Étienne Jeaurat (1699-1779) (d’après) - Lot 37

Lot n° 37
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Étienne Jeaurat (1699-1779) (d’après) - Lot 37
Étienne Jeaurat (1699-1779) (d’après) Le Transport des filles de joye à l’hôpital. Vers 1770. Gravé par Jean-Charles Le Vasseur. À vue: 545x450mm. Belle épreuve sur vergé, insolée. Quelques rousseurs et déchirures aux bords du feuillet. Marges. Cadre (non examinée hors du cadre). La scène se déroule dans la capitale, au débouché du pont de la Tournelle, sur la rive gauche de la Seine, depuis l’île Saint-Louis. Au second plan, une charrette fermée, munie de barreaux, emporte les prostituées, qui vont rejoindre l’hôpital où elles sont enfermées. «La gravure représente, dans la charrette traînée par deux chevaux en flèche dont les colliers portent les armes royales, les filles que les Archers de la Ville convoient à l’Hôpital de Lourcine, au Faubourg Saint-Marceau (ancien hôpital de la Charité fondé par Marguerite de Provence, et devenu au milieu du XVIe siècle l’hôpital des vénériens). La gravure étant, comme généralement, en contre-partie du tableau, on risquerait de mal comprendre la topographie de la scène. Le convoi vient d’arriver sur la rive gauche par le pont de la Tournelle, et une première voiture, ancêtre de nos voitures cellulaires, s’est engagée sous la porte Saint-Bernard (porte reconstruite en 1606 sous Henri IV, puis remplacée en 1674 par un Arc de Triomphe érigé à la gloire de Louis XIV sur les dessins de l’architecte François Blondel, les reliefs de Baptiste Tuby, démolie en 1793). À droite de la porte, (à gauche en réalité), le château de la Tournelle (prison des galériens […] La présente estampe fait pendant au Carnaval des rues de Paris, du même graveur et du même peintre». (François Louis Bruel, Collection De Vinck 1, Ancien Régime, Paris, Bibliothèque nationale, 1909, pp. 586-587, n°1242). On observe en effet un renforcement de la police des mœurs depuis la fin du XVIIesiècle, particulièrement à l’égard des prostituées. Fondée en 1658, la Salpêtrière est dotée d’un quartier de la Force pour y enfermer les femmes. Les prostituées y sont regroupées dans des dortoirs, avant d’être embarquées de force pour les colonies.En 1747, Nicolas-René Berryer crée un service dédié, le bureau de la Discipline des mœurs, dont les inspecteurs traquent sans relâche les filles de joie avant de les enfermer au dépôt Saint-Martin.
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