Ernest FEYDEAU (1821-1873). Manuscrit autographe signé, Le S - Lot 76

Lot n° 76
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Ernest FEYDEAU (1821-1873). Manuscrit autographe signé, Le S - Lot 76
Ernest FEYDEAU (1821-1873). Manuscrit autographe signé, Le Secret du bonheur, étude, 1863-1864 ; titre et 316 feuillets oblong in-4 (22,5 x 28 cm), montés sur onglets en un fort volume oblong relié demi-maroquin noir. Manuscrit de travail complet de ce roman, publié chez Michel Lévy en 1864 en 2 volumes. Le roman se déroule en Algérie. Le colonel de Bugny a trouvé le bonheur en cultivant un vaste domaine au pays des Beni-Haoua, vivant en paix et en bonne intelligence au milieu des Arabes. L’arrivée d’un capitaine du génie pour la construction d’un village va tout bouleverser, et provoquer la haine des indigènes contre l’occupant, le colonel plaidant en vain la cause des Arabes. Bugny achètera les terres confisquées pour assurer aux Beni-Haoua la propriété de leur territoire… Sur cette donnée, Feydeau a greffé une intrigue amoureuse entre la fille du colonel de Bugny et le fils du capitaine. Dans l’édition, le roman est dédié à Louis Bouilhet. Dans sa dédicace, Feydeau explique que ce livre «présentait des difficultés de plusieurs sortes. Préjugés enracinés à combattre, nécessité de faire marcher de front deux actions, obligation de peindre, en les discutant, des mœurs et des caractères avilis à dessein par tant de gens intéressés à déshonorer leurs victimes, rien n’y manquait des pierres d’achoppement qui peuvent décourager un écrivain. […] J’ai bien moins voulu raconter une légende d’amour que décrire une certaine contrée peu connue, et, en même temps, exprimer une certaine manière de penser, de sentir, d’agir chez les gens réunis par le hasard dans cette contrée attrayante. J’ai voulu également respecter la vérité dans les caractères, sans m’accorder à moi-même qu’une très faible latitude dans le romanesque des événements. Aussi n’est-il pas un des personnages de cette étude qui ne soit un portrait sincère, presque pas une de ses nombreuses scènes qui ne se soit passée devant mes yeux. Ces pages tranquillement déroulées […] pour l’édification des hommes de bonne foi, sont moins, dans leur ensemble, une œuvre d’invention, qu’un simple chapitre d’histoire»… Le manuscrit est signé et daté en fin «Juin 1863 – mai 1864». Il est divisé en deux parties (correspondant aux 2 volumes de l’édition), paginées 1-155 (13 chapitres), et 156-316 (14 chapitres). Il est rédigé au recto des feuillets oblongs, principalement à l’encre brune, et parfois à l’encre bleue ; il présente de nombreuses ratures et corrections, des additions marginales, des passages biffés, et des corrections par béquets. Il a servi pour l’impression, et porte des noms de typographes au crayon. La dédicace à Louis Bouilhet ne figure pas dans le manuscrit. La page de titre porte cette dédicace autographe: «Ce manuscrit a été offert par l’auteur à Mademoiselle Henriette Sansom, comme un faible témoignage de sa respectueuse sympathie. Paris, 19 novembre 1867. E. Feydeau». [Henriette Sansom (1847-1938), fille naturelle d’un riche britannique, a été élevée à Paris ; elle épousera en 1868 le comte italien Efisio Quigini Puliga, et, après la mort de son mari, deviendra femme de lettres, sous le pseudonyme de Bradamente puis Brada.]
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