VALENTINE SCHLEGEL (1925-2021) - Lot 138

Lot n° 138
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Estimation :
400 - 600 EUR
VALENTINE SCHLEGEL (1925-2021) - Lot 138
VALENTINE SCHLEGEL (1925-2021) Vase au bouquet, 1994 Pastel sur papier. Signé et daté V. SCHLEGEL 1994 en bas à droite. 65x50cm Née en 1925 à Sète, en bord de Méditerranée, Valentine Schlegel grandit dans un environnement propice à la créativité, mêlant arts, sport et curiosité intellectuelle. Encouragée par son père, elle intègre l’École des Beaux-Arts de Montpellier en 1942, avant de partir à Paris en 1945, attirée par la liberté artistique de la capitale – tout en restant profondément attachée à sa ville natale, source inépuisable d’inspiration. Participant aux côtés de Jean Vilar (1912-1971), son beau-frère, à la naissance du Festival d’Avignon, c’est vers la céramique qu’elle se tournera et affirmera son style – dans le sillage du renouveau des années 1950, initié notamment à Vallauris par Pablo Picasso (1881-1973). Ainsi, en parallèle d’une production utilitaire, naissent de ses mains des pièces aux formes organiques, puissantes et sensuelles. Ses premières grandes œuvres, réalisées au colombin, seront exposées en 1955 lors de l’exposition Abstraction et poterie usuelles à la Galerie La Roue, où seront également présentées des créations d’Élisabeth Joulia (1925-2003) – autre figure féminine majeure du renouveau de la céramique d’après-guerre et adepte d’une certaine abstraction biomorphique. Les œuvres de Schlegel semblent être en dialogue direct avec le monde végétal et en évoquent les contours en alternant formes courbes et anguleuses – un travail sculptural qui rappelle les œuvres d’Hans Arp (1883-1966) ou Henry Moore (1898-1986). Ses engobes aux tons sourds ajoutent à cette lecture naturaliste. Durant les années 1950, Schlegel poursuit ses expérimentations en céramique, et continue d’exposer à Paris comme à l’international. Bien que créatrice solitaire, elle collabore notamment avec sa sœur Andrée Vilar-Schlegel (1916-2009), qui intervient sur le décor des pièces qu’elle tourne. En parallèle, elle transmet son savoir en fondant un atelier innovant au Musée des Arts décoratifs destiné aux moins de 15 ans – affirmant son attachement à l’éducation artistique. Son installation dans le quartier d’Alésia, où elle conçoit un lieu de vie et de création en accord avec son art de vivre, coïncide avec l’introduction du travail du plâtre dans son parcours artistique. Elle crée des cheminées-sculptures d’un blanc pur, uniques, mêlant esthétique et fonctionnalité. Ces « sculptures à vivre » - titre donné à l’exposition consacrée à son travail à la Galerie La Demeure en 1975 – font sa renommée; elle en réalise plus de cent, pour ses amis puis pour de nombreux commanditaires. De plus en plus, elle s’éloignera alors de la production céramique pour se consacrer à la création d’aménagement architecturaux complets – lesquels nécessitent un travail collectif, auquel elle aspire. Artiste libre, loin de toute tradition, Valentine Schlegel défend une démarche artisanale, tournée vers l’humain, l’habitat et la beauté utile. Disparue en 2021, l’artiste laisse derrière elle un univers fait de poésie, de liberté créative et de modernité – qui continue d’inspirer.
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