Frans FRANCKEN II (Anvers, 1581 - 1642) - Lot 4

Lot n° 4
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Estimation :
300000 - 400000 EUR
Frans FRANCKEN II (Anvers, 1581 - 1642) - Lot 4
Frans FRANCKEN II (Anvers, 1581 - 1642) La pêche d’Antoine et Cléopatre Panneau de chêne préparé, renforcé 83 x 118 cm Signé en bas à droite « D J FFranck . IN... » Fentes au panneau Provenance : Acquis à Marseille dans les années 1990. Femme fatale, séductrice qui ensorcèle les deux plus grands chefs de guerre de son temps, femme forte et stratège capable de maintenir son trône dans l’adversité, Cléopâtre VII a inspiré les créations artistiques les plus diverses. Sa beauté légendaire, son destin fastueux et tragique résonnent encore aujourd’hui. Sa vie qui n’aurait pu être qu’une suite de faits divers est devenue une légende réunifiant trois civilisations : l’Egypte, la Grèce et Rome. En 41 avant Jésus-Christ, trois ans après l’assassinat de César, sa rencontre avec Marc-Antoine, général, triumvir[1] et gouverneur des provinces d’Orient, est le prélude d’un amour passionnel. Le sujet de notre tableau est unique dans la peinture. En raison de l’extrême rareté du sujet, on peut envisager que notre tableau ait pu former une paire avec une scène que Francken a illustré à plusieurs reprises dans les années 1630, La rencontre d’Antoine et Cléopâtre[2]. L’épisode est tiré de la Vie d’Antoine dans les Vies parallèles de Plutarque : « « II serait long et puéril de rapporter plusieurs de ses traits de plaisanterie ; je n’en citerai qu’un seul. Il pêchait un jour à la ligne, sans rien prendre ; ce qui le mortifiait, parce que Cléopâtre était présente. Il commanda donc à des pêcheurs d’aller, sans être aperçus, sous l’eau, attacher à l’hameçon un des poissons qu’ils avaient déjà pris : ils le firent, et Antoine retira deux ou trois fois sa ligne, chargée d’un poisson. L’Égyptienne ne fut pas sa dupe : elle feignit d’admirer le bonheur d’Antoine ; mais elle découvrit à ses amis la ruse qu’il avait employée, et les invita à retourner le lendemain voir la pêche. Quand ils furent tous montés dans des barques, et qu’Antoine eut jeté sa ligne, elle donna ordre à un de ses gens de prévenir les pêcheurs d’Antoine, et d’attacher à son hameçon un de ces poissons salés qu’on apporte du royaume de Pont[3]. Antoine ayant senti sa ligne chargée, la retira ; et la vue de ce poisson salé ayant excité de grands éclats de rire : « Général, lui dit-elle, laissez-nous la ligne, à nous qui régnons au Phare et à Canope ; votre chasse à vous est de prendre les villes, les rois et les continents ». L’action est située dans le delta du Nil. En cette première moitié du XVIIe siècle, le pittoresque égyptien n’est pas encore caractérisé par les recherches archéologiques des XVIIIe et XIXe siècles. Sur la colline, des bâtiments anciens et un obélisque indiquent la ville d’Alexandrie, très étendue. Juste en dessous, dans la foule assemblée sur la rive, on distingue deux femmes portant des larges chapeaux ronds de bohémiennes, associées à l’époque à l’Egypte. La cour est représentée au premier plan à droite. L’artiste puise dans son répertoire habituel, ses figures d’orientaux enturbannés en somptueux costumes de velours et ses groupes d’élégantes jeunes femmes qu’on retrouve dans ses scènes de l’Ancien Testament ou de l’histoire antique[4]. L’une d’entre elles allaite son enfant, un motif récurrent dans les représentations du passage de la mer Rouge chez notre peintre[5], tout comme la présence d’une nature morte isolée, ici constituée d’une grande variété de coquillages et coraux. On appréciera la finesse avec laquelle l’artiste restitue la transparence de l’eau, les vibrations des vagues et les crêtes de l’écume. De la simple barque des complices d’Antoine, à gauche, à la nef des deux protagonistes décorée de tritons et d’une sirène sculptée en relief dans le bois, l’intérêt de la composition réside aussi dans la diversité des embarcations du second plan. Des galères d’apparat se détachent à l’horizon, flanquées d’étendards démesurés et de boucliers, les voiles repliées sur la vergue, souvenir des marines de Jan Brueghel l’Ancien. Toute une flottille les accompagne. Les mâts des bateaux, les deux cannes à pêche, la rame, créent un rythme de subtiles parallèles verticales. Le groupe central attire immédiatement le regard : Antoine, vêtu d’une tunique et d’une cape, véritable costume de théâtre, est exclusivement entouré de femmes. Cléopâtre et une de ses servantes sont coiffées d’un hennin auquel est attaché un voile, tandis que les autres portent des fleurs dans leurs cheveux. La reine se distingue également par un collier autour de son cou. [...] NOUS VOUS INVITONS À CONSULTER LA DESCRIPTION DÉTAILLÉE EN VOUS RÉFÉRANT AU CATALOGUE PDF.
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