Louise ACKERMANN (1813-1890). 44 L.A.S. (la plupart «L.V.A.» - Lot 401

Lot n° 401
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Louise ACKERMANN (1813-1890). 44 L.A.S. (la plupart «L.V.A.» - Lot 401
Louise ACKERMANN (1813-1890). 44 L.A.S. (la plupart «L.V.A.» ou «L.A.»), Nice (et quelques autres lieux) 1848-1871, à sa sœur Caroline Fabrègue; env. 140 pages in-8, 4 adresses (légères fentes à qqs lettres, 15 lignes cancellées dans une lettre, plusieurs soulignures et marques aux crayons de couleur). Importante et très belle correspondance de la poétesse avec sa sœur. La plupart de ces lettres sont écrites de son domaine de La Lanterne, sur les hauteurs de Nice, où Mme Ackermann s’était retirée, loin du monde, près de sa plus jeune sœur Euphrosine Girard. Sa sœur cadette Caroline Fabrègue habitait Clermont dans l’Oise où son mari était notaire; quelques lettres sont adressées à son neveu Jules Fabrègue. Nous ne pouvons donner ici qu’un trop bref aperçu de ces lettres longues et denses. La correspondance commence avec les événements de 1848 dont Louise ressent les soubresauts jusqu’à Nice et vit dans l’inquiétude; elle ne renonce cependant pas à enrichir sa bibliothèque «J’achèterai des livres tant que je le pourrai; ce ne sera que lorsque j’en serai à mon dernier sou que je m’arrêterai. C’est mon seul article de consommation et l’on dit que c’est être bon, patriote que de consommer […] Dans le temps de bourrasques où nous sommes, il faut s’attendre à se voir un jour ou l’autre couper les vivres; il me faudra peut-être un beau matin aller chercher ma vie sur la terre étrangère» (8 mars 1848). La lecture des journaux ne la rassure guère et le désordre règne: «les ouvriers se remuent, les nobles tremblent qu’on ne mette le feu à leurs propriétés. Baptiste a pris le fusil de son maître pour protéger la maison […] Je m’étonnerais fort s’il n’y avait en France un pillage général d’ici à quelque temps. Je vais même jusqu’à craindre quelques massacres à domicile. Qui sait si la guillotine ne va pas refonctionner» (23 mars 1848). Elle passe l’été 1850 en Angleterre, à Painswick, pour améliorer sa connaissance de l’anglais; elle n’apprécie guère Londres et est «étouffée de pouding, les dames anglaises ne sont occupées qu’à se bourrer du matin au soir elles ont perpétuellement peur de tomber en syncope aussi leur existence n’est-elle qu’une longue suite d’indigestions»… Pendant vingt ans, les deux sœurs échangent des idées. Louise donne des nouvelles de la famille, de sa santé, de ses bêtes, lui raconte ses occupations quotidiennes, ses activités agricoles, dans son domaine de Rimier puis de la Lanterne. Elle se plait dans la solitude de sa campagne: «J’y suis assez rustiquement, mais j’ai tous mes livres et c’est un grand point. Je ne vois pas une âme et le temps passe pour moi avec une rapidité incroyable bien que je me lève de bonne heure et me couche tard. Je lis et étudie des choses qui m’intéressent extrêmement» (16 octobre 1850). Elle se promène, fait des excursions dans la montagne, et, en 1851, elle s’installe dans son nouveau domaine La Lanterne, qu’elle décrit à Caroline, où elle mène une vie calme, à surveiller les bâtisses et les plantations: «Je vois venir les années sans m’effrayer. Mes livres et mes terres remplissent agréablement mon temps et je me passe parfaitement des autres, aussi bien qu’ils se passent de moi» (avril 1852). Mais elle renoue aussi avec ses ambitions littéraires. En 1854, elle est à Paris et a reçu une lettre de Béranger: «mon volume l’a enchanté. […] Sainte-Beuve est venu passer une soirée avec moi enfin je commence à avoir des feux littéraires. Mon livre [Contes, Garnier 1855] est partout fort goûté. Ce qu’il faut maintenant ce sont des articles dans les journaux, on m’en fait espérer. […] Béranger est gai et spirituel et tout à fait bonhomme»… Du haut de sa colline, elle voit Nice changer et se développer: «Le goût d’un beau climat commence à prendre. Voilà plusieurs hivers que Nice regorge d’étrangers. On bâtit avec fureur et les logements ne suffisent pas encore. […] Si la paix dure il n’y aura bientôt plus de terrains cultivés autour de Nice, tout devient terrain à bâtir». Elle veut faire surmonter la Lanterne d’un belvédère: «la vue y est admirable. On voit de là haut les phares de Villefranche et d’Antibes, le cours du Var, Saint-Jeannet, Aspremont, toutes les montagnes derrière le mont Chauve, les montagnes de France, Cagnes, le golfe Juan, les îles, Cannes, Nice, on compte les bâtiments dans le port. Tu avoûras qu’il serait dommage de ne pas profiter d’une vue pareille, l’endroit est unique. Je vois la neige tout l’été et les brises qui m’arrivent de la montagne sont d’une fraîcheur délicieuse» (17 décembre 1856). Elle aime les bêtes, et surtout son chien Lion, «le roi des chiens». Elle parle de ses lectures: la Vie de Jésus de Renan, Mademoiselle La Quintinie de George Sand, La Divine Odyssée de Siméon Pécontal qui
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