Marcel PROUST. L.A.S., [6 ou 7 décembre 1908], à Louis d’Alb - Lot 119

Lot n° 119
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Marcel PROUST. L.A.S., [6 ou 7 décembre 1908], à Louis d’Alb - Lot 119
Marcel PROUST. L.A.S., [6 ou 7 décembre 1908], à Louis d’Albufera ; 4 pages in-8 (petit deuil, cachet de réception).« Mon cher Louis, Je me suis levé une seule fois depuis la soirée que j’ai passé chez toi. Je reste maintenant habituellement ou du moins souvent 48 heures au lieu de mes habituelles 24, sans rien manger. Malgré cela je travaille. […] 1° Pour les Plaisirs et les Jours j’espère que ce que tu me dis est une taquinerie et une blague. Jamais je n’ai dit qu’il existât un exemplaire que je désire. C’est de la folie. Si Madame d’Albufera faisait cela je le lui renverrais immédiatement et ne te reverrais de ma vie. […] 2° Pour ce que tu es assez bon pour consentir à laisser pénétrer, venant de moi, dans ton Palais, si tu pouvais me dire dès maintenant ce que tu veux, tu me rendrais bien heureux et m’épargnerais la fatigue de recherches trop pressées. Il faudrait que je le sache de suite. Et j’aurais aussi besoin de savoir de suite ce qui ferait plaisir à notre amie [Louisa de Mornand] »… Il le remercie de ce qu’il a fait pour « le petit Plantevignes et ce qui me touche le plus de tout c’est que tu lui as envoyé un mot, m’écrit-il, où tu lui parles très gentiment de moi. Si ce jeune crétin savait le plaisir infini que cela m’aurait fait de voir ces lignes de toi disant du bien de moi il me les eût envoyées. Au lieu de cela il me dit qu’il ne veut pas faire rougir ma modestie, ce qui ne me donne que plus d’envie de voir la lettre. Il m’a dit que La Bégassière lui a dit de venir le voir, a été charmant, même pour moi dont il lui a dit du bien, s’informant beaucoup de ma santé ». Il ne peut voir personne : « Comme il y a un temps infini que je ne suis sorti je sortirai un de ces jours et passerai te serrer la main, mais chez moi c’est à peu près impossible. Je fume jusqu’à minuit, dîne à minuit. Enfin tu vois ! […] J’ai eu les larmes aux yeux en sachant que tu avais écrit des choses si gentilles de moi »... Correspondance (éd. Ph. Kolb), t. VIII, p. 317.
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