Gustave MOREAU. 16 L.A.S., 1893-1897, à Jules...

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Gustave MOREAU. 16 L.A.S., 1893-1897, à Jules...

Gustave MOREAU. 16 L.A.S., 1893-1897, à Jules Guiffrey ; 21 pages in-8 (deuil) et 1 page in-12 avec adresse.
On joint 3 l.a.s. d’Ary Renan à Guiffrey, dont une concernant Le Poète et la Sirène…

Très intéressante correspondance avec l’administrateur de la Manufacture des Gobelins, sur l’élaboration du grand carton de tapisserie Le Poète et la Sirène (commandée par l’État en juin 1894, cette composition de grande dimension sera livrée le 10 février 1896).
17 novembre 1893. Il a pu s’occuper du projet : « j’ai plusieurs motifs de compositions à vous soumettre. Tout cela est plus que rudimentaire en ce qui touche l’exécution, mais les compositions sont tout à fait arrêtées ». Il l’invite à venir voir ces motifs à son atelier... 17 juin 1894. Il a reçu du Ministre des Beaux-Arts « la commande d’exécution d’un modèle de tapisserie pour la Manufacture des Gobelins, et je l’en ai remercié »... 25 février 1895. « Bien que mon travail soit loin d’être terminé, je serais désireux, avant d’aller plus avant, de vous montrer ce que j’ai fait, afin que vous me disiez ce que vous en pensez »... 2 octobre : « Je compte être prêt pour la fin d’octobre, mais ce ne sera pas sans de grands efforts. Tout conspire contre moi ! Ma santé d’abord, puis les insupportables gênes qui me sont imposées. N’ayant pas d’atelier à moi en ce moment, j’en avais demandé un à l’État, qui a mis à ma disposition une des salles du Palais de l’Industrie », où il vient de travailler depuis un mois dans une chaleur qui l’a terriblement fatigué. Il craint de ne pouvoir y supporter le froid qui menace : en un jour la température de la salle a baissé de 14 degrés, « ce qui est bien dur pour un homme de 70 ans ». Il va donc chercher un autre atelier pour y finir ce travail... 4 octobre. Il accepte avec reconnaissance l’offre de Guiffrey, et va s’occuper de son déménagement ; il arrivera dans 4 ou 5 jours « avec mon petit bagage »... 9 décembre. Il garde la chambre depuis quinze jours, « fort durement éprouvé par une crise aigüe de rhumatisme avec fièvre. [...] je suis à me demander quand je pourrai reprendre mon travail aux Gobelins ». Ce retard, alors qu’il était « si près de terminer mon travail et de pouvoir vous le livrer tantôt », le désole, mais « ce n’est pas impunément qu’en fait de travail et d’allures on se permet d’agir comme un jeune homme à 70 ans »... 23 décembre. Il ne peut reprendre le travail, car les forces lui manquent complètement : « il vaut mieux, comme vous me le proposez, que l’on commence la bordure de la tapisserie, en attendant que je puisse revenir aux Gobelins ». Il va envoyer son élève à la Manufacture... 21 février 1896. Il va faire porter à Guiffrey « mon pauvre carton de tapisserie » si toutefois on ne l’a pas trop maltraité : « les calques sur le carton seraient beaucoup plus faciles à faire que sur la peinture, trop rugueuse par places, et qui ne sera tout à fait sèche que dans un assez long temps »... 4 mai : « Ce que vous dites au sujet de notre tapisserie me fait grand plaisir », et il compte aller bientôt le voir pour discuter d’une nouvelle commande... 2 août. Il ne peut aller aux Gobelins, retenu par le jugement du Concours d’Architecture pour le Prix de Rome... 20 mai 1897. Il est flatté par « la destination de notre tapisserie ». Il regrette seulement « qu’il y ait tant d’inexpérience dans l’exécution de ce modèle fait par moi, et que cette tentative dans un art tout nouveau ne soit pas tout à fait digne d’un musée comme celui du Luxembourg »... Etc. [Le Poète et la Sirène est aujourd’hui au Musée Sainte-Croix de Poitiers ; quant à la tapisserie, achevée en 1899, elle sera présentée pour la première fois lors de l’Exposition universelle de 1900, et est conservée aux Gobelins.]
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