[MANUSCRIT]. - Lot 20

Lot n° 20
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Estimation :
400 - 600 EUR
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Result : 395EUR
[MANUSCRIT]. - Lot 20
[MANUSCRIT]. Livre pour les charpentiers, tonneliers et forgeron depuis 1763 jusqu'en 1773 ; et 1794. Saint-Julien, domaine de Léoville, 1763-18 frimaire an 3 [8 décembre 1794]. — Manuscrit in-4, parchemin rigide, dos lisse, liens de cuir (reliure de l'époque). Intéressant livre de compte concernant le domaine de Léoville dans le bordelais. La famille Moytié acquiert dès 1604 des terres à Saint-Julien, formant le Mont Moytié, un vignoble en bord de Gironde. En 1692, Jean-Pierre Dabadie rachète la seigneurie de Lamarque, incluant les baronnies de Beychevelle et de Calon. En 1702, Jean de Moytié devient tenancier, puis propriétaire d’une partie de Calon en 1704, rebaptisant son domaine Mont-Moytié. Après les gelées dévastatrices de 1709, le vignoble médocain se reconstruit et prend son essor. À la mort de Jean de Moytié (1722), sa fille Jeanne, mariée à Blaise-Antoine Alexandre de Gascq, hérite du domaine. Ce dernier le renomme Léoville, modernise la propriété (palissage, cépages nobles, chai, château) et porte sa superficie à 120 hectares, faisant de Léoville le plus grand domaine du Médoc. Sans héritier direct, le domaine est partagé en 1769 entre ses neveux et nièce : Anne-Jeanne d'Abadie (1715-1768) épouse de Pierre Gaston de Las Cases (?-1759), Jean-Pierre d'Abadie (1716-1776), Bernard (1725-1805) et Jean-Joseph (1717-1794), seigneur de Mont-Moytié. Le domaine reste géré en indivision et le vin est appelé indifféremment D'Abadie ou Lionville. En 1794, les biens du marquis de Las Cases (ayant fui en Grande-Bretagne), qui représentent un quart du domaine, sont confisqués (estimé à 200352 livres). En 1797, le domaine est divisé : un quart reste à l’État, le reste est partagé entre les héritiers. En 1802, le quart confisqué est vendu aux frères Chevalier et à Jean-Baptiste Monbalon, donnant naissance aux étiquettes Léoville-Chevalier et Léoville-Monbalon, en plus de Léoville-d’Abadie et Léoville Las Cases. En 1805, Pierre-Jean de Las Cases hérite de la part de son oncle et constitue Léoville Las Cases (3/5 du domaine originel). Hugh Barton achète Léoville-Monbalon en 1822, puis Léoville-Chevalier en 1826, formant Léoville-Barton. En 1836, Jean-Marie de Poyferré de Cère rachète la part de sa belle-sœur, créant Léoville-Poyferré. En 1855, les trois Léoville (Las Cases, Barton, Poyferré) sont classés ensemble en deuxième cru. Les litiges juridiques entre Léoville Las Cases et Léoville-Poyferré ne s’achèvent qu’en 1880. (sources : abcduvin.com. Château Léoville). Ce manuscrit couvre la période 1763-1794, soit les dernières années précédant la mort de Jeanne et Alexandre de Gascq, ainsi que la gestion du domaine par leurs neveux et nièces, et avant la confiscation partielle de celui-ci. Il rassemble les comptes des charpentiers de barriques, des tonneliers et du forgeron pour cette période. Les règlements y sont consignés comme ayant été effectués principalement à M. Dabadie, et pour une partie à la présidente de Gascq. Le carnet se compose de plus de cent pages de comptes reliées, auxquelles s’ajoutent une dizaine de feuillets volants. Les artisans mentionnés sont, pour les charpentiers de barriques et tonneliers : Jeantille et son fils Jeantot (1764-1794), maître Goubeau ou Gombeau (1784-1785), maître Gonda (1786), François Guillou (1787-1793), Grand Jannot (1789-1790), Jean Dumas (1791), et pour le forgeron Bernard, dit Reÿneau (1763-1778). Ces comptes furent tenus dans les années 1770 par un certain Javar, dont la signature apparaît à deux reprises, le 24 octobre 1774 et le 6 novembre 1776. Ce manuscrit offre un éclairage unique sur la vie économique et sociale du domaine de Léoville avant la Révolution. Il détaille les relations avec les artisans locaux — charpentiers, tonneliers et forgeron — dont certains, comme Jeantille et son fils, ont travaillé pendant plusieurs décennies pour la propriété. Cette archive révèle l’organisation quotidienne du domaine, la stabilité des savoir-faire et l’adaptation aux crises, faisant de ce document une source précieuse pour l’histoire viticole et sociale du Bordelais. Exemplaire très bien conservé. Plusieurs feuillets sont manquants.
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