GEORGES JOUVE (1910-1964)& JEANNE PIERLOT (1917-1988) – ANCI - Lot 72

Lot n° 72
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GEORGES JOUVE (1910-1964)& JEANNE PIERLOT (1917-1988) – ANCI - Lot 72
GEORGES JOUVE (1910-1964)& JEANNE PIERLOT (1917-1988) – ANCIENNE COLLECTION FAMILLE PIERLOT Sans titre, vers 1953-1954 Pied de lampe à double anneaux. Épreuve en céramique émaillé noir. Œuvre probablement réalisée en collaboration avec Dimitri Jakob Müller. Marqué RATILLY à l’intérieur de la base. Hauteurcéramique seule: 44cm Provenance: - Collection Famille Pierlot. - Collection privée. Remerciements: Nous adressons nos plus vifs remerciements à Martin Pierlot, fils de Jeanne et Norbert Pierlot, pour les précieuses informations qu’il nous a livrées au sujet de cette œuvre et pour nous avoir confirmer que ce pied de lampe avait vraisemblablement été réalisé à «4 mains», celles de Georges Jouve et de Jeanne Pierlot, probablement aidés par Dimitri Jakob Müller, tourneur d’exception alors âgé de 19 ans, que Jouve avait amené au Château de Ratilly et qui deviendra un clown très célèbre par la suite. Artiste indissociable de la renaissance de la céramique française de la seconde moitié du XXe siècle, Georges Jouve est à l’origine d’une œuvre avant-gardiste, marquée par la pureté formelle; des lignes simples, précises, justes et élégantes. Formé à l’École Boulle, les événements de la Seconde Guerre mondiale décidèrent de sa rencontre avec le matériau terre. Se réfugiant dans la Drôme, Jouve découvrit les traditions potières des villages de Nyons, connu pour sa production de santons, puis de Dieulefit. Durant ces temps troublés, de nombreux artistes furent dispersés à travers la France, dans l’incapacité d’exercer leur métier de formation – et donc de gagner leur vie. Ils se tournèrent alors vers la poterie, dont les ateliers étaient désertés, pour poursuivre leurs recherches plastiques. S’opéra ainsi durant le conflit et l’immédiat après-guerre un « retour à la terre », réponse à la déconstruction du monde – le recours à ce matériau brut et simple permettant une réintroduction de l’humain au cœur de leurs créations. Introduit à la terre à Nyons, ses premières créations oscillèrent entre tradition locale et tendances modernes, preuves de son univers déjà en germe. Aussi, il adopta l’émaillage à l’alquifoux et commença par réaliser des sujets religieux, des miroirs ou encore des bénitiers – en s’alignant sur la tradition provençale. À la fin du conflit, de retour à Paris où il installe son atelier, il travaille des pièces marquées par une richesse décorative en accord avec le style de l’époque, avant d’explorer de nouvelles formes la décennie suivante: des céramiques aux lignes simples, épurées et monochromes, ainsi que des pièces plus architecturées pour lesquelles il sera particulièrement célébré. Dès ses premières recherches, Jouve affirme une personnalité et une approche de la céramique qui lui sont propres, en avance sur son temps, et qui marqueront toute une génération de céramistes. Son œuvre passe ainsi du figuratif à l’abstraction avant de se réorienter vers une simplification des volumes, associée à l’utilisation de couleurs vives caractéristiques. Très vite reconnu par ses pairs et par les décorateurs, son travail est mis en valeur dans la presse et présenté dans les plus grands salons – à l’instar du Salon des Artistes Décorateurs, du Salon des Arts Ménagers ou encore de la Triennale de Milan. Sa disparition prématurée mit un terme à une œuvre aujourd’hui considérée comme l’une des plus importantes dans l’art céramique français de l’après-guerre.
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