STRABON. - Lot 33

Lot n° 33
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400 - 600 EUR
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STRABON. - Lot 33
STRABON. Στράβωνος Γεωγραφικῶν βιβλίοι 17. Strabonis Rerum geographicarum Libri XVII. Amsterdam : Jan Wolters, 1717. — In-folio, 314 x 198 : (22 ff.), 1329 pp., (49 ff.). Parchemin rigide, roulettes dorées en encadrement, armes dorées aux angles et au centre sur les plats, dos à nerfs orné des mêmes armes dorées, tranches mouchetées (reliure de l’époque). Cinquième édition gréco-latine, parue 87 ans après la dernière (1620), de cette encyclopédie géographique écrite en grec ancien par Strabon entre 20 avant J.-C. et 23 après J.-C., décrivant, en 17 livres, l’ensemble du monde connu à son époque. Brunet (V, 554) indique que sans être très bonne, elle « est regardée comme une des meilleurs [éditions] que l’on ait de cet auteur ». Strabon organise son œuvre en trois grandes parties. Les Livres I et II servent d’introduction méthodologique. Les Livres III à X sont consacrés à l’Europe (Grèce, Italie, Ibérie, Gaule) et à l’Asie Mineure. Enfin, les Livres XI à XVII traitent de l’Asie au-delà de l’Euphrate (Inde, Perse, Arabie) et de l’Afrique, avec une attention particulière pour l’Égypte, la Libye et l’Éthiopie. L’Égypte occupe une place centrale dans le Livre XVII, où Strabon la présente comme un pays à la fois africain et méditerranéen, carrefour entre deux mondes. Il y décrit le Nil, son rôle central dans l’agriculture, la navigation et la vie économique, ainsi que les inondations annuelles, essentielles à la fertilité des terres. Il évoque également les villes et régions clés comme Alexandrie, Thèbes et Memphis, ainsi que les monuments (temples, pyramides) et l’histoire de ces cités. La Nubie (ou Éthiopie inférieure), région située au sud de l’Égypte, est peuplée de Noirs qu’il appelle Éthiopiens ou Méroïtes, habitants du royaume de Méroé. Il décrit leur royaume puissant, leur architecture (pyramides de Méroé), leur économie (commerce de l’or, de l’ivoire, des esclaves) et leurs conflits avec l’Égypte, notamment sous les Pharaons noirs de la XXVe dynastie, comme Piye ou Taharqa. Strabon étend ensuite sa description à la Libye (terme antique désignant l’Afrique du Nord, de l’Égypte à l’Atlantique), où il évoque les Garamantes, peuple berbère du Fezzan (Libye actuelle), maîtres du commerce transsaharien (or, ivoire, esclaves). Il les présente comme des cavaliers redoutables, organisés en cités-États et en réseaux commerciaux reliant la Méditerranée à l’Afrique subsaharienne. Il mentionne également les Nasamons et les Gétules, peuples nomades ou sédentaires du Sahara, adaptés à la vie dans le désert, avec des coutumes exotiques. L’Éthiopie (Afrique subsaharienne) fait l’objet d’une section spécifique dans le Livre XVII, où Strabon la considère comme une région mystérieuse et lointaine, source de richesses (or, ivoire, encens) et de peuples exotiques. Il y décrit les Éthiopiens, terme générique pour désigner les peuples noirs vivant au sud de l’Égypte. Il les divise en Éthiopiens du Nord, proches de la Nubie et métissés culturellement avec les Égyptiens, et en Éthiopiens du Sud, plus éloignés, vers l’actuelle Éthiopie, le Soudan ou la Somalie. Il mentionne leur royaume de Méroé, civilisation avancée avec des villes fortifiées, une écriture propre (méroïtique) et un système politique organisé. Il évoque également les peuples les plus éloignés, vivant près de l’océan Indien ou du Nil supérieur, qu’il associe à des légendes (comme celle des hommes à tête de chien – les Cynocéphales – ou des géants). Strabon décrit aussi la faune et la flore africaines, comme les éléphants, les rhinocéros, les girafes (qu’il appelle camélopards) et les plantes exotiques (encens, myrrhe), produits très recherchés par les Romains. Il aborde le commerce via les caravanes reliant l’Égypte et la mer Rouge à l’Afrique intérieure, transportant or, ivoire, esclaves et épices, ainsi que les ports de la mer Rouge (comme Bérénice ou Leptis Magna) comme points de départ vers l’Éthiopie et l’Inde. Pour décrire l’Afrique, Strabon s’appuie sur ses propres observations (lors de son voyage en Égypte, vers 25 av. J.-C.), les récits de voyageurs (comme Pline l’Ancien, Agatharchide, Ératosthène), les œuvres historiques (Hérodote) et les rapports militaires et commerciaux (notamment ceux des légions romaines stationnées en Égypte ou des marchands alexandrins). Il critique parfois ses prédécesseurs pour leurs exagérations, mais reprend aussi certaines légendes sans les vérifier. Strabon ne se contente pas de décrire le peuple Noir comme des «autres» exotiques : il reconnaît leur civilisation, notamment celle des Méroïtes (Nubie) et des Éthiopiens du Sud, qu’il présente comme des bâtisseurs, des commerçants et des guerriers. Cependant, il reproduit aussi des stéréotype
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