Antoine-Jean GROS dit le Baron GROS (Paris 1771 - Meudon 183 - Lot 46

Lot n° 46
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Estimation :
20000 - 30000 EUR
Antoine-Jean GROS dit le Baron GROS (Paris 1771 - Meudon 183 - Lot 46
Antoine-Jean GROS dit le Baron GROS (Paris 1771 - Meudon 1835) Portrait présumé de l’artiste Jean Vasserot (1769 - 1832) Toile 73 x 59 cm Signée en bas à gauche « Gros » (Restaurations anciennes) Provenance : - Probablement collection du modèle, Jean Vasserot (1769-1837) ; - Par descendance dans la famille Vasserot Conservé jusqu’à très récemment dans la famille de descendants du modèle, ce portrait n’est pas mentionné par les principaux biographes d’Antoine-Jean Gros (J.-B. Delestre, J. Tripier Le Franc et dernièrement D. O’Brien). L’attribution, qui s’appuie sur la gamme caractéristique de couleurs chaudes, sur la touche transparente au service d’un puissant effet de présence et sur la graphie de la signature, ne fait cependant aucun doute. Sur la base de la provenance familiale et d’un rapprochement avec un portrait daté de 1791 par Jacques-Augustin Pajou, dit Pajou fils, offrant les traits du même personnage plus jeune, il est possible d’identifier ce dernier avec le peintre et dessinateur de paysages, Jean Vasserot (1769-1832). Le portrait réalisé par Pajou appartient à la période durant laquelle les liens durables ont pu se nouer parmi les premiers élèves des ateliers de David, Vincent et Regnault à Paris, qui se retrouvaient lors des multiples concours pour les prix de l’Académie. De tels portraits d’amitié entre jeunes gens furent prisés en particulier parmi les élèves de David, tels A.-L. Girodet, F. Gérard, J.-B. Isabey et Gros. On peut présumer qu’à l’époque où Vasserot se lia avec Pajou, comme lui il ambitionnait de briller dans la carrière des arts. En vérité, il eut une carrière de paysagiste relativement modeste, participant au Salon à partir de 1793 et se déclarant en 1806, élève de P.-H. de Valenciennes. L’apogée de sa reconnaissance survint vers 1809-1810 quand il reçut des commandes pour le château de Rambouillet dans le cadre de la rénovation ordonnée par Napoléon. Gros ayant séjourné en Italie de 1793 à 1799, il dut peindre le portrait de Vasserot après son retour, dans les années 1804-1809, une datation suggérée par l’âge que paraît porter le modèle, entre 35 et 39 ans. Vasserot n’a visiblement plus l’ardeur qu’il exprimait en 1791 lorsqu’il posa pour Pajou, mais de l’intensité demeure dans son regard. Son écharpe enroulée autour du cou, qui recouvre presque le menton, est peut-être un souvenir de la coquetterie vestimentaire qu’affectionnaient les jeunes Incroyables sous le Directoire et le Consulat. Après l’éclatant succès des Pestiférés de Jaffa au Salon de 1804, Gros enchaîna les commandes de grandes scènes napoléoniennes et de portraits en pied de dignitaires impériaux dans leurs habits de cour. Son pinceau est alors animé par un rubénisme flamand, mais lorsqu’il peint Vasserot la pose et le costume se distinguent par une sobriété inattendue, une qualité qu’il recherche parfois sous la Restauration. La simplicité de la mise en page sur fond neutre, un parti inauguré par David et Vigée Le Brun à la veille de la Révolution, atteste d’un souci de modernité que Boilly et d’autres commercialisèrent auprès d’une clientèle élargie. Gros se distingue de ses contemporains cependant par le soin d’intégrer la figure et le fond, à la manière des maîtres coloristes qu’il admirait. La modernité du frac noir célébré dans ce portrait aurait eu de multiples déclinaisons parmi l’assistance qui peuple le grand tableau que Gros laissa à l’état d’ébauche montrant Napoléon distribuant les récompenses aux artistes lors du Salon de 1808 (Musée national du château de Versailles). On peut supposer que la réalisation du portrait se nourrit d’une amitié partagée. Toutefois, on ignore tout des relations entre Gros et Vasserot, notamment les circonstances et la date de leur rencontre. A la différence de ses anciens camarades d’atelier tels Isabey et Gérard qui sous le Directoire et le Consulat menèrent une vie mondaine propre à leur procurer des commandes et de la publicité, Gros semble avoir choisi un quotidien plus retiré et des fréquentations moins en vue comme Vasserot. On sait qu’en tant que peintre de batailles, il aimait fréquenter les militaires ; or, Vasserot avait un frère de deux ans son cadet, Louis, un officier anobli par Napoléon en 1810. Ce dernier ne fut pas étranger au monde de l’art, car les noms des deux frères – «Vasserot l’aîné, peintre » et « Vasserot le jeune » – figurent dans la liste les souscripteurs aux Palais, maisons, et autres édifices modernes, dessinés à Rome que Ch. Percier et P. Fontaine publièrent en 1798. Nous remercions le professeur Philippe Bordes pour la rédaction de cette notice.
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