faire »… à bord du Javelot 31 mars [1893], regrettant de n’avoir pu donner sa voix au protégé de Mme Daudet : « il se présentait contre Brunetière pour lequel j’étais engagé »… [Hendaye 1893] : « l’air doux d’Hendaye vous aurait fait tant de bien – et j’aurais été si heureux de vous soigner en infirmier si vous aviez été malade »… [Début  1895]. Il veut lui soumettre les dernières pages de Jérusalem qui l’inquiètent, pour lui « dire avec votre franchise d’ami si je ne dois pas les supprimer, les alléger beaucoup […] Votre conseil sera souverain et sans appel »… Quant au banquet Goncourt, il enverra sa cotisation sans y assister : « j’admets encore que je m’asseye en compagnie de Barrès et de Mirbeau qui ont écrit que j’étais un imbécile ; mais à côte du dénommé Scholl, Aurélien, qui a publié sur moi des facéties ordurières, non »… – Sur Jérusalem : « mes derniers jours à Jérusalem, ma nuit passée au Gethsémani, tout cela a été une suite de déceptions de plus en plus désolées, où s’affirmait mon incroyance. Et puis, le dernier soir, dans une visite d’adieu au St Sépulcre, à la chapelle du Calvaire […] j’ai éprouvé ce que j’essaie de dire […] c’est en somme sa seule raison d’être, au livre. [...] depuis trois jours que je me débats avec cela, je ne parviens pas à améliorer une ligne. Alors je m’en remets à vous »… Hendaye 10 octobre 1895. Il a une confiance profonde en son amitié et son affection, « malgré quelques paroles dangereuses pour moi », et lui demande conseil « comme à votre frère ou à votre fils » : « L’Écho de Paris m’insulte périodiquement dans les termes les plus grossiers. […] Je ne veux pas avoir affaire au fou grotesque qui signe ces articles (le nommé Laurent Tailhade), mais au directeur, ce petit Henri Simon qui est particulièrement ignoble là-dedans, parce qu’il m’a fait chez vous, et fait faire par vous, des protestations d’amitié et des demandes de collaboration, et parce qu’il est venu à Hendaye s’asseoir à ma table. Les uns me disent de l’attaquer en diffamation et de donner l’amende qu’il paiera à la Société de Sauvetage. Les autres, d’aller le cravacher, ce qui m’amuserait plus. Lequel des deux faut-il faire ? ou bien les deux à la fois ? »… Paris [1895]. Il veut le revoir pour dire toute son affection « pour vous tous. Je n’ose pas trop demander à voir Léon [qui divorce de Jeanna Hugo] ; pourtant, qui sait, je lui ferais peut-être un peu de bien, car j’ai passé par toutes les angoisses de ce monde et – confidence pour confidence – ma vie est aussi brisée que la sienne »…
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