Gustave GEFFROY (1855-1926). Manuscrit autographe signé, Ren - Lot 83

Lot n° 83
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Gustave GEFFROY (1855-1926). Manuscrit autographe signé, Ren - Lot 83
Gustave GEFFROY (1855-1926). Manuscrit autographe signé, Renoir ; 10pages in-8. Belle étude sur Auguste Renoir. Le manuscrit présente des ratures et corrections. Comme tous les grands maîtres, Renoir a pratiqué tous les genres, avec la faculté d’insuffler la vie à ses tableaux. La Cène, la Ronde de nuit sont des représentations d’un moment pathétique, d’un épisode d’un jour, et les Ménines montrent «le prolongement extraordinaire de l’atmosphère immédiate qui devient par le sortilège de la peinture, l’atmosphère lointaine du passé, où les disparus continuent de respirer, de penser, de vivre» ; de même chez Rubens, dans la Kermesse, «ce n’est pas un rideau qui se lève, c’est une fenêtre qui s’ouvre brusquement sur le mouvement et la clameur de la ronde paysanne». Renoir se rattache à cette «intelligence picturale […] C’est la vie, directement regardée, ardemment admirée, qui est sur la toile». Il a le «métier» et peut tout peindre. Il est surtout «le peintre délicieux de la femme». Geffroy renvoie aux illustrations de la revue L’Art et les Artistes et à deux portraits de fillettes à la «physionomie singulière de poupées réfléchies». Renoir a peint la jeune fille qui «commence à méditer, sans trop savoir encore sur quoi. Renoir a fixé sur son visage une expression fugitive, par la bouche sérieuse, les yeux fixes, qui fait de ce portrait vaporeux, tout fanfreluché de coiffure et de corsage, une pièce infiniment rare. L’impressionnisme est là, bien présent»… On ne peut dénier à Renoir le titre de portraitiste ; il suffit de voir le portrait qu’il a fait de Wagner et ceux de Madame Georges Charpentier, «le petit portrait nacré comme une perle» et le grand avec ses enfants «dans la belle tradition française des portraitistes des XVIIe et XVIIIe siècles». Geffroy analyse encore trois portraits: une femme en cheveux, une dame en robe de soirée et celui de la comédienne Mademoiselle Samary. Une autre «solide jeune femme brune qui se coiffe sous une feuillée, les bras gros, la gorge opulente […] nous montre Renoir peintre de la chair […] et les baigneuses, et les femmes à leur toilette, et les femmes au repos qu’il a représentées resteront comme de magnifiques et définitives images de la chair dense, des formes pleines, de l’animalité tranquille de la femme qui est seule, et dont tout le corps respire, dans une chambre parmi les linges blancs, au bord d’une rivière solitaire, ou sur une plage par hasard déserte. Ce sens de la pesanteur des formes, et aussi de la carnation rosée et vivante des corps, Renoir l’a agrémenté souvent de la grâce inattendue, de la finesse inconsciente, du riant bonheur de l’être jeune»… Geffroy admire Renoir pour sa science des détails et termine son exposé par l’évocation du Déjeuner qui est «une scène à trois personnages […]. Le déjeuner est fini, les tasses à café sont encore là, avec les carafons et les petits verres, le monsieur allume une cigarette […] les yeux presque clos, une espèce d’expression de sourire répandu dans tous les traits». Et il conclut: «l’artiste qui a été le peintre de ce chef-d’œuvre du Moulin de la Galette, qui est au Musée du Luxembourg n’est-il pas définitivement classé comme un maître de la vie moderne et de l’expression humaine ?»
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